‹ Des canaux navigables consideres d'une maniere generale, avec des recherches comparatives sur la navigation interieure de la France et celle de l'Angleterre; accompagne de cartes, profils, et dessins de machines et travaux d'art;Chapitre 75 sur 110 · CANAL DE LOING · texte numérisé non relu

CANAL DE LOING

Nous allons parler du Canal de Loing, comme- faisant suite an Canal de flriarc , qui , dans l’ordre des Canaux de la grande ligne navigable, aurait dii trouver ici sa place, mais que nous avons décrit le premier de tous, par les raisons que nous avons exposées à son article.

Les Canaux de Briare et d’Orléans aboutissaient, près Montargis, dans la rivière de Loing , et le* bateaux, pour descendre cetterivière jusqu’à la Seine, éprouvaientdesdi.Hicultcs, à cause des retenues d’eau effectuées par des barrages au nombre de viDgt-six pour les moulins, et tous les ans plusieurs bateaux périssaient en descendant par leurs pertuis. Dans les temps d'inondations cette rivière débordait avec impétuosité, comblait la route tracée aux bateaux, et il fallait en recreuser une nouvelle; les meuniers , en haussant leurs pertuis pour donner plus d’eau à leurs moulins , rendaient certains passages difficiles. Toutes ces difficultés réunies faisaient durer jusqu’au-delà d’un mois un trajet qui devait se luire en deux ou trois jours, et la remonte était impossible.

Après ta confection du Canal d’Orléans, et sur les plaintes du commerce , lin arrêt du conseil , du mois de juin 1716, ordonna les travaux nécessaires pour rendre la navigation dé la rivière de Loing plus facile;

mais ils ne remédièrent que très imparfaitement aux inconvénient dont on sc plaignait.

Enfin, en 1719, M. le dur, d’Orléans obtint du roi des lettres-patentes, portant autorisation d’établir le Canal de Loing latéralement à la rivière, et en sc servant de quelques parties de son cours, tant pour éviter les déblais que pour s'assurer du volume d’eau nécessaire , à la condition de le terminer en trois ans. Aussitôt (en 1780) on commença les travaux, d’après les plans et projets de M. de Rcgcmortcs, aidé de M. Noël de Rcgcmortes, son fils, et plusieurs régimens y furent employés. Ce Canal fut achevé en 1793, époque prescrite.

Il commence près de Montargis, ou il forme une prolongation des Canaux de Briare et d’Orléans, et il s’embouche dans la Seine a Saiol- Mamert , près la ville de Moret.

Ses dimensions moyennes sont : 4o pieds de largeur à la ligne d’eau, 5o au plafond et cinq pieds d’eau ; de chaque côté du Canal il y a un chemin de halagcdc 6 pieds de large, et 3 pieds au-dessus on a élevé une chaussée qui a communément 18 pieds de large à la base , et 1 a au sommet, pour garantir le Canal des débordemens. Dans toute sa longueur il est muni d’un contre-fossé à cliacun de 9es côtés.

Ce Canal reçoit les eaux des Canaux de Briare et d’Orléans , eÇ répare toutes les pertes d’eau qu’il peut éprouver par sept racles ou rentrée» dans la rivière de Loing , dont voici le détail :

Racle de Vaux . 7»5 toises.

Racle de Nargis 35o

Racle de Toury. , 777

Racle d’Egreville 5»6

Racle de Nemours. 653

Racle de Froraonville. i,i63

Rade de Moret 71g . .

Chaque extrémité de ces racles est séparée d’avec le lit du Canal par des portes de garde qui n’établissent aucune chute , et que les bateaux passent sqds s’y arrêter.

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On ne ferme ces portes de «unie que lors des crues , pour empêcher I

que l’eau de la rivière de Loing ne surmonte les levées et ne détruise les ouvrages : dans tout autre temps ces portes restent ouvertes.

.On compte , sur le trajet de ce Canal , qui est de 37,2*3 toises, y compris les racles, 21 écluses, qui rachètent 120 pieds g pouces de pente ; mais cette pente, rachetée par ces écluses, ne suffit pas pour donner celle du Canal, parce que les racles ayant chacune une pente particulière, qui est celle de la rivière , augmentent la pente totale du Canal, qui est de 138 pieds.

Les é-cluses ont entre les portes une largeur moyenne de i5 pieds.

Toutes, excepté celle de Cepoy et celle de Suinl-Mamcrt, sont simplement composées de deux tètes en maçonnerie, et les bajoyers formes parties levées en terre avec des talus recouvertsintérieurementde |>errcs inclinés comme les talus des levées; leurlongueur varie de 4oà<*5 toises, et leur largeur, y compris le talus, varie de 3o à 36 pieds.

Ces éçluscs, sans bajoyers, contiennent quatre à cinq bateaux.

On doit remarquer, sous le rapport de l’activité delà navigation , qn'on a observé que l’on mettait ou moins autant de temps, sur le .Canal de Loing, à faire passer cinq bateaux contenus dans la même écluse, que l’on en mettait à faire passer successivement cinq bateaux dans une écluse qui n’en peut tenir qu'un.-

I.cs écluses qui peuvent ainsi contenir un certain nombre de bateaux , présentent un inconve'nient notable pour la navigation , car elles obligent à faire marcher les bateaux en nombre pareil à celui- qu’elles peuvent contenir, ou bien il faut dépenser, pour le passage d’un ou deux bateaux, la même quantité d’eau et de temps que pour passer le nombre total de feux que l’écluse peut tenir.

Cependant cet inconvénient est moins sensible sur le Canal de Loing, à cause de sa grande activité, puisqu’il reçoit tous les bateaux des Canaux de triare et d’Orléans; de plus, les Ikiîs à brûler et de charpente venant de la forêt de Montargis et des environs du Canal.

L’ancienne administration de ce Caïd était coti'’<osée d’un directeur,

qui l’ctaît en même temps «lu Canal d’Orléans; d'un controleur ambulant, d’un receveur, de six contrôleurs, de vingt-six éclusicrs et de quatre gardes.

Il a coulé environ a,5oo,ooo francs; il est un des exemples les plus remarquables de l’avantage des Canaux latéraux, tant par le peu de dépense qu’exige leur construction, que par rapporta la proportion des produits avec leur prix , car le Canal de Loing a quelquefois rapporté , dans une année, le tiers du prix de sa construction.

Il présente encore un exemple de la grande ulîlité que l’on peut tirer des chutes d’eau des écluses à un Canal de dérivation , où les eaux sont toujours en abondance. Les belles manufactures de Buge et de Langléc, sises près les écluses de ce nom, ont compté jusqu’à 5oo ouvriers chacune.

On vient de voir que ce Canal est pourvu de tous les moyens que pourrait faire désirer la grande activité de la ligne navigable du nord au midi de la France. Les avantages qu’il en recueillerait seraient d’autant plus sensibles pour lui, que la grande abondance de ses eaux réduirait ses dépenses d'amélioration à des articles peu coûteux.

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