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DE FRANCE. aG5
Cet exposé des dimensions du Cunal et de scs dépendances rend plus sensible le calcul des pertes d’eau qu’il éprouve daus scs diverses parties comparativement avec ces dimensions.
F.fTectivcment nous voyons que pour la partie comprise entre la Garonne et le Fresquel dont la capacité est de 434,739 toises cubes (5,328,700 mètres cubes), il i'aut verser au point de partage qui alimente cette partie ( défalcation faite des pertes qu’éprouvent les rigoles sur leur développement), 2,971/100 toises cubes (22,000,000 mètres cubes), ce qui fait plus de sept fois le prisme de remplissage de cette partie du Canal; et il est à remarquer qu’il s’agit ici du débit journalier de l’eau, et qu’on ne fait point entrer dans le calcul ce qu’on lire dans les cas extraordinaires, des bassins de Saint-Féréol et de celui du Lampy.
Pour la partie du Canal comprise entre la prise d’eau du Fresquel et la grande retenue, et qui présente une capacité de 197,291 toises cubes (1,460,730 mètres cubes), il faut pour l’alimenter, le concours des trois prises d’eau du Fresquel, de l’Orbicl et de l’Ognon, qui fournissent 33,226,240 mètres cubes (5,i57,o56 toises cubes).
On voit quelle proportion il s’établit ici entre la quantité d’eau nécessaire et le prisme de remplissage de cette partie du Canal.
Pour la partie entre l’écluse d’Argens où commence la grande retenue, jusqu’à la rivière d’Orb, la capacité du Canal est de 1,610,610 mètres cubes, et il £iut, pour l’alimenter, la prise d’eau de la rivière de Cesse qui, suivant les calculs de M. Ducros, déjà cités, donne par jour 6,000 toises cubes (4 i,4a5 mètres cubes) d’eau, ce qui fait pour 3ao jours de navigation 1,919,815 toises cubes (i4, 213,760 mètres cubes).
La rivière d’Orb et après elle la rivière de l’Hérault, alimeutent ensuite la partie du Canal qui reste jusqu’à son embouchure, bien au-delà desbesoins de la navigation d’après le grand volume d’eau de oes deux rivières.
Si nous voulons établir un calcul proportionnel plus général pour les‘ dépenses d’eau relalivemeiif à la capacité du Canal, nous devons rap^
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peler ici les calculs faits par M. Clauznde, et que nous avons -exposes
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Il résulte de ces calculs, qu’en défalquant de la quantité d’eau reçue par le Canal, les quantités d’eau dépensées tant pour la manœuvre des écluses et le passage des bateaux, que peur le débit des moulins et la quantité d’eau restant dans le Canal lors de la clôture de la navigation, il restait fi,B»i,85o toises cubes ( 5a,5i5,334 métrés cubes) , ce qui faisait plus de huit fois la capacité du Canal, ou son prisme de remplissage, dans la partie comprise entre Toulouse et Be'/.icrs, qui a fait 1 objet du calcul des eaux reçues et dépensées ( la partie restante depuis Bezici s jusqu’à son embouchure étant plus que suffisamment alimentée par 1 Orb et l’Hérault).
On sait qu’il ne peut être question ici que de calculs approximatifs, et que dans les années pluvieuses il y aurait des eaux surabondantes; mais on pcutconclurcqucdanslesaunécs non pluvieuses, clà plusforte raison dans les anuées de sécheresse, le Canal perd en filtrations (sauf ce qui appartient à l’évaporation) cette quautité d’eau qui fait à peu prés huit Ibis son prisme de remplissage, puisque la totalité des eaux attribuées au Canal jusqu’à la rivière d’Orb, et que nous venons de calculer, ne pouvaient, malgré leur abondance, que suffire, comme on l’a dit, à dix mois de navigation , que souvent même elles se trouvaient insuffisantes (i).
(i) On trouve encore une preuve (le celte insuffisance des eaux , par les restrictions qu’il avait fallu donner pendant long-temps de la charge des barques do Canal du Midi.
En divisant en cinq époques les cent années de navigation qui ont précédé le construction du hassin du Lampy , on voit quelles ne pouvaient charger , pendant la première époque , que de 8 à 9 oo,*,*“**. dans la deuxième de 931 200
dans U troisième de 11 i i5oo
dans la quatrième de |5 à 1800
dans la cinquième de 18 A 2000.
Enfin, depuis la construction du bassin du ^ainpy , elles chargent de 2000 à 2400 quintaux.
Nous venons de voir avec quelle constance les propriétaires s’opposèrent par cette raison à la construction du Canal de Narbonne , faute d’eau suffisante avant qu’on eut établi le bassin du Lampy , malgré le peu de capacité et d’écluses de cc Canal dont on a donné le détail.
Ce Canal, qui fut terminé en 1787, nous offre lui-même, pour les dépenses d’eau, des observations analogues à celles que nous venons de faire.
Voici les détails qu’a donnés, sur les pertes d’eau du Canal de Narbonne, M. Ducros, inspecteur-général des Canaux du Midi, et qui était chargé de sa construction cl d’y faire mettre les eaux (t).
Avant d’entreprendre ce Canal, la nature de son sol, qui n’est presque que du gravier, avait déterminé à faire dons son emplacement plusieurs puits dans lesquels on avait fait jeter, à plusieurs reprises, une grande quantité d’eau, et d’après l’absorption de l’eau dans ces puits on avait évalué les pertes que les filtrations occasionneraient toutes les a-» heures, au tiers du cube de l'eau que contiendrait ce Canal.
Ces expériences réitérées lui avaient fait donner un pied de profondeur de plus que celle qu’il devait conserver, afin de laisser un pied de hauteur au dépôt que devaient y Paire les troubles chariés par l’eau.
M. Ducros dit que i5 jours après y avoir mis les eaux, ce ne fut pas sans un peu d’étonnement qu’il les vit surgir de toute part à la surface du terrain sur une assez grande étendue de la plaine.
C’était au mois d’octobre 1787; les travaux ruraux se trouvaient compromis, et pour que l’eau s’élevât moins vers la surface du sol, on diminua son élévation dans le Canal, cc qui permit de faire les semences.
Neuf mois après sa construction, en juillet 1788, il fut constaté que les filtrations avaient déjà beaucoup diminué, et cependant ce Canal en dépensait encore 3, 800 toises cubes (a8,i34 mètres cubes) en vingt-
(1) Mémoire de M. Ducros sur 1rs dépenses d’eau des Canaux, page \G tt suivantes. Voir la note page »5*.
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quatre heures, de sorte qu’en six jours il avait dépensé un volume d’eau presque égal à celui qu’il contient, ce qui faisait plus de cinquante fois ce volume pour l'année de navigation.
En 1800 ses perles n’étaient plus que de 1,200 toises cubes (8,884 mètres cubes) en vingt -quatre heures, ce qui fait 584, 000 toises cubes (2,8-»3,og5 mètres cubes) pour les trois cent vingt jours de navigation, ou environ 17 fois son prisme de remplissage.
Les circonstances qui ont accompagné la mise en eau du Canal de Narbonne se sont répétées en 1810 pour le Canal de Carcassonne lorsqu’on y mit les eaux. Nous parlerons plus amplement de ce Canal au sujet du beau pont aqueduc construit sur le Fresquel pour une nouvelle direction du Canal.
Ce qu’on vient de voir des perles d'eau des Canaux de Narbonne et de Carcassonne prouve déjà ce qu’on a dit , en observant que celles du Canal de Languedoc doivent être parvenues à leur minimum d’après l'ancienneté de ce Canal.
Ces pertes d’eau, quelque considérables qu’elles paraissent , sont proportionnellement encore moins grandes que celles que l’ou doit remarquer sur les rigoles nourricières dont on vient de voir les dimensions en même temps que celles du Canal. Cependant, sur 80,669 mètres de développement qu’elles ont, il .11’y a eu que 5o,o6o mètres creusés à mains d’hommes, dont une partie dans le roc, notamment celle qui va depuis la prise d’Alzau jusqu’au déversoir du Conquet, qui a i8,5»6 mètres et est pratiquée dans un granit imperméable.
Pour le surplus de leur développement on a profité du lit naturel des courans qui existaient depuis un tepips immémorial, et qui devaient être parvenus au minimum des infiltrations.
Cependant les pertes d’eau qu’éprouvent les rigoles ne sont citées comme extraordinaires que dans une partie de sol schisteux entre le déversoir du Conquit et la chute de Campmase, sur une longueur d’environ ôooo toises (5, 800 mètres).
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Les eaux rejetées comme surabondantes dans les grandes pluies se réduisent à une petite partie de cette énorme perte, parce qu’elles sont .habituellement recueillies daus les bassins de Saint-Fcréol et du Lampy, qui ont été construits à cct.effct.
Les dépenses de ces eaux pour les irrigations sont encore peu de chose, parce qu’elles restent soumises aux besoins du Canal, et n’ont lieu que lorsque les ingénieurs le permettent; or, dans les temps ou les eaux sont abondantes, ces irrigations sont inutiles, et daus les temps de sécheresse le Canal redame toutes les eaux. '
La grande profondeur des bassins de Saint-Fércol et du Lampy y diminue l’évaporation, et leur position les rend peu susceptibles de filtrations, puisque leur fond était autrefois une rivière naturelle qui recevait elle-même les produits de toutes les filtrations supérieures.
Les filtrations qui existent dans la rigole de la montagne , celles qui peuvent résulter des irrigations qu’elle procure, sont en grande partie recueillies soit par la rigole de la plaine, soit par la partie inférieure du Laudot.
Ce concours de circonstances doit restreindre les perles définitives des rigoles, clics montent cependant à environ 35,344,ooo mètres cubes (4,771,440 toises cubes). Les prises d’eau étrangères au. Canal, les plus remarquables , sont celle de la ville de Rcvel , qu'on évalue à environ 5o pintes par seconde (2400 pouces cubes), (Histoire du Canal du Midi), et qui pourrait être considérablement diminuée, et une autre près de Pont-Crouzet; mais elles restent soumises aux besoins du Canal (1).
On suppose ici que toutes ces dépenses d’eau particulières peuvent aller à 6,200,000 mètres cubes (837,000 toises cubes), (ce qui n’est que forcer leur évaluation ; car c'est plus du septième de toutes les eaux produites par les sources , rivières et réservoirs). Si l’on retranche celte évaluation
(1} Les riverains ne peuvent faire usage des prises d'eau pour les irrigations qu’au moyen d'empclleinens d'une proportion déterminée , dont l'ingénieur du Canal a la clef, et qui ne peuvent £trc leve's que lorsque les «aux destinées aux irrigations , ne sont plus nécessaires au service de la navigation.