‹ Des bractéates d'allemagne: considérations générales et classification des types principauxChapitre 16 sur 53 · DUCHÉ D'ALTENBOURG · texte numérisé non relu

DUCHÉ D'ALTENBOURG

a. Bur graves (f Alienbourg . — C'est par erreur qu!Erbstein(l) leur a attribué deux bractéates, dont Tune appartient en tous cas à Albert, évêque de Meissen. Actuellement on ne connaît aucune bractéacte frappée à Altenbourg, ni par la ville même, ni par ses possesseurs, les margraves de Misnie, ni par ses burgraves qui relevaient directement de l'empereur.

b. Ville de Kahla. — On lui attribue de grandes et belles bractéates, au type d'un griffon couronné passant, frappées probablement sous la domination des. comtes de Lobdebourg.

c. Comtes de Lobdebourg. — Celte puissante famille seigneuriale de Thuringe se divisait en plusieurs lignes qui s'intitulaient, d'après le lieu de leur résidence, seigneurs de Lobdebourg, d'Arnshaug (V. Arnshaug), de Leuchtenburg, d'Elsfirberg, de Bergau (V. Bergau), etc.

Les bractéates connues des comtes de Lobdebourg -Bergau vont de la fin du douzième siècle au milieu du treizième. On ignore si leur atelier principal était à Lobdebourg ou à Bergau. Ils frappaient aussi monnaie à léna, à Kahla, à Roda et à Schleiz. Leurs bractéates sont belles, et d'un travail artistique. Une seule et la plus ancienne, unique jusqu'à présent, porte la légende FARMAN DE LOPDEPVRC {Hartmann ou Hermann?) entourant le comte assis sur une voûte, richement drapé, tenant Tépée et le sceptre fleurdelisé.

Toutes les autres bractéates de Lobdebourg sont muettes. Deux d'entre elles sont évidemment absolument de la

(1) ^umismaJtmhe Bruckstùckèi 3* livraison.

même époque que celle décrite plus haut, et ont été fabriquées par le même ouvrier. Le coin, le type sont identiques, avec de très-légères variantes. Ces trois monnaies sont des premières années du treizième siècle. D'autres, plus jeunes d'un demi-siècle, et également muettes, portent les armes des seigneurs : un portail surmonté d'une tour et de chaque côté un poisson volant, comme sur les sceaux de Bergau. Les armes anciennes de Lobdebourg étaient de gueules aune bande d'argent. Sur celles delà ligne de Bergau, au contraire, on voyait un poisson volant, et sur celles d'Arnshaug, un lion et un vieux château. (Voyez Schleitz et Roda, où ces seigneurs avaient aussi des ateliers monétaires importants.)

De nombreuses et belles bractéates portant un édifice avec tm portail, sous lequel se trouvent, tantôt une tête de seigneur, tantôt une fleur de lis, ont beaucoup d'analogie avec les bractéates de Lobdebourg que nous venons de décrire, «t ont probablement été frappées dans un atelier de ces seigneurs, bien que les poissons n'y figurent pas, peut-être lien à Roda. Les poissons indiqueraient plus spécialement l'atelier de Bergau.

d. Comtes dOrlam'ànde. — Ces riches seigneurs eurent

c3es ateliers monétaires à Weimar, à Magdala (v. ce nom), et à Orlamûnde.

La plus ancienne bractéate qu'on puisse leur attribuer en dehors de celles de Magdala, est un beau pfennig de Her- Knann d'Orlamûnde, second fils du margrave de BrandeiDOurg, Albert l'Ours. A la mort de son père, il devint comte d'Orlamûnde (1170-1179?) avec Rudolstadt, Arnstadt, Weimar, etc., etc. Il avait déjà été fait comte du vivant de son père, en 1154, mais ne frappa monnaie qu'après la lOQort de celui-ci. Sa lignée régna à Orlamûnde jusqu'en 1476, époque de son extinction. La très-rare pièce qu'on

il)

lui attribue est absolument identique aux belles bracléales de son père, Albert de Brandebourg, et de ses frères, Otton de Brandebourg, Bernard de Saxe et Dietrich de Werben. Hermann y est figuré debout, armé et coiffé du heaume, avec la bannière et le bouclier du douzième siècle. La légende est HAR€MAN-I-C-TDENAR-I.

On attribue encore aux comtes d'Orlamûnde, mais sans preuves certaines à Tappui : 1°, des bracléates muettes sur lesquelles figure un lion couronné passant (on voit un lion couronné dans les armes de ces seigneurs) ; 2®, une autre bractéate représentant un prince coiffé du heaume, debout de face, avec Tépée, le drapeau et le bouclier. L'inscription LVTEGER ME FECIT rappelle Touvriermonétairequi a signé entre autres une bracléate de Frédéric I", frappée à Saalfeld, une bractéate d'un landgrave thuringien, etc., etc. Cette bractéate offre une ressemblance extrême avec celles qu^on peut attribuer sans hésitation au comte Hermann. Il est donc probable que ce Luteger ou Lutger, après avoir été au service du landgrave Louis et de l'empereur, passa à celui du comte d'Orlamûnde; ou peut-être celui-ci faisait-il graver ses coins à Tatelier si voisin de Saalfeld.

e. Ville de Roda. — Cette ancienne possession des comtes d'Orlamûnde passa, en 1140, aux seigneurs de Lobdebourg, qui la conservèrent jusqu'au commencement du quatorzième siècle.

On connaît une belle et riche série de bractéates frappées dans cette ville sous la domination de la famille de Lobdebourg, à la fin du douzième et pendant le treizième siècle. (PL V. SI.) Ces grandes et belles bractéates, d'un travail extrêmement soigné, longtemps attribuées par erreur à Erfurt, sont toutes au type uniforme de la roue. Cette roue a sept ou huit rayons, quelquefois six, cinq, ou même quatre formant alors une croix^ et est entourée généralement de un

ou de deux cercles diversement et richement perlés, poinlillés ou ornés. Parfois la roue se transforme en étoile, en rosette. Sur quelques-unes, on lit les légendes suivantes, 4]ui, jointes aux caractères généraux de ces bractéates, emj)êchent absolument de les attribuer à Erfurt : RODE (à

rebours),— RODENSIS NVHMVS, — T-V-R-l-G-E, —

SAL€NSIS NVMVS. Enfin, parfois, autour de la roue apparaissent les poissons volants de Lobdebourg-Bergau.

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