‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 63 sur 110 · Tome II. 4a · texte numérisé non relu

Tome II. 4a

néanmoins, comme les desseins élevés sont les plus dignes des courages magnanimes, et quêtant considérés avec prudence, ils sont ordinairement exécutés avec succès, aussi la réputation de l’entreprise, et les avantages infinis qu’on nous a représentés pouvoir revenir an commerce de la jonction des deux mers, nous a persuadés que c'était un grand ouvrage de paix, bien digne de notre application et de nos soins , capable de perpétuer aux siècles à venir la mémoire de son auteur , et d’y bien marquer la grandeur, l'abondance et la félicité de notre règne.

En effet, nous avons connu que la communication des deux mers donnerait aux nations de toutes les parties du monfte, ainsi qu’à nos propres sujets, la facilité de faire, en peu de jours d’une navigation assurée gar le trajet d'un Canal à travers des terres de notre obéissance , et it peu de frais, ce que l’on ne peut entreprendre aujourd'hui qu’en passant au détroit de Gibraltar avec de très grandes dépenses, en beaucoup de temps cl au hasard de la piraterie et des naufrages. Ainsi, dans le dessein de rendre le commerce florissant dans notre royaume, par de si considérables avantages, et néanmoins ne rien entreprendre que dans la vue d’un succès certain, nous avons, etc

Mais, pour agir avec plus de sûreté dans un ouvrage si important, nous aurions résolu de faire l’épreuve, et à cet eflèl de faire tirer par forme d’essai un petit Canul tranché, et conduit par ccs mêmes lieux ou la construction du grand Canal est projetée , ce qui aurait été si adroitement conduit et si heureusement exécuté par l'application du sieur Biquet , que nous avons tout sujet de nous en promettre avec certitude un fort heureux succès. Mais comme un ouvrage de cette importance ne peut être fuit sans une dépense fort considérable, nous avons fait' examiner en uotre conseil les diverses propositions qoi nous ont été faites pour trouver des fonds, etc

Extrait de la relation de la cérémonie pour la pose de la première pierre , / aile le 17 novembre 1667.

Il fut proposé aux capitouls de poser la première pierre aux fondemons qui s’en doivent jeter, ce qui fut accueilli par eux avec beaucoup de joie, sachant avec combien de passion le roi regarde ce grand ouvrage , dont le sucrés doit immortaliser sa gloire. Sur cela , ils assemblèrent un conseil de bourgeoisie, où présida M. de Fieubel, premier président de ce parlement, accompagné de trois commissaires du parlement, et où l’on résolut de faire celte cérémonie au nom de la ville, et lui donuer tout l'éclat possible. On commença par bâtir, dans celle vaste

prairie qui «'étend le long de la rivière , une chapelle de 36 toises de longueur sur 6 de largeur , qu’on tendit de riches tapisseries avec un autel paré de tous les ornemens possibles. Tonies choses étant prêtes pour le 17 novembre, jour destiné à cette cérémonie, et M. l'archevêque s’étant rendu 1 cette chapelle, accompagné des évêques de Cominges, de Lectoure et de Saint-Papou), et suivi de son clergé. MM. du parlement s'y rendirent aussi , et après eux, MM. les capilouls à cheval, vêtus de leurs habits de cérémonie, précédés de leur main-forte et officiers, et suivis des anciens capitouls aussi h cheval. A deux cents pas de la porte de la ville, ils rencontrèrent les travailleurs, au nombre de près de 6,000 , qui s’étaient mis en ordre de bataille, ayant leur commandant k leur tête avec quantité de tambours. Tous les ordres ; y sut pris leurs places dans la chapelle, la messe fut célébrée en musique par l'archevêque , après laquelle il fit la bénédiction des premières pierres.

A chacune des deux pierres jetées dans les fondetnens était enchâssée une lame de bronze portant cette inscription, qui fut composée par M. Parizot :

Lcaovico XIV aemprr iugtuio régnante, protletuiitimi Joaaan Baptiste 'Colbert, comilit amsutomitl eomtliu, Guipant «le Fienbct , prinerpe urnatua ompliuimu» uni mm nobiliuitui* CapitoJio» Gcrmano la Faille et Petto de Mnyni.il, conaermum ab illiutrmitno arcbrpremle Carolo d'Anglure de Bourletnoott jnolem lamicrui alxei gemini mari» commercio suffire turi sustenta tururn saxuio fciicibus itupirii» , instante wro cianairaa Petro /ttqueli tant» optru inventons , potuerunt , anno mJum ioaiaui. M-DCLXVU.

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