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Au point de vue de la puissance de la marche, les résultats sont excellents. Beaucoup des opérés ont pu faire leurs 30 kilomètres à pied dans la journée.
Les suites éloignées peuvent être encore plus parfaites : la course, la danse, les sauts en hauteur ouen longueur ont été exécutés par certains de nos malades aussi bien qu'auparavant.
Mensurations du pied opéré. — Il est de toute évidence qu'il sera plus court que le pied sain, la nouvelle formation calcanéenne, quand elle se produit» n’arrivant jamais à compenser en longueur le calcanéum enlevé. Ce qu'il y a de curieux, c’est que cette différence entre le pied sain et le pied opéré étant de 3 centimètres 1/2 à 4 centimètres après les premiers jours de l’opération, augmente avec les années et peut atteindre 5 centimètres 1/2 (Observation Jean M.). Ceci tient sans doute au ralentissement général de la nutrition du membre opéré pendant son maintien dans l’immobilité ou l’inaction, et aussi au défaut de développement ultérieur de l’os reproduit.
De l'atrophie. — Après la résection du calcanéum, on peut noter certains troubles trophiques. Les orteils sont souvent plus grêles, moins développés, et les mouvements de flexion et d’extension s’y exécutent avec moins de force et d'amplitude, On a remarqué aussi quelquefois une différence de température entre les deux pieds. Mais ce sont surtout les masses musculaires qui sont diminuées de volume. Les muscles du mollet les plus atteints, peuvent subir une diminu- tion de quatre centimètres par rapport au côté sain; les
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muscles de la cuisse le sont un peu moins, quoique l’atrophie y ait dépassé quelque fois trois centimètres. [ faut dire toutefois que cette atrophie n’entraine généralement par de conséquence fâcheuse; les malades ne S'en plaignent pas et ne s’en apérçoivent même pas sensiblement dans les différents actes physiologiques tels que la marche, la course, etc. D'ailleurs elle disparaît en partie assez rapidement.
Complications. — Une fois a été notée la chute du gros orteil, ou plutôt une légère subluxation en bas de la première phalange sur l’extrémité antérieure du premier métatarsien. Ollier attribue ce fait à la rétraction du tendon du fiéchisseur propre, dont la gaine a pu être intéressée plus ou moins dans les lésions. Cette chute du gros orteil peut causer, au bout d’un certain temps, de la gêne et des douleurs assez vives, qu’on essaiera de prévenir par le massage et l’extension progressive.
Deux mots seulement pour terminer sur l’ablation simultanée du calcanéum et de l’astragale, opération que l’on est obligé de faire dans quelques cas de calcanéite aiguë. Les résultats à espérer n’en sont pas moins excellents. Nous n’en voulons pour preuve que l’affirmation même d'Ollier, qui fit l’autopsie d’un sujet mort 9 mois après l’ablation simultanée du calcanéum et de l’astragale. « La masse postérieure du calcanéum nouveau, écrit Ollier dans son Traité des résections (II), formait une saillie relativement considérable (42 millimètres), épaisse, renflée et donnant au tendon d'Achille une insertion solide et très favorable aux fonctions du triceps.
Cette masse est assez solide, non seulement pour supporter le poids du corps dans la marche et dans la station, mais encore pour servir de soutien fixe et permanent à la mortaise, de sorte qu’elle empêche les malléoles de: se rapprocher du sol. La solidité de la masse osseuse est telle que le pied n’est guère plus raccourcie, chez certains sujets, qu'après l’ablation de
l’astragale seule. »