‹ Des bractéates d'allemagne: considérations générales et classification des types principauxChapitre 32 sur 53 · B. ATELIERS COMPRIS DANS LE ROYAUME ACTUEL DE WURTEMBERG · texte numérisé non relu

B. ATELIERS COMPRIS DANS LE ROYAUME ACTUEL DE WURTEMBERG

a. Ville de Biberach. — On attribue à cet atelier monétaire des bractéates royales du treizième siècle, sur lesquelles figure, dans un cercle perlé , un lion passant à tète de face; la crinière est marquée par un cercle de perles. Sur Tune de ces bractéates on lit : BIEBIRAHB-SNSSIS. MON ETA. Sur une autre grande bractéate, portant la même légende, le lion est remplacé par un personnage féminin dont le corps se termine par deux nageoires (une sirène?}.

b. Ville de Buchhorn. — La bractéate attribuée à celte ville par Beyschlag, et où figurent une branche d'arbre portant des feuilles d'un seul côté et un poisson en pal, appartient plutôt à Lindau.

c. Abbaye puis prévôté dtEllwangen. — Les deux bractéates attribuées, à cette abbaye par Beyschlag peuvent tout aussi bien appartenir à d'autres localités de la Souabe.

M. Leitzmann cite une petite monnaie uniface, frappée aux armes d'Ëllwangen, à la fin du quatorzième siècle, et portant une mitre épiscopale ornée d'une croix, au centre de laquelle est une fleur de lis.

d. Villes de Giengen et de Gmiind. — On attribue à une de ces deux villes, qui portaient toutes deux un unicorne dans leurs armes, de petites pièces bractéatiformes, marquées d'une sorte d'unicorne, et qui ne sont plus des bractéates vraies, mais appartiennent probablement au dix-septième siècle.

e. Seigneurs dHelfenstein. — Très-vieille famille éteinte en \ 627. Très-anciennes bractéates irrégulièrement quadran-

gulairesy de type suisse ou badois, et non souabe, marquées d*un éléphant grossièrement figuré; parfois au-dessus de Téléphant la lettre H.

L'éléphant était l'arme parlante de la maison d'Helfenstein.

f. Ville disny. — Les petites pièces unifaces d'argent et de biilon^ frappées à Isny au type du fer à cheval et de l'aigle, vers 1622, avaient été prises pour des monnaies bien plus anciennes remontant à l'époque des bractéates.

g. Comtes de Mont for t. — Une des plus vieilles et des plus puissantes maisons du sud de rAllemagne, dont le château héréditaire s'élevait près de Bregenz et du lac de Constance.

On possède des bractéates de Montfort, de la seconde moitié du treizième siècle^ que d'autres voudraient attribuer aux comtes de Tubingen. Dans un cercle perlé figurent un édifice religieux et une bannière d'église. Les comtes de Montfort portaient une bannière ou gonfanon dans leurs armes.

h. Ville de Raoensbourg. — Bractéates à cercle perlé du temps de l'empereur Frédéric II, marquées d'une porte de ville flanquée de deux tours. Sur l'une on lit la légende RAVENSPVRC. Sur d'autres bractéates de forme plus plate et très-variées, attribuées par erreur aux comtes de Lenzbourg (i), la porte est surmontée de trois tours et entourée d'une pseudo-légende.

Binder fait remarquer avec justesse qu'au temps surtout oii les villes n'avaient pas encore adopté d'armes particulières, une foule d'entre elles avaient gravé s;ir leurs sceaux

(i) f^umismatischo Zeitung. 1861 , n"" 10.

un château ou plus souvent encore une muraille surmontée de tours. Il cite entre autres Fribourg, Ofifenbourg, Bâle, et en première ligne la ville voisine de Constance, à laquelle cette bractéate de Ravensbourg pourrait donc tout aussi bien être attribuée, comme du reste à un des six ateliers monétaires épiscopaux de Tévêché de Constance, mentionnés dans la charte de 1240. Par contre, il est vraisemblable que chacune de ces villes marquait sa monnaie d'un signe particulier, et toutes les fois que cela se pouvait d'un signe ayant quelque rapport avec le nom de la ville. Aussi se peut-il très-bien que cette bractéate appartienne réellement à Ravensbourg, tout comme celles portant des feuilles de tilleul (Linde), ou un pampre ( Weinrebe)^ paraissent appartenir à Lindau et à Weingarten.

Il existe, du reste, plusieurs variétés de cette bractéate au type du château. Sur l'une, on aperçoit entre les tours une herse levée ; sur une autre s'élèvent à droite et à gauche, au-dessus de la porte, deux petites éminences avec une tour centrale à larges créneaux; sur une troisième, on voit au-dessus d'une porte surmontant une étoile, deux petites tours et au milieu une grande tour crénelée, etc., etc. Toutes ces pièces sont d'un travail élégant, d'égale grandeur, de même poids et de même titre. Il est impossible de décider si elles appartiennent toutes à Ravensbourg, ou bien si les diverses modifications des types principaux désignent autant d'ateliers différents.

i.Ville de Riedlingcn (sur le Danube). — Bractéates de la première moitié du treizième siècle, au type de Souabe, portant les armes de la ville : AqxxH rames disposées en croix (attribution fort douteuse).

j. Ville de RottweiL — Erbstein a attribué à tort à cette vieille cité impériale de petites bractéates marquées

d'une aigle, qui appartiennent aux comtes de Fribourg-en- Brisgau.

k. Comtes palatins de Tubingen.ÇV. Montfort.)

1. Abbaye de Weingarten. — Beyschlag attribue à celle abbaye, mais sans preuves certaines à l'appui, unebractéate au type de Souabe, portant dans un cercle perlé deux rameaux de vigne séparés par une croix. Les rameaux de vigne feraient allusion au nom de Weingarten.

m. Couvent puis abbaye de Weissenau. — Les bractéates attribuées autrefois à cette localité n'appartiennent pas non plus à l'abbaye de Reichenau (Awyia dives) comme le croyait Beyschlag, mais bien plutôt à celle de Rheinau en Thurgovie {Augia Rheni^ Rhinaugia.) (V. ce nom.)

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