Tome JI
Le port de Londres , où s’embouche le Canal du Régent , c'est-à-dire la partie où les bâlimens stationnent, a près de 4 milles d’étendue, et on y a vu quelquefois plus de 1,000 bàtimens amarrés.
11 a été constaté, en 1800, que, d’après l’accroissement étonnant du commerce de ce port dans les dernières années du dix-huitième siècle , il recevait annuellcmeht i5,i44 bàtimens employés ( y compris les voyages répétés) dans son commerce avec les étrangers, les colonies et le commerce des côtes , outre a;a88 bateaux de rivière employés dans la partie intermédiaire de la Tamise et sur la rivière de Lca; 5,336 bateaux de plus petites dimensions, servant à charger et décharger les vaisseaux ; 85 sloops (petits bàtimens légers) , 5, 000 bateaux de mariniers, 1 55 bateaux d’approvisionuement, et 194 peler boats.
Le nombre total , non compris les bàtimens de guerre et de transport militaire, était de aa,5oo bàtimens de toutes grandeurs, de toutes dimensions, qui ont stationné dans le port de Londres; la valeur des marchandises importées et exportées annuellement par eux, monte au-delà de 67,000,000 liv. sterl.
Cette grande activité de commerce donna lieu au projet d’éviter le détour que nécessitait dans la Tamise l’ilc des Chiens, au moyen d’une coupure formée par un Canal exécuté aux frais de la ville de Londres, et qui a un mille J de long et i4o pieds de large. (1)
(1) Près dï'tre termine , la rupture d'une digue occasionna de très grands dommages aux travaux; cependant le 5 décembre t8o5, uo bâtiment ( la Duchesse d'York ) traversa ce Canal en présence du lord maire et de la corporation de la ville de Londres.
Entre ce Canal et le bassiÿ de la Compagnie de» Indes orientales il se trouvait un roc formé de pouding siliceux , de 4o pieds de long et de 3o de large , qui était dangereux pour les bàtimens , et contre lequel le Boddington , bâtiment des Indes, s’était échoué le n septembre i8o5. On avait proposé de l'abaisser dé 18 pieds; mais la difficulté de cette entreprise, vu son excessive dureté, a fait préférer de l'entourer de forts pilots, dont la solidité et la disposition «n empêchent l'approche.
D’ANGLETERRE. 5i
Pris du Canal dont on vient de parler, on a établi un bassin destiné aux bâtimcns des Indes occidentales. Il a a, 600 pieds de long, 5oo de large , ag pieds de profondeur, et couvre un espace de 5o aires. Il est environné de vastes magasins et pourvu de toutes les commodités désirables pour le chargement et le déchargement des bâtimens; ou doit citer comme très remarquable le grand hangar en 1er qui le borde sur un de ses côtés dans toute sa longueur; le toit est supporté par des colonnes en fonte de 8 pouces de diamètre, les assemblages dans le sens de la longueur du hangar sont établis de manière à ce que les variations de température de l’atmosphère ne puissent opérer aucune rupture, soit par la dilatation, soit par le resserrement.
La première pierre de ce bassin fut posée le 12 juillet 1800; il fut terminé le 3 septembre 1802, et aussitôt, on en construisit un autre qui lui est parallèle, et qui a les mêmes dimensions, excepté que sa largeur n’est que de 4oo pieds; il est de même pourvu de vastes magasins.
' Les murs de ces bassins sont en briques; mais tous les angles et les parties saillantes sont en pierres de taille de la plus grande dimension; ils sont pourvus de fortes chaînes d’amarrage.
La Compagnie avait été autorisée à lever pour cette entreprise une somme de Goo,ooo liv.slcrl. en actions de 5ooliv. sterl., qui ont rapporté 28 p. 100; mais on a limité le dividende à 10 p. 100, jusqu’à ce qu’on ait entièrement remboursé avec le surplus les1 divers emprunts auxquels il a fallu recourir.
Pour donner une idée de l’entretien de ces établisscmens , il suffira dédire ici qu’une machine à vapeur, de la force de vingt chevaux, est uniquement destinée à mettre en mouvement des meules qui servent à broyer la chaux, le ciment et autres matériaux dont on forme le mortier qu’on y emploie dans le temps des réparations.
On commença aussi à la même époque la construction du bassin dit le bassin de Londres , qui a 1260 pieds de long , 83o de large, 19 pieds de profondeur; sa superficie est de 24 acres. La première pierre en fut posée le 26 juin 1802, par M. Addington, alors premier ministre, et il
5a CANAUX NAVIGABLES
fut livre au commerce le icr février i8o5.ï! est environné dévastés hangars et de beaux magasins, entre lesquels on peut citer les deux qui sont destinés pour le tabac; l’un a 762 pieds de long et 160 de largo; l’autre a 2Ôo pieds de long et 200 pieds de large; chacun d’eux ne forme qu’une pièce sans compartimens; on dit que leur surface est de 6 acres.
L’entrée de ce bassin par la Tamise est protégée par deux jetées , qui renferment un espace de 3 acres, et contiennent une écluse, par laquelle les grands bùtimens chargés entrent à marée haute dans le bassin, où l’eau est maintenue au-dessus des hautes marées ordinaires, par une puissante machine à vapeur, construite sur le côté Est de l’entrée du bassin. Il peut contenir 200 bâtimens marchands, et la partie comprise entre les deux jetées contient un plus grand nombre de bâtimens de moindre dimension, sans nuire à l’entrée du bassin.
La Compagnie a éléautoriséc à lever pour cette entreprise i,5oo,ooo liv. sterl. , qui sont divisées en actions de 5oo liv. sterl.
En i8o5, un acte fut passé pour autoriser une compagnie à lever une somme de 200,000 liv. sterl. pour établir un bassin, nommé le bassin des Indes Orientales. La première pierre en fut posée le 4 mars j 8o5 par le capitaine Joseph Hudart ; ce bassin couvre une étendue de 18 acres; sa profondeur est plus considérable que celle des bassins précédons; l’écluse d’entrée a 48 pieds de large, et chaque ventait des portes a 27 pieds de large.
Il existe beaucoup d’autres bassins de moindres dimensions, dont quelques-uns sont exclusivement destinés à des commerces particuliers, tels que le bassin du Groenland, destiné aux bâtimens pécheurs qui vont dans ces contrées. Il a 900 pieds de long et 4oo pieds de large , et est pourvu de toutes les commodités nécessaires à la charge et à la décharge des bâtimens; il a sur ses rives et à des distances convenables , tout ce qui est nécessaire à la fabrication de l’huile.
D’autres bassins sont encore destinés aux réparations et constructions des bâtimens; il yen a un très yastefait exprès pour recevoir les mâtures.
D’ANCLETERRF.. 55
Si Ton ne peut déterminer lu part que doit avoir dans des relations commerciales qui donnent lieu à de tels établissemcns, les communications avec la ligne que nous venons de décrire , cependant on peut , en quelque sorte, l’apprécier, en reportant ses réflexionasur l’établissement même de celte ligne. Elle fait communiquer Londres et Liverpool par un trajet de a&4 milles , qui se fait en cinq jours pour les embarcations pressées, en traversant plusieurs villes importantes et servant de débouché à des manufactures , à des exploitations vastes et nombreuses qu'elle a créées, et qui ne pourraient plus exister sans elle. Les avantages progressifs de celte ligne navigable déterminèrent l’établissement d’autres canaux qui s’y embranchent, pour faire participer les lieux avec lesquels ils communiquent, aux avantages qu’elle présente. Ces canaux forment ensemble un développement d’environ n5o milles (1); ce qui (bit, avec les a64 milles de la ligne navigable en elle-même , un développement d’environ i4oo milles de navigation artificielle, mettant en communication les quatre principaux ports de l’Angleterre, Londres, Liverpool, Bristol et IIull , par l’intérieur même et la partie centrale de ce royaume.
On peut concevoir le développement et la circulation de richesses que celte ligne navigable opère; et si l’on ne peut préciser tout ce que lui doit la ville de Londres, on peut en juger approximativement, en reconnaissant ce que cette ligne navigable a valu à la ville de Liverpool , qui lui doit d’être devenue le deuxième port de l’Angleterre.
Cette ville, il y a un siècle , n’était qu’un village. Des armateurs créèrent sa première consistance commerciale, en armant en course avec beaucoup de succès contre les Français et les Espagnols en 1735 et en 174a.
Eu 1796, il fut dit, dans un rapport au parlement, que depuis 1751, le commerce de cette ville s’était accru dans la proportion de 1 à 1 a; sa population n’était alors que de 70,000 âmes. Colquouhn, dans son excellent
(1) Voir U note A, I» lit fin do l'article sur cette ligne navigable, qui donne le détail de ces canaux.
5i CANAUX NAVIGABLES
ouvrage sur ia Statistique et les richesses de l'Angleterre , établit qu’en 1801 elle était de 77,655 âmes, et en 181 x, de 94,376; aujourd’hui, elle dépasse 100,000 âmes, et on peut la dire toute commerçante.
Le salaire du journalier y est de 2 schellings { it 3 schellings.
Les États-Unis d’Amérique y importent seuls pour plus de deux millions stcrl. de coton , dont la culture leur était inconnue il y a trente ans.
Les vastes et nombreux magasins y ont quelquefois jusqu’à douze et treize étages; la distance entre leurs planchers est de 7 à 8 pieds, et on y emploie souvent des poutres de fer.
Pour mettre un terme aux citations qui se multiplieraient ici avec un égal intérêt, nous ne parlerons avec quelques détails que des bassins ou docks qui longent intérieurement le quai de l’embouchure de la Merscy.
Ces bassins se divisent en trois classes; les uns, appelés wet docks, ont des portes éclusées qui retiennent l’eau à la marée basse ; ils sont destinés aux vaisseaux étrangers du tonnage le plus fort, qui y sont toujours à flot.
D’autres, appelés dry docks, n’ont point de portes éclusées; le flux et le reflux agissant ainsi dans leur intérieur, les vaisseaux s’y trouvent échoués à la basse mer; ils sont destinés aux bàtimcns qui font le cabotage.
La troisième espèce de ces bassins s’appellent draving docks ; ils ont des portes éclusées ; l’eau y est retenue ou relâchée à volonté; ils servent au radoub, au carénage et même à la construction des vaisseaux; et, à cct effet , la disposition intérieure de ceux qui sont les moins anciens, présente des formes ou courbes analogues à celles des bâtimens; et ces courbes sont taillées en gradins, sur lesquels l'ouvrier monte ou descend avec facilité pour se placer à la partie du bâtiment où il doit travailler. *
Voici les principaux de ces docks ou bassins, et leur étendue superficielle :
Vtrgti.
Gcorge’s-Basson . .
. . . . côté du nord
de l’orient
.. ira j
* du midi
côté de la mer ou de l’occident . . .
• . lia J
Georgc’s-Dock . . .
. . . . côté du nord
de l’orient
du midi
.. iao j
> a6|3io
de l’occident...
Georgc’s-Dock-Passage
HO
Dry-Dock
. . . côté de l’occident . . .
du nord
de l’orient
du midi
. • ÎOO J
Old-Dock ' . .
. . . côté du nord
.. ig5 '
de l’orient
du midi
.. ig5 |
de l’occident. . . .
Salthousc-Dock. . .
. . . côté du nord
de l’orient.
.. io5 I
> aa,o5o
du midi
de l’occident....
King’s-Dock
... côté du nord
de l’orient
du midi
de l’occident. . . .
Queen’s-Dock. . . .
... côté du nord