‹ Des Calcaneites InfectieusesChapitre 2 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant notre stage dans le service de M. le professeur Poncet, nous avons eu l’occasion de voir entrer dans les salles de la clinique, à quelques semaines d’intervalle, deux malades atteints de lésions inflammatoires graves du calcanéum, ayant nécessité l’une la résection de cet os malade et de l’astragale atteint par continuité, l’autre la résection du calcanéum seul. Il s'agissait de jeunes sujets atteints d’une inflammation aiguë de ce dernier os, qui avait entrainé des désordres tels que l'ablation du massif postérieur du tarse, en totalité ou en partie, était devenue indispensable,

Suivant le conseil de M. Poncet, nous voulons essayer, à l’occasion de ces deux malades, de présenter une vue d'ensemble sur ces affections aiguës du calcanéum. Pourquoi de tous les os du tarse, le calcanéum est-il le plus souvent atteint, le seul frappé même par des accidents infectieux primitifs ? Quelles sont les variétés ou plutôt les physionomies cliniques différentes avec lesquelles se présentent ces calcanéites infectieuses? Quelle en est l’étiologie, la pathogénie ? Quelles peuvent être les lésions anatomiques obser-

Age A

vées ? De cette anatomie pathologique, quel traitement rationnel résulte-t-il? Quels sont les résultats postopératoires à espérer? Voilà les diverses questions, qu’en chapitres différents, nous allons essayer de résoudre. |

Nous nous proposons donc dans ce travail, d'étudier les ostéites calcanéennes que l’on observe le plus souvent, pour ne pas dire d’une façon constante, chez les enfants, chez les jeunes sujets avant la fin de la croissance et qui relèvent d’une infection spéciale. Nous proposons avec M. le professeur Poncet de désigner ces lésions inflammatoires sous le nom de calcanéites infectieuses. Ainsi se trouvent éliminées les lésions tuberculeuses, syphilitiques ou autres, puisque le mot infectieux accepté aujourd’hui dans la pathologie osseuse vise les accidents inflammatoires spontanés du tissu osseux, bien connus des chirurgiens qui leur avaient donné des dénominations diverses, soit en tenant compte du siège présumé de la maladie, soit en ayant plus particulièrement en vue la marche de la lésion.

Calcanéite infectieuse est donc pour nous synonyme d’ostéite aiguë (Gosselin), d’ostéite maligne (Roser), d’ostéopériostitejuxta-épiphysaire (Ollier), d'éstéo-myélite aiguë, d’abcès sous-périostique aigu (Chassaignac, d’ostéopériostite phlezmoneuse diffuse (Schützenberger), etc.

Mais nous tenons dès maintenant à faire remarquer que le plus souvent ces dénominations visent une forme de la maladie, la forme la plus grave, de ce que l’on dénomme encore aujourd’hui l'infection ostéomyélitique, maladie générale avec localisation sur tellé‘ou

re free

telle portion du squelette, tandis que le terme générique de calcanéite infectieuse a précisément pour avanlage de viser les diverses modalités de l'infection qui est, on le sait, le plus généralement d’origine staphylococcienne. Ici, du reste, les diverses formes cliniques de localisations microbiennes que l’on observe dans d’autres parties du squelette, et plus particulièrement, comme on le sait, du côté des bulbes osseux (Lannelongue) des extrémités des os longs, se rencontrent, dis-je, pour le calcanéum, c’est-à-dire qu’à côté Ge la calcanéite infectieuse, suraiguë totale, comme nous en rapportons une belle observation de M. Poncet, se place tout au moins au point de vue pathogénique l’ostéo-périostite superficielle avec peu de réaction locale, sans réaction générale et qui n’est qu’une forme très atténuée d'un même processus infectieux. Entre la panostéite rapidement suppurée et la calcanéite superficielle se placent, on le comprend, diverses formes intermédiaires, que l’on peut du reste observer dans toute autre portion du squelette atteinte par la maladie.

Dans un premier chapitre, nous étudierons donc l'étiologie, la pathogénie des calcanéites infectieuses (âge, sexe, conditions anatomo-physiologiques, ete.) ; dans un second, la symptomatologie en y distinguant, s’il y a lieu, diverses formes d’ostéites calcanéennes; dans un troisième chapitre, nous essaierons de décrire succinctement l’anatomie pathologique de ces lésions ; dans un quatrième, après quelques mots rapides sur le diagnostic et le pronosiic de ces lésions, nous insisterons surtout sur le traitement, pour dire quelques

mots dans un dernier chapitre, des résultats qu’on est en droit d'attendre de l’ablation du calcanéum chez les enfants et chez les jeunes sujets.

Il nous a semblé juste, en effet, alors que chez les jeunes sujets entre en ligne de compte un facteur de plus haute importance, à savoir les modifications de la croissance du squelette du pied après cette opération, de ne pas laisser dans l'ombre ce point de vue de la question.

Nous n’entreprendrons pas notre travail sans offrir à M. le professeur Poncet l'hommage de notre sincère reconnaissance. Nous tenons aussi à lui affirmer notre gratitude pour son accueil bienveillant et pour l’honneur qu'il nous a fait en acceptant la présidence de notre thèse. Nous profiterons toujours des leçons si pratiques de ce maître éminent.

M. le professeur Ollier a bien voulu nous communiquer les excellents résultats obtenus chez la plupart de ses opérés. Qu'il reçoive ici l'expression de la vive gratitude d’un de ses élèves, qui n’oubliera jamais ses magistrales leçons et ses hauts enseignements cliniques. |

C’est aussi un devoir pour nous de remercier MM. les D's Dor et Mondan, chefs des laborätoires des cliniques chirurgicales, auprès desquels nous avons rencontré le plus charmant accueil.

Nous n’aurions garde d'oublier M. le docteur Padzinski, de Viré, pour l’amabilité extrême avec laquelle il s’est mis à notre disposition pour nos enquêtes.

Que M. le docteur Henry, qui a décidé notre vocation

Page 1