CONCLUSIONS
I. — Sous le nom de calcanéitès infectieuses, nous entendons les ostéopériostites calcanéennes le plus souvent d’origine staphylococcienne et que l’on pourrait encore désigner du nom de calcanéite ostéomyélitique. C’est en nous plaçant sur le terrain de la microbiologie que nous pouvons justifier cette dénomination, synonyme d’abcès sous-périostique du calcanéum, de calcanéite phlegmoneuse diffuse, etc.
. Les mêmes formes infectieuses s’observent du côté. du calcanéum que du côté des autres portions du squelette frappé, en particulier les extrémités des os longs qui sont le plus souvent atteintes. (Calcanéite suraiguë ou foudroyante, aiguë, subaiguë, etc.) |
II.— De tous les os courts, le calcanéumestle plussou: ventatteint, et si nous nous en rapportons aux recherches que nous avons faites dans la littérature chirurgicale, nous pouvons ajouter qu’il peut être considéré comme le seul frappé de tous les os du tarse. à
Cettesingularité pathologique paraît, d’après M. Pon: cet, trouver son explication dans le mode de développe-
A Le
ment de cet os, dans sa grande vascularité (ces faces sont criblées de trous vasculaires, et comme il s’agit d’une affection d'origine hématogène, on voit l’importance de ce réseau vasculaire), enfin dans sa situation qui l’expose à des frottements, à des pressions répétés.
III. — En dehors de ces conditions particulières, l'étiologie et la pathogénie sont celles de toutes les ostéites infectieuses, Les phénomènes morbides et les lésions pathologiques sont à quelque chose près analogues à celles rencontrées dans l’ostéomyélite des os longs.
IV. — Les :calcanéites infectieuses ‘exigent comme toutes les inflammaätions:osséuses de cette nature, une intervention: hâtive.: L'intervention‘doit être d'autant plus précoce, c’est-à-dire dans les premières 48 heures (Poncet);‘dansdes premiers jours, que les accidents soit locaux, soit:généraux-sont :plus'graves.-"Dans les formes aiguës, les larges incisionsiau niveau du‘“foyer pathologique; da trépanation la tunnellisation ide l'os malade constituentde traitement ide choix, le:seul:sur lequel -on:puisse-vraiment compter.\A cette:périôde,:si les-désordres:sont tropétendus;:la résection-peut:s’imposer. Dans les caleanéites superficielles; le débridement périostique. avec. .curetage, évidement du tissu osseux malade au début de, l'affection pourront être suffisants.
Plus tard, quand les.accidents graves,ont disparu, et lorsqu'on ne.se trouve plus qu'en présence d’une lésion locale, an saura le. choix ;suivant. les désordres
conslatés-entre l’ablation.de.séquestres;idefongosités,
entre le curetage, l’évidement de l'os malade et son ablation totale par la résection sous-périostée,
V.— L’extirpationtotaleducalcanéum donne au point de vue fonctionnel un résultat parfois excellent, mais ici il faut tenir compte de l’âge du sujet, des conditions de la gaîne périostique, etc.
VI. — Dans les cas où l'articulation tibio-tarsienne est envahie, on devra donner la préférence à la résection du calcanéum et de l’astragale sur l’amputation.
VII. — Nous avons pu, dans notre travail, réunir 19 observations de calcanéites infectieuses, dont 6 inédites. Ce petit nombre de calcanéites, qui représente à peu près tous les faits connus, démontre la rareté relative des affections ostéomyélitiques, tout au moins par opposition aux lésions tuberculeuses, qui se rencontrent si volontiers sur cet os et les autres os du tarse,