OBSERVATION XI
(Publiée par M. le professeur Ollier dans le Lyon-Médical, 1880.)
Calcanéite aiguë.
Jeune homme, 17 ans, atteint d’ostéo-périostite diffuse du
calcanéum avec fistules multiples, conduisant le stylet sur des points dénudés, surtout à la face inférieure de l’os. Alté-
ration de la.santé générale due à l’abondance de la suppuration. Douleurs persistantes dans la région du talon.
Intervention chirurgicale parfaitement légitimée.
27 février 1878, résection sous-périostée du calcanéum suivant procédé Ollier,
Résultat obtenu extrêmement satisfaisant et bien supérieur à ce que l’on peut attendre des procédés ordinaires, Tous les malades assurément peuvent marcher sans calcanéum ; mais ils n’exécutent pas les mouvements naturels du pied, et ils ont l’air de marcher avec une jambe de bois, D'ailleurs, parmi les 70 ou 80 cas d’ablation du calcanéum publiés, les auteurs ont bien rarement indiqué les résultats persistants plusieurs mois après l’opération.
Notre sujet fait 7-8 kilomètres, sans chaussure particulière, et on peut affirmer que sa guérison est complète, tant au point de vue de la lésion osseuse qu’au point de vue fonctionnel.
Tout démontre, en effet, la conservation de l’action du triceps et la puissance du tendon d’Achille. Les mouvements alternants de flexion et d'extension du pied se font avec la même facilité des deux côtés. Il se soulève sur la pointe du pied sans appui et avec un léger appui, il se maintient presque indéfiniment dans cette position.
Les suites de l’opération ont été extrêmement simples, la guérison de la plaie a été très rapide, et il ne lui reste plus de son infirmité première qu’une cicatrice latérale qui ne gène en rien les fonctions du pied.
Nous avons déjà fait remarquer le pronostic souvent fâcheux des ostéomyélites aiguës du calcanéum : ce jeune homme en est un exemple : trois ans après son opération, il succombait à la phtisie. An
or — 80 —