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Des canons et des collections canoniques de l'église grecque [microform]

Cet ouvrage comprend li* Nomocanon de Photius, d'après un nouveau ma-^ nuscrit de Trébizonde, avec diverses Novelles impériales, etc.

Cet ouvrage se trouve chez A . Durand, libraire, rue des Grès, 1, à Paris.

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amU ET COLIICTIONS CAliOiJES

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2i-jzoi.y/xa. Twv ôUciv, y.cà UfiSiv Kxvè-roiv twv tî âyico-j, xal "jiavBup^juLCiiv ànos-zôlùi-j , XKt TÛv oiy.oufisvixâiv, y.ai Tont/MV auvôooiv, v.oà rfliv zxrà (lipo^ xiWi-^ TiaTE^cov , b&oB'v) aùv TÙ-tlcroiii ccllxii t/jv èxxXyi^iaaTrAiiv xardcoracriv ôitrroûsatî BiaTâlet;! /uiïtk tûv à.pyamv è^r,yn~S)V, xcù ltc/.!p6puv àva.yvoiaixà- •zoi-i u-'o r. A. Pot/.Av;, zal M. IloT/V;, ly/.fiisîi rr,^ ispSi odvôùou zr,5 Ixx^.v/itaj

-criiBllyMoi,y..r,L — CoUectioa des saints et sacrés canons, comprenant les canons des sainls et illustres apôtres, des saints conciles œcuméniques et particuliers, et de quelques Pères, avec diverses constitutions sur la discipline ecclésiastique, publiée et coUaliounéeparG.-A.Rhalliet M. PoLli, par ordre du Saint-Synode de l'Eglise hellénique. 3 vol. in-8. Athènes, 1802-4 856. Paris, chez Durand, rue des Grès.

Le président de l'Aréopage d'Athènes, M. George Rhalli(l), qui dernièrement visitait la France, eut la bonne pensée de s'y faire précéder par un ouvrage qui aurait suffi pour lui ménager un accueil distingué. Il est même regrettable qu'en annonçant

(4) M. Rhalli ayant signé les exemplaires, comme sa propriété, est sans aucun doute le principal auteur de l'ouvrage. Son collaborateur, M. Potii, professeur à la Faculté de droit d'Athènes, ancien ministre des affaires étrangères et de la justice, est l'un des meilleurs jurisconsultes delà

sa présence au milieu de nous, on n'ait pas eu l'at» tention polie et. très méritée de rappeler ce titre de haute recommandation. Et bien qu'il s'agisse de cinq volumes complètement grecs, toutefois une étude approfondie des œuvres du savant magistrat aurait aussi agréablement surpris le public et l'auteur lui-même, que sa présence à une tragédie d'Euripide, jouée sur les bords de la Loire, par de jeunes acteurs, que le poëte, dit-on, n'aurait pu comprendre. Horace déjà se plaignait qu'il n'était pas donné à tous de parler grec rondement :

Graiis ingenium, Graiis dédit oré rotundo Musa loqui.

Hélas ! peut-être la muse attique serait-elle embarrassée, même avec le président de l'Aréopage, lui parlant de canons, en grec moderne, et dans le dialecte des prolégomènes dn Syntagma? Gelivre n'en est pas moins une bonne fortune. Nous nous estimons heureux d'avoir en mains Fun des premiers exemplaires venus en France, et nous cédons volontiers au plaisir de faire partager à d'autres notre satisfaction.

La position élevée de Fauteur, son nom connu

Grèce. Ces deux uoms se retrouvent également dans une publication antérieure des Codes grecs, qui ne fait pas moins d'honneuraux deux magistrats. Quelques lecteurs aimeront à savoir que l'Aréopage actuel d'Athènes est l'équivalent de notre Gourde Cassation.

depuis longtemps dans la Grèce littéraire moderne (1) sont les moindres titres à une attention sérieuse. Rédigée par ordre du Saint-Synode d'Athènes, placée sous le patronage de tous les hauts dignitaires de l'Eglise orientale, cette collection, par la seule liste de ses souscripteurs [Catalogue (2) des concurrents amis des muses), éveillerait la curiosité. Outre le métropolitain, les prélats et archimandrites du royaume hellénique^ on y trouve le patriarche Anthime de Constantinople , escorté de ses quatre prédécesseurs survivants, « les très saints ci-devant seigneurs patriarches {npmv nazpiccpx'nç),» Constance, Anthime d'Ephèse, Grégoire et Germain, puis le seigneur Cyrille, patriarche de Jérusalem, et une foule d'autres « très saints et vénérahles personnages, » échelonnés par tout le Levant et jusqu'au nord de la Russie. Même à Saint-Pétershourg, le Saint-Synode, rivahsant avec celui d'Athènes, dès l'apparition du deuxième volume^ ordonna à toutes les académies et séminaires russes de souscrire à l'ouvrage. Quelle peut être la pensée qui a pu mettre ainsi à contrihution et en évidence toute la hiérarchie orientale? Nous ne voulons y voir, pour le moment, qu'un but lit-

(1) îieosX'Àt)VMii fdoXoyia x, v. )., înro A. UaituàMÀOu BpiOo-j, p. 40,

(2) Karà/ô'/oi rSiv -jû.ouo-jyov ryvS^î/^ijrîJv, à la fin des tomes I, m et IV.

téraire. A ce point de vue seul le fait est remarquable, peut-être unique. Au moins cette mise en œuvre toute occidentale est sans précédent dans les annales littéraires de FEglise grecque, si nous pouvons nous en rapporter à une autre curiosité dont nous parlerons peut être plus tard, la Philologie néo-grecque, tableau le plus complet qui existe des œuvres imprimées en grec exclusivement, depuis le xv^ siècle.

Pour peu qu'on soit obligé^ ne fût-ce qu'en vérifiant une question bibliographique, de frapper successivement aux portes de toutes les principales bibliothèques de la capitale, sans pouvoir y rencontrer une suite passable du Corpus juris grœci, on ne pourra se défendre d'une véritable joie en retrouvant à un prix modique, et sous un format usuel, une édition fraîche, nette et correcte de tous les principaux éléments de cette législation : depuis les canons dits apostoliques, jusqu'à une ordomiance du roi Othon, réglant Tautocéphalie de la Grèce et constituant le Saint-Synode d'Athènes.

Gn comprendra mieux l'intérêt de cet ouvrage si l'on veut bien faire avec nous, ou plutôt avec le D' Rhalli, dont nous résumerons les préfaces, une rapide excursion sur les publications qui ont précédé et préparé celle-ci, en écartant les collections de conciles et les choses généralement connues.

Peut-être le peu que nous dirons pourra reclifier plus d'un ouvrage réputé classique et en grande autorité (1). Toutefois, nous devons déclarer que les rapports inévitables du droit canonique avec la Patristique nous ont seuls amené à toucher de temps à autre à ces matières qui exigent des études et une aptitude particulières.

L'honneur d'une édition princeps du texte original des canons grecs appartient à un savant prédécesseur de Bossuet sur le siège de Meaux, Jean du Tillet, d'Angoulème. A l'aide d'un précieux manuscrit de Saint-Hilaire, de Poitiers, le premier de tous, en 1540, il publia et dédia au cardinal de Tournon le texte grec des canons apostoliques et de treize conciles (2) . Il se proposait d'y joindre, dans un second volume, les épîtres canoniques que renfermait également le manuscrit de Poitiers. Il attachait à cette publication de grandes espérances pour la pacification de l'Église. Du moins,

(1) Nous nous permettons de regretter que le docteur Phillips ait à peine accordé quelques pages dans son iv° volume au droit canon des Grecs, et qu'il ait cru devoir se féliciler lui-même d'avoir accompli sa tâche par un paragraphe unique de trois pages (V. Kirchcnrecht ,1. iv, p. 1 4- '7 de la traduction française).

(2)55. Apostolorum et SS. concilior. canon. Conradi Neobarii typ. Paris, 1340.

il eut l'honneur de voir sa collection et son manuscrit consultés au Concile de Trente et mis à profit dans la rédaction des décrets (l).Et n'eût-il mis au jour que les célèbres canons de Sardique , dont le texte original et authentique justifiait la primauté romame dans sa plénitude, toute cause était finie. Mais le docte prélat ne put pas même obtenir la paix pour sa mémoire. On l'a constamment accusé d'avoir écarté à dessein quelques pièces photiennes : bien qu'il ait loyalement donné les canons les plus suspects de Gonstantinople, de Chalcédoine et du synode in Trullo; bien qu'il eût expressément promis un second volume pour combler toutes les lacunes ; et qu'en réalité sa promesse ait été surabondamment remplie par Gentien Hervet, qui, en 1 561 , par le concours et sur les manuscrits du prélat, donna une seconde édition latine de la même collection, augmentée de toutes les lettres canoniques, du Nomocanon de Photius et du commentaire de Balsamon. Mais ce fut un parti pris, ou d(i dénigrer ce savant homme (2), ou de passer dédaigneusement son œuvre et son nom.

(<) Ço?2cii. Tn'cZ.sess. V, cap. I, éd. Colon. cumnol.Rassicot 1706, in-8., p. 9. Les noies font remarquer que ce chapitre reproduit textuellement une scholie de Balsamon, qui se retrouve dans l'édition latine de Genlieu Hervet, publiée d'après le manuscrit 4331 de Paris qu'a possédé Jean du Tillet.

(2) Vid. Fabricius, Biblioth. gr.^ i. xi, p. 40, vet. edit.

sous silence (1) La collection Tiliana, comme on la nomme , es t équivalemment reproduite par M . Rhallî dans son second volume.

Du Tillet, trop peu imité par les catholiques , n'eut que deux émules au xvf siècle, un docteur en droit de l'Université de Paris , Jean Quintin, jurisconsulte éduen, comme il s'est nommé luimême, qui, en 1558, donna le commentaire de Zonaras sur les canons apostoliques (2) ; puis le célèbre évêque de Tarragone, Antoine Augustin , l'un des pères du droit, qui ne pouvait se dispenser de toucher aux canons grecs dans ses travaux sur le code Justinien. On lui doit la première publication de la collection dite des XXV chapitres, Tune des plus anciennes et qui a dû attendre une édition critique et complète jusqu'en 1840, oh M. Ernest Heimbach lui a fait place dans ses Anecdota (3).

(1) La Biographie universelle, à Tarticle du Tillet, ne dit mot de cet ouvrage. L'auteur n'est pas môme nommé parle D' Phillips, et son estimable traducteur l'a également oublié dans le catalogue d'auteurs canoniques dont il a enrichi le 4* volume du Droit ecclésiastique.

(2) Ocloginia quinque regulœ, scu canones apostolor., gr. et lat. cum VL'tustis comment. J. Zonaraeineûsdcm lalinç, qt edit. Jo. Quinlini. Paris. A. Wechcl. 1558, 4*.

(3) ConsLilulionum grcecoTum, etc. Ilerdae, 4567, S''; — Augustini opp. t. vu, p. U'7-486; tleimbacb. Anecd. I. ii p. 4 45-201.

i Plus de trente ans après ce premier essai, un professeur de droite collègue de Cujas, Ennemond Bonnefoi, consacra ses loisirs de vacance et son hiver de 1572 à publier sous un titre ambitieux ce qu'il intitule : le Droit oriental, en trois livres , nunc primum editi. Il puisa dans un seul manuscrit et dans quelques imprimés un amas indigeste de constitutions impériales et de statuts épiscopaux qui n'ont pu avoir qu'une autorité locale et temporaire. L'appareil scientifique est nul, les notes insignifiantes, la traduction peu sure. Mais Henri Etienne M à ce rare petit livre l'honneur de ses presses; l'auteur, protestant, mourut à Genève, parmi les martyrs sauvés de la Saint-Barthélémy. Dès lors son livre fut un monument qui eut été incomparable, dit naïvement Fabricius, si l'auteur avait pu donner une seconde édition. Les termes sont d'une emphase plaisante, et rare dans cet excellent Fabricius (i) : Quamquam majiis opus, quod in hoc génère par avit prœstantissimus JurisconsuUus Bonefidius non vidit liicerfi, tamen vel hoc spécimen de insigni ejus eruditione testatiir, etc.

L'un des plus volumineux compilateurs de cette

{\)BihLioih. grœc, t. xii, p. 207, Harless.

époque, Jean Lowenklau, de Westphaîie, plus connu sous le nomade Leunclaviiis, entre mille ouvrages disparates, essaya de composer le majus opus que Bonnefoi devait mettre au jour. Mais, à son tour, il ne laissa qu'une œuvre posthume, publiée trois ans après sa mort par un ami, Marquard Freher, qui pensa plus à grossir qu'à trier cet héritage. Prenant de toutes mains et sans ordre dans les imprimés comme dans les manuscrits de Leunclave, il atteignit deux tomes in-folio, revêtus de ce titre imposant : Le Droit gréco-romain tant canonique que civil (Francfort, 1596). Le premier volume, qui seul rentre dans notre objet, est divisé en neuf livres. Le premier et le dernier, espèce de préface et d'épilogue^ sont deux fragments de Constantin Harménopule, dont l'un est un abrégé des canons, l'autre un résumé des hérésies et du symbole orthodoxe. Le Droit oriental d'Énnemond Bonnefoi, médiocrement amplifié, forme les n% m', IV", v"" et yf livres de Leunclave ; le Yif renferme des Méditations canoniques de Balsamon ; le vtû^ enfin, quelques consultations sur les causes matrimoniales. Le tout a été relégué et abrégépar M. Rhalli dans son Y volume. Ce. n'est rien moins assurément que l'ensemble du droit grecj romain et oriental, comme le portent modestement les titres de ces compilations indigestes. Le plan ne représente aucun manuscrit et ne répond qu'à une seule pensée qui

dominera tous les canonistes protestants : c'est la confusion du droit civil et canonique au profit de l'autorité impériale;, à qui seule appartiendrait le droit de faire et de défaire les lois divines et humaines. L'ouvrage n'en est pas moins, et peut-être à cause de cela, dédié à l'empereur Rodolphe II. L'Allemagne, même cathohque, a tant de peine à se dégager de ce vieux préjugé gibelin, venu de Byzance, que le sacerdoce étant le vassal de l'empire, le haut domaine sur l'Ëghse appartient à César.

Cet te prétention se trouve affichée, avec une naïve impertinence, en tête d'une collection qu'un protestant, Christophe Justel (1) publia en 1610, sous ce titre caractéristique : Code de V Église universelle, approuvé par le Concile de Chalcédoine, et confirmé par f empereur Jiistinien. Aucun manuscrit ne justifiait un pareil frontispice, aucune collection de canons ne fut ni acceptée par toute l'Église, ni approuvée par le concile de Chalcédoine, ni confirmée par Justinien. Titre et ouvrage n'étaient qu'une supercherie ou qu'un plagiat provenant de la collection de du Tillet, dont on avait habilement retranché les canons de Sardique. Justel ne s'en tint pas là. Pour persuader que les Latins n'avaient pas mieux connu que les Grecs ces canons impor-

(1) Nous ne savons pourquoi il a reçu du docteur Phillips le nom de Justeau, loc. cit.

Ai

tuns^ il entreprit de publier une collection latine dont il possédait l'original unique, en belles lettres onciales. Il est vrai que ce manuscrit, heureusement vu par de Marca, renfermait ces fameux canons, le quatrième y compris et même corroboré par une traduction ^officielle, presque contemporaine. Que fit-on? Cinq feuillets furent habilement coupés, et le texte mutilé parvint, prêt pour l'impression, aux mains de Henri Justel, son fils, qui, tout protestant qu'il était, trouva un docteur en Sorbonne, Jean Voel, assez complaisant pour s'associer à lui dans la publication projetée. L'impression était terminée, quand l'archevêque de Marca intervint brusquement. Les deux éditeurs eurent à comparaître devant lui et devant le chancelier Séguier, avec le manuscrit et l'exemplaire imprimé. Des cinqfeuillets coupés, deux se retrouvèrent collés à la fin du codex. Le flagrant délit constaté, les délinquants furent condamnés à placer en tête de l'ouvrage les canons de Sardique avec une préface mortifiante, dictée par de Marca, séance tenante. Cette préface nous a été conservée par Baluse, témoin et narrateur très piquant de cette aventure, qu'on peut lire en sa vie du savant archevêque de Paris (1).

(^) A défaut de ce livre rare, on peut consulter les Ballerini dans la préface des œuvres de saint Léon, t. ni, proef. p. LXXi, sqq.

Deux séries d'étoiles montrent encore dans le texte imprimé (t i., p. 287, 288) la double trace du ciseau réformateur. Mais des cartons habilement ménagés permirent d'éluder le danger, et l'humiliante préface fut adroitement remplacée par un avant-propos, où l'on se plaint avec candeur que les canons de Sardique aient péri par Vinjtire du temps (p. 276).

Enfin, parut la Bibliothèque du droit canonique ancien, grec et latin : titre ridiculement exagéré, car il faudrait au moins tripler ces deux volumes pour en faire un répertoire complet. Le plus débonnaire des critiques du xvu" siècle, Cotelier, portant son avis sur cette compilation (1), débute par cette aménité : Stupenda plane sese passim exserit editorum negligentia. Et après le recensement de bon nombre de bévues telles que opxoi (serments) changé en âpxa (pains), les chorévêques en archevêques, le mercredi [ztrpdèx) en quatre temps ^ un diacre Basilidèsen reine [Bccyikiâa), Agapius en charité [àyd-K-n) , dés membres (aekn) en rayons de miel, etc., il termine par ces mots, qu'il n'est besoin de traduire : Ut alia consimilis farinœ hene multa prœteream, in quïbus quis risum teneat?

Pour comble de mésaventure, le peu de mérite que purent avoir ces deux volumes fut attribué à

(\) Monummla ceci- gr., t. m, p. 628.

ii)

François Pithou, qui y prit part ; on liii fait aussi honneur, ainsi qu'au célèbre Pierre Pithou son frère et au savant jurisconsulte Fabrot, de deux collections de Jean le Scholastique ^ également insérées dans la Bibliothèque de Justel. L'une d'elles avait paru d'abord sous le nom plus respectable de Théodoret, sur la foi d'un seul manuscrit, malgré quatre autres qui n'ont pu être inconnus des Pithou, et sans égard à de grossiers anachronismes. Quel intérêt avait-on donc à multiplier ainsi les fraudes sur toutes les sources de ce droit ? On le devine peut-être ; nous y reviendrons bientôt.

Ajoutons enfin à cette revue de travaux protestants et gaUicans une édition furtive de du Tillet, donnée en 1 61 0;, à Wittemberg, par Elias Ehinger, qui mit pour correctif des notes ou lambeaux de l'Histoire ecclésiastique de Luc Osiander, et pour appendice une lettre messéante de Jean, métropolite russe, au pape Paul lîl ; puis, une nouvelle édition du Nomocanon de Photius, en 1615, par le même Justel ; le texte grec est accompagné de la traduction protestante de Henri Âgyle, substituée à celle de Gentien Hervet, préférence d'autant plus injuste que cet élégant et habile interprète avait eu un manuscrit plus correct et plus complet que tous ceux qui depuis ont été mis à contribution.

Aussi, en 1620, les libraires de Paris reprirent

la traduction d'Hervet, mais en laissant dans le texte grec des lacunes que pouvait seul combler le manuscrit de Saint-Hilaire, de Poitiers, et que M. Rhalli a le premier " remplies , en grande partie, grâce au manuscrit de Trébizonde.

Décidément les docteurs réformés avaient résolu de confisquer exclusivement à leur profit cette nouvelle branche de la science théologique. Il faut avouer, du reste, que les cathoHques se mirent peu en frais de leur disputer la palme. Une imparfaite édition de Zonaras, commencée à Milan en 1 6 1 3;, reprise à Paris en 161 8, achevée par Gérard Vossius en 1 621, plus de soixante ans après le premier essai du jurisconsulte Éduen dont nous avons parlé ; puis, le tour de force d'un écolier de Narbonne, François Bousquet^ qui, en dix jours, pour se distraire de la fièvre, traduisit et mit au jour 1,700 vers canoniques de Psellus (1) :ces œu:

(4) Michaeli$ Pselli syno'psis légion versibus iambîs etpoliticis, Paris, 4 632, in-8°. Gérard Meermann a placé cet opuscule presqu'en tête de sa belle collection : Novus Thésaurus jur. civ., 1. 1, p. 36, avec les notes critiques de Cornélius Sieben (LaHaye, 475<, fol.). Il en existe deux autres éditions par H. Teucher, Leips., 1789, et C. Th. Kunel, dans ses Auctores grœci minor. Leips. 1196. La Synopsis n'appartient à vrai dire, au droit canonique que par deux courts

vi'es ou trop lentes ou trop hâtées ne purent empêcher que décidément l'avantage restât aux adversaires, surtout après le splendide ouvrage de Guillaume Béveridge, depuis évêque de Saint- Asaph. « Le Synodicon ou les Pandectes des canons des saints apôtres et des Conciles reçus par l'Église grecque, etc. (Oxford, 1672), » est assurément l'un des plus beaux ouvrages sortis du Théâtre de Shelden. Le savant prélat aurait pu même se réclamer du droit oriental, puisque, outre ses notes puisées aux sources arabes et syriaques, il fut le premier à éditer une paraphrase arabe des quatre grands conciles œcuméniques, faite par Joseph l'Égyptien. Ce document, joint aux canons arabes de Nicée donnés par Abraham Ecchellensis et par le P. ïorrès, fat tout ce que l'on posséda pendant longtemps des canonistes que l'on peut rigoureusement appeler orientaux. Béveridge parut avoir si bien accompli sa tâche que nul n'osa plus rentrer dans cette voie jusqu'au miUeu du siècle suivant.

Il n'en est pas moins étonnant qu'on n'ait pas, surtout en France, pris les devants sur le docteur d'Oxford, et même, après lui, essayé de

appeDdices. M. Morireuil annonçait comme sous presse, en 4846, d'autres opuscules pseudonymes qui n'ont point encore paru. Nous faisons des vœux pour que M. E. Miller comprenne le célèbre Michel Gonslanlin Psellus dans ses doctes travaux sur Manuel Philé.î

mieux faire. Le corps du droit canonique grec entrait nécessairement dans le plan de la Collection byzantine et se plaçait, de rigueur, en tète de toutes ses chroniques ecclésiastiques, dignités de palais, offices de la grande Église, etc. Le curopalate George Codin n'était pas plus important que Photius ou Aristène ; Zonaras éclaire autant l'histoire par son commentaire des canons que par ses annales. De fait, M. RhaUi n'a pu se dispenser de puiser dans plusieurs volumes de la Byzantine, et il pourrait encore détacher des pièces imporlantes de VImperium orientale de Banduri. Que serait-ce s'il n'y avait pas eu parti pris d'écarter*les documents canoniques? Que n'eussent pas fait les pères Lahbe, Petau, Possin, Goar et Gombefis, du Gange même et Fabrot, si au lieu d'explorer les médailles ou les dates du Bas-Empire, ils eussent dépensé leurs savantes veilles à illustrer le Nomocanon de Photius ou les constitutions patriarchales ? Ils avaient sous la main, à Paris même, la plus riche collection qui soit connue de manuscrits canoniques. Ge qui ferait croire qu'il a fallu leur faire violence pour les arrêter ainsi, c'est qu'il existe, et nous avons vu à notre bibhothèque impériale, une édition manuscrite de Matthieu Blastarès, toute préparée par le P. Goar. M. Rhalli indique lui-même un travail semblable qu'il attribue à Cotelier. Peutêtre craignit- on un parallèle embarrassant et iné-

;- vitable entre certaines maximes qui prenaient fa- ] , veùr et les honteuses servitudes de l'Église byzantine? Peut-être voulut-on s'épargner l'importune réfutation des canonistes grecs et de leurs éditeurs protestants et parlementaires? Peut-être enfin, était-ce l'inévitable résultat de la position fausse que la France avait prise au milieu du droit commun de l'Église? Les vues générales et le vaste champ qu'elles ouvrent aux esprits vigoureux, disparurent sous l'étroit horizon du droit national. "Aussi, àpartir de cette époque, dans l'une et l'autre jurisprudence, toutes les grandes œuvres cessent ; même dans le droit civil, l'école de Gujas se meurt, et depuis Annibal Fabrot, éditeur des Basiliques, il faut traverser deux siècles pour rencontrer notre savant jurisconsulte, M. ' Pardessus, le premier, parmi nouS;, qui ait fait usage des textes byzan^ tins dans sa Collection des lois maritimes.

Quoi qu'il en soit, il appartenait à la docte Italie de Benoit XIV de réparer une déplorable lacune ; les Ballerini, dans leurs prolégomènes aux œuvres de saint Léon, Mansi dans ses conciles, Bacchini dans son rare et grand ouvrage sur les circonscriptions hiérarchiques, ouvrirent la voie. Mais Evode Assemani entreprit de résumer tous les travaux antérieurs, et d'ouvrir de nouvelles

mieux faire. Le corps du droit canonique grec eniraii nécessairement dans le plan de la Collection byzantine et se plaçait, de rigueur, en tète de toutes ses chroniques ecclésiastiques, dignités de palais, offices delà grande Église, etc. Le curopalate George Godiu n'était pas plus imjportani que Photius ou Aristène ; Zonaras éclaire autant l'histoire par son commentaire des canons que par ses annales. De fait, M. Rhalli n'a pu se dispenser de puiser dans plusieurs Yolumes de la Byzantine, et il pourrait encore détacher des pièces importantes de Vïmperhmi orienlaîc de Banduri. Que serait-ce s'il n'y avait pas eu parti pris d'écarter.Jes documents canoniques? Que n'eussent pas fait les pères Labbe, Petau, Possin, Goar et Gombefis, du Gange même et Fabrot, si au lieu d'explorer les médailles ou les dates du Bas-Empire, ils eussent dépensé leui-s savantes veilles à illustrer le Nomocanon de Photius ou les constitutions patriarchales ? Ils avaient sous la main^ à Paris même, la plus riche (X)liection qui soit connue de manuscrits canoniques. Ce qui ferait croire qu'il a fallu leur faire violence pour les arrêter ainsi, c'est qu'il existe, et nous avons vu à notre bibliothèque imnériale, une édition manuscrite de Rlatthieu Blastarès, toute préparée par le P. Goar. M. Rliani indique lui-même un travail seml^lable qu'il attribue à Gotelier. Peutêtre craignit on un parallèle embarrassant et iné-

vitable entre certaines maximes qui prenaient faveur et les honteuses servitudes de l'Église byzantine? Peut-ôlre voulut-on s'épargner l'imporlune réfutation des canonistcs grecs et de leurs éditeurs protestants et parlementaires? Peut-être enfin, était-ce l'inévitable résultat de la position fausse que la France avait prise au milieu du droit commun de l'Église? Les vues générales et le vaste champ qu'elles ouvrent aux esprits vigoureux, disparurent sous l'étroit horizon du droit national. Aussi, àpartirde cette époque, dans l'une et l'autre jurisprudence, toutes les grandes œuvres cessent ; même dans le droit civil, l'école de Cnjas se meurt, et depuis Amiibal Fabrot, éditeur des Basiliques, il faut traverser deux siècles pour rencontrer notre savant jurisconsulte, M. 'Pardessus, le premier, parmi nous, qui ait fait usage des texies byzantins dans sa Colleci'wn des lots maritimes.

Quoi qu'il en soit, il ajtpartenait à la docte Italie de Benoit XiV de réparer une déplorable lacune ; les Ballerini, dans leurs prolégomènes aux œuvres de saint Léon, Mansi dans ses conciles, Bacchini dans son rare et grand ouvrage sur les circonscriptions liiérarcliiques, ouvrirent la voie. Mais Evode Assemani cntrepiit de résumer tous les travaux antérieurs, et d'ouvrir de nouvelles

voies inexplorées en publiant les canonistes orientaux, dont il n'avait pu que prononcer les noms dans ses divers ouvrages sur l'histoire littéraire de l'Orient. Il se crut obligé de revenir aux plus anciennes lois ecclésiastiques, de remonter aux origines du droit byzantin et d'interroger tous ses divers monuments. Par conséquent, tout ce qui avait été publié jusque-là sur les lois civiles ou ecclésiastiques, ce qu'il trouvait de manuscrits au Vatican et dans toute l'Italie, ce q^i'il put avoir de notices des autres bibliothèques de l'Europe, ce qu'il avait lui-même rapporté, au péril de sa vie, des laures de laThébaïde et de la Syrie s'amoncela sur le bureau de l'inépuisable maronite. Sa préface, commencée en 1762, atteignait cinq gros volumes en 1 764 ; il n'en était encore qu'au cent quatrième canon du concile in Trullo. Il allait, peut-être, de Justinien pousser jusqu'à la chute de Gonstantinople^ en discutant tous les actes et monuments disciplinaires de l'Église, quand il fut arrêté par un incendie qui dévora cinquante -années de travaux. Ces prolégomènes inachevés et fort rares n'en sont pas moins une mine d'or qui fournit sur Thistoire du droit grec et oriental plus de lumières qu'aucun ouvrage paru soit avant, soit après Assemani (1).

(\) Bibliotlieca juris Ori^ni. can. et civ., ô vol. Boni,, '1762-1764, 5 vol. in-i°. Ccl ouvrage est comme beaucoup

Mais Tincendie n'a pas tout consumé.'De précieux débris sont arrivés jusqu'au cardinal Maï, qui les a relis'ieusemenfc recueillis. On les trouve au tome ix de sa Collection nouvelle, présentant un ensemble fort considérable de canons des Églises chaldéenne, syrienne et arménienne ; c'est en majeure partie l'œuvre d'Albupharage et d'Ebedjesu, traduite par Assemani, et extraite, vers le xii' siècle, de plus de soixante auteurs, la plus part très anciens (1). Le docte cardinal fut moins heureux dans une nouvelle édition d'une collection canonique de Photius, qui lui parut inédite. M. Rhalli déclare n'y voir qu'un remaniementsystématiqueetrécent du Nomocanon déjà publié nombre de fois (2).

d'autres, entièrement omis dans l'article très imparfait de la Biographie universelle. — Il est à regretter que le savant maronite aitajoulé foi trop compiai?amnieiit aux mensonges d'un grec {Papadopoidos Nicol'S Comnène), qui a rempli de fables et d'êires imaginaires l'histoire du droit byzantin. Assemani qui s'en aperçut trop lard fut peut-être, le premier à donner révfil.

(-1) Notre objet n'étant pas de traiter du droit oriental nous ne pouvons que renvoyer aux ouvrages qui peuvent suppléer à notre silence, tels que VHistoire du -Droit, de Bickell, t.. I, pag. 148-214 (Giessen, 1843), qui résume ce que l'on connaissait avant lui des canons et Didascalies syriaques, coptes et éthiopiennes, et les intéressantes notices de M. Félix Nève dans les Annales dj Philosophie chrétienne et la Revue deLouvain sur les travaux des orientalistes contemporains.

(2)A. JMaii Spicil. i{om,,t.vn, p. 77-496; Rhalli, Syntagm., t. f, préf., p. n;, rv.

Nom av©nS' tout, lieu, d'espérer que l'initiative donnée par Rome, pour la publication du droit oriental, ne sera pas stérile de nos jours. Les cinq cents manuscrits syriaques^ récemment transport tés de la Tkébaïde au musée britannique, fournis v sent des ressources inespérées, et l'on est loin d'avoir exploité les trésors de Paris, de Leyde et dé Rome. Déjà, pour ne mentionner que les travaux d'un seul orientaliste, le D' A. P. de Lagarde a tiré d'un manuscrit de Paris un précieux texte syriaque des constitutions apostoliques, qu'il vient d'enrichir de deux autres volumes de textes semblables (1).

Nous ne pouvons oublier, parmi les travaux contemporains , l'édition des canons grecs publiée à Berlin, en 1 839, quelques Analectes du célèbre Zacharie, et les Anedocta d'Heimbach, à qui on doit la collection des quatre-vingts titres de Jean le Scholastique, patriarche de Gonstantinople sous Justinien. Nous devrons bientôt revenir sur ce personnage important.

Longtemps la Grèce moderne, bien qu'elle eût ses presses actives, ses anciens manuscrits et même ses canonistes, était resiée comme indifférente aux

(1) Didascalid, aposlolor. Synace. Teubner. Lips. 18S4, in-8o. ileiiguiœ JuHs eccl. anliquissimi 'ihïà . I8o6,iii-8o. C'est le même auteur qui, sous ie nom deBoiiicher, s'est déjà fait connaître au monde érudit, et qui figure plus d'une fois dans les publications du rhevalier Bunsen.

.,,f efforts tentés en •Occident ponr lui restij/iier son - "^ a.noienne discipline. Un vicaire de Philadelphie j [roTcoTnpm-fiç), Spiridion Mélia, snu la recommanda-r tion du patriarche de Gonstantinople Joannicius, entra résolument dans cette voie trop peu frayée. On lui doit la première édition entièrement grec^ que des canons et des épîtres canoniques, en deux v.olumes in-folio (Venise^ 1761), auxquels il Joi-' gnit les constiCutions de Clément de Rome (ainsi porte expressément le titre), et l'histoire du concile de Nicée, par Gélase de Cyzique (1). A Venise 'encore parut, en 1787, par les soins d'un prélat grec, Néophytus, un recueil séparé des canons des conciles, avec des notes et des corollaires tirés des Pères. Le même prélat, devenu patriarche de Gonstantinople, fit exécuter, en 1 800, par le moine Christophe, un abrégé des mêmes canons, au nom du Saint-Synode de Gonstantinople , et aux frais d'une typographie patriarchale. Un troisième ouvrage plus considérable parut en la même année à Leipsick, par le concours de trois moines grecs, AgapiuS;, Nicodème et Théodoret-Athanase de Jannina, sous ce titre oratoire : Le Gouvernail de la nef spirituelle, V Eglise, une, sainte, catholique et

(1) Il y a sûrement erreur dans la Philologie néogrecque, p. 82, n. 226, où cette édition est placée à Paris, ev ny.piaioi?. Cependant M Rhalli, peut-être sur la foi du même recueil, répète cette indication tout à Dut improbible. Au raolns cette publication est-elle restés inconnue.

apostolique des orthodoxes, ou Collection universelle des saints et sacrés canons, etc. (1), in-folio. Nous avons pu consulter cet ouvrage dans la bibliothèque de Mgr de Bruges, et reconnaître qu'il ne méritait pas l'honneur d'une seconde édition. Les notes sont d'une ignorance ou d'une mauvaise foi révoltantes ; le texte même des conciles n'est pas respecté. M. Rhalli . malgré sa réserve , est obligé d'en convenir, à l'occasion de ces fameux canons de Sardique, que le pape saint Nicolas I" rappelait énergiquement à Photius, et qui sont restés, dans les collections les plus authentiques, comme une protestation destinée à rappeler à toutes les générations schismatiques où se trouve le vrai gouvernail de la nef spirituelle, la véritable Eglise, une, sainte, catholique, apostolique et seule orthodoxe.

Si l'on ajoute à ces divers ouvrages quelques rares publications de l'Allemagne, de la Russie, de l'Orient ; la bibliothèque slave de Miklosich ; les mémoires académiques de Joseph Mûller et de Zachariae ; les pièces de controverse échangées entre Allatius et le patriarche Dosithée; la Nouvelle Pandore, revue athénienne; la collection byzantine;

(i) XIr,o(/.Xiov Tïjs vov5T^5 vïjà.;, tïjj //tv;;, iy.-/î«î, y.u9oXi/.?i; y.sà e?.7T05TC- XtxJii 7WV ô/sôoos^Mv èxxXr.aici:?, rÎTOi «ttkvtSs oi ispoi y.çà 6sl:i xàvove? .

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