COMPARAISON ENTRE UN CANAL ET UN CHEMIN DE FER
Pour établir une grande comunication , pour laquelle on a l’option de l’un ou de l’autre. •
Nous terminerons les citations des divers exemples que nous avons annoncés, par la comparaison qu’indique le titre [de cet article, et pour l’établir, nous l’extrairons du procès-verbal en date du 39 août j 817, des délibérations de la Société pour l’entreprise d’une communication entre Newcastle et Carliste , c'est-à-dire entre les mers de l'Ouest et et celles de l’Est, dans le nord de l’Angleterre , qui présente le plus grand intérêt pour l’importance commerciale de ces contrées.
Quelques membres mettaient en concurrence avec le projet d’un Canal, celui d’un chemin de fer, genre de communication tellement en usage pour tout ce qui tient à l’exploitation des mines de charbon de Newcastle , devenues si célèbres par l’extension de leurs produits , « qu’on peut compter un développement de lieues de ces chemins , » établis au jour, ou à la surface du sol, sur un espace de 7 lieues » de long et de 4 de large, et qu’il en existe autant sous terre, ce quù » forme un développement total de i5o de nos lieues.
» Tous les chemins au jour partent des mines et aboutissent an » Tyncs ou au Wear, deux rivières portant de gros navires mar- » chands jusqu’à plusieurs milles de leur embouchure dans la mer.
propre» k recevoir des bitimena de aoo tonneaux, vis-à-vis nos côtes, pour sertir, an besoin, contre le» projets de descente dont nous avions fait le» 'préparatifs dans le port de Boulogne; mais d'après la position de l'Angleterre, protégée de tome part par les mer», ce genre d’exemple ne pouvait avoir ici l'importance que nous lui avons vu ailleurs.
Cependant ce Canal prouve encore l'otililé des Canaux , ponr la protection d'un pays , et nous donne l'idée de ce que nous pourrions faire nous-mêmes à cet égard , sur nos côte» de Flandre , entre Dunkerque et Calait , ainsi qu'on le reconnaîtra en parlant de la navigation intérieure de la France,
i4* CANAUX NAVIGABLES
» II y a dans les environs de Newcastle trois de ces chemins, sur » lesquels les chariots sont mis en mouvement par des machines à » vapeur, parce que les chariots doivent y monter à charge (1). »
Mais icixles circonstances particulières déterminent la préférence . pour les chemins de fer, et ces circonstances dérivent en général du défaut d’eau, qui s’oppose à la construction d’on Canal, et de la pente du terrain, dans la direction que les chariots qui marchent sur le chemin de fer doivent suivre quand ils sont chargés.
Pour la grande communication entre Newcastle et Carliste, comme quelques sociétaires prétendaient , ainsi qu’on vient de le dire, qu’on avait l'option des deux moyens, voici l’extrait du calcul qui se fit contradictoirement avec eux, dans l’assemblée, pour répondre à leurs observations.
« Dépenses du chemin de fer en lui- même. ai milles -j d’un che- » min de fer simple formé de pièces de fer du poids de 4a quintaux a par verge, avec un passage à chaque quart de mille (formant ^ de » de la longueur du chemin de fer) demanderont 58 tonnes portant cela » à 4o tonnes par mille, on aura en tout 1,960 tonnes,
•» ce qui, à 1 a liv. sterl. 10 sch. tâtonne, fait ai, 7*5 liv. sterl.
» Dépenses accessoires. Pierres pour poser le » chemin de fer, 49,980 verges, à 3scb. 6 den. la
» tjerge,ci 8, 6a4 liv. sterl.
» Fossés, défenses, etc. d’un che- » min de fer de 94 milles Ç, à 3 sch.
» 6 den. par verge, ci 7,4oa
d Magasins, écuries.. 5, 000
A reporter 43,75 1 Uv. sterL
(1) Extrait du Mémoire sur les chemins de fer en Angleterre, qu’a publié M. de Galloy, ingénieur en chef au Corps royal des Mines, qui a recueilli, dans un voyage de seisee mois en Angleterre, des observations du plus grand intérêt.
Report., t. .7 45,7Si inr. »terl.
» Passage sur la Tyne, sur le Devil’s-Water et » sur quelques autres ravins 5,5oo
» Frais d’établissement. Frais de conduite et
» administration, 10 pour £ 4,oa81iv. sterl.}
» Achat de terres, 98 acres , à /
» 80 liv. sterl. l’acre, 7,800 > 13,268
» Acte du parlement et frais de 1 l
» loi 1,000 J "
Total.... x. 61, 5ig liv. sterl.
» Ceci est l’estimation d’un chemin de fer simph, et un chemin » de fer double ne demanderait que 75,000 liv. sterl. Un chemin de » fer exige l’emploi d’un plus grand nombre de chevaux ; sur un chc- » min de fer, un cheval tire 5 ou 6 tonnes, tandis que sur un Canal, j> il tire 5o à 60 tonnes, conséquemment 10 fois plus; les frais d’en- » tretien d’un chemin de fer sont immenses, et certainement pas moindre » de 5o à 60 liv. sterl. par mille; c’est ce que coûterait à creuser un » Canal, depuis Lémington a Haydon-Bridge : un Canal admettant » des bateaux de dimension propre à la charge de 5o, 60 ou 70 tonnes, d coûterait , d’après l’estimation de MM. Jcssop et Chapman , » 70,000 liv. sterl. »
II résulte de cet exposé, que pour la construction d'un chemin de fer simple, la dépense du chemin de fer en lui-méme, qui est d’environ 1000 liv. sterL par mille anglais, ne fait que les f de la dépense totale qu’exige son établissement, et que la construction d’un Canal est moins dispendieuse que celle d’un chemin de fer double, quoique présentant des avantages bien plus importans, et coûtant moins d’entretien.
Aussi dans la circonstance dont il s’agit ici, on n’hésita point à donner la préférence à l’établissement d’uu Canal.
Il est inutile d’observer combien ces calculs peuvent varier, en
i44 CANAUX NAVIGABLES
raison de la différence des localités et des difficultés extraordinaires
qu’on peut avoir à surmonter.
On doit remarquer que le prix du fer , dans l’exposé ci-dessus , ne revient qu’à environ 1 5 francs de notre monnaie, pour notre quintal de France , prix bien inférieur à ce qu’il serait en France; circonstance qui restreint pour nous les occasions où leur application présente de3 avantages qu’alors on doit savoir apprécier.
Il nous reste, pour satisfaire à ce qui a été annoncé dans l’Introduction, à présenter ici le Tableau synoptique des Canaux d’Angleterre, avec les principales observations dont chacun d’eux est susceptible, et à résumer les considérations importantes que présente le système de la navigation intérieure de l’Angleterre.