OBSERVATION XVIII
(Publiée par Bourdon dans Bulletin Société anatomique.) -Calcanéite subaïguë et prolongée, suite de rougeole?
Mélanie F. âgée de 28 ans, entrée le 2 octobre 1871 à la Clinique, sortie le 4e décembre 1871.
Cette malade a toujours été d’une santé délicate,
À 11 ans, elle eut une rougeole, et dans sa convalescence - elle vit survenir du gonflement au-dessous de la malléole externe du côté droit. Elle dut garder le lit, et trois mois après un abcès se forma, une fistule s'établit en ce point, et un séquestre fut expulsé. — À 15ans, la fistule se ferma et la malade put marcher, mais au prix de quelques douleurs. A 18 ans, nouvel abcès avec fistuie. Issue de petits séquestres par les orifices depuis 10 ans.
Marche avec béquilles..
Aujourd’hui (octobre 1871) région malléolaire bombée. Audessous de la malléole externe, au niveau de la face externe du calcanéum, la peau est adhérente à l'os. — Trois orifices fistuleux permettent de conduire le stylet sur un séquestre dur et mobile. Le calcanéum a subi, surtout au dehors, une réduction de volume notable. Le bord externe du pied est raccourci de 2 centimètres. | Etat général bon. Pas de signes de tubercules dans les poumons. M. Labbé pratique amputation sus-malléolaire.
A l’examen de la pièce, on trouve un calcanéum réduit à une apophyse verticale formée par le plateau articulaire de la moitié interne de l’os, limitée en dehors par une lame compacte très dense et irrégulière, sur laquelle se moule un séquestre. Celui-ci est gros comme une noix, dur, mais poreux, contenu dans une sorte de kyste noirâtre adhérent à la face profonde de la peau et perforé au niveau des fistules.
Remarque. On sait combien il est rare que des ostéites aiguës, morbilleuses à proprement parler, apparaissent à la suite de cette maladie. Demme en a signalé deux cas survenus chez des enfants de 5 et de 9 ans, l’un aussitôt après la disparition de l’éruption, l’autre cinq semaines plus tard. D'autre part tous les cliniciens savent combien elle prédispose aux localisations tuberculeuses sur les os ou sur les articulations ; dans l'immense majorité des cas, elle paraît préparer le terrain au bacille de Koch.
Dans cette observation, la longue marche de la maladie, la réaction peu vive peuvent faire émettre l’idée d’une ostéite tuberculeuse; mais nous tenions à signaler cette observation, à cause de la singularité de la localisation de l'infection après la rougeole,
OBSERVATION XIX. (INÉDITE.) (Due à l’obligeance’de M. le professeur Ollier.}. Périostite albumineuse du calcanéum.
Marie J. 3 ans.
Pas d’antécédents héréditaires ou personnels.
Au milieu de l’été 1878, la mère s’aperçut que le talon du côté droit devenait plus volumineux. Au bout de un ou deux mois, peau rouge à ce niveau. Cataplasmes. Ouverture spontanée de l’abcès. Isue d’un liquide clair analogue à du blanc d'œuf, peu abondant. Même à ce moment, l’enfant ne se plaignait pas beaucoup. Les douleurs n’ont jamais été vives. Au bout de quelques jours, le liquide alla s’épaississant de plus en plus et la mère constata du pus véritable. |
Au mois de janvier 1879, M. Ollier pratique l’ablation sous périostée du calcanéum.
Ostéile calcanéenne blennorrhagique.
L. Jacquet cite, dans le Bulletin de la Société de dermatologie et de syphiligraphie 1892, un cas de tuméfaction en masse du calcanéum, qui en doublait littéralement le volume, douloureuse et qui rendait la station verticale et surtout la marche fort gènées, Cette tuméfaction calcanéenne était survenue chez un garçon marchand de vins, porteur d’une blennorrhagie.
Fournier ajoute à ce propos que lui aussi a observé un cas d'hyperostose du calcanéum dans les mêmes conditions.
« Je n’ai pas vu, dit-il, cette ostéite calcanéenne mentionnée dans la littérature médicale. Je ne crois pas d'avantage que, surtout avec ce caractère de symétrie, elle ait été vue en d’autres affections que la blennorrhagie, de sorte qu’on pourrait sans trop d’inconvénient désigner cette lésion sous le nom de pied blennorrhagique, »
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