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EXCÈS DE VOLUME DE LA TÈTE

Les Allemands admettent que l’obstacle peut résider dans le volume seul de la tête, et ils signalent, outre l’excès de grosseur, un phénomène d’ossification peu étudié en France, et qui complique encore la situation : c’est le développement d’os wormiens qui ossifient les fontanelles.

Saxtorph ( Mémoires sur différents sujets d* accouchements, publiés par Schell, p. 255; Copenhague, 1803) admet que des têtes très-volumineuses présentent un écartement exagéré des fontanelles et sutures, sans qu’il y ait hydrocéphalie. Dans ces cas, il a vu des os wormiens ayant à la grande fontanelle 1 pouce et demi de long sur 1 pouce de large, et à la fontanelle occipitale 1 demi-pouce de longueur sur un quart de pouce de largeur.

Goeden, cité par Hohl ( Manuel des accouchements ; Leipzig, 1855), a fait la même observation.

Lower ( Recueil de Casper, 1830, n° 39, p. 632) cite un cas dans lequel les fontanelles étaient tellement ossifiées sur une tête volumineuse, que l’accouchement s’est terminé par la mort de la mère et de l’enfant.

Hohl (/oc. c'a.) dit avoir plusieurs fois lui-même observé de ces ossifications.

J’ai, démon côté, constaté, dans mes expériences sur la réductibilité de la tête du fœtus, que certaines tètes d’enfants à terme, dépourvues cependant dos

wormiens, présentaient des résistancesextrêmement variables à la compression. Si, par exemple, je devais employer, pour faire passer l’une d’elles par un rétrécissement donné, une force égale à 30 kil., je devais en employer 32 ou 35 pour obtenir le meme résultat sur une autre d’un volume exactement semblable, présentant un diamètre égal dans les fontanelles.

J’attribue à une épaisseur plus grande des os, qui se prêtaient moins au chevauchement, l’excès de forces que j’ai été obligé d’employer.

Il faut donc encore tenir compte de cet élément de résistance pour les têtes volumineuses, et, si à leur développement considérable se joint une diminution du degré normal de réductibilité, même en l’absence de points d’ossification surnuméraires, on subira nécessairement une aggravation dans la cause de dystocie.

Les cas de dystocie causés par le développement exagéré du fœtus se sont présentés, à moi assez fréquemment dans mes recherches; je me contenterai d’en choisir quelques-uns appartenant à des auteurs dont l’autorité scientifique en garantira l’exactitude.

Dans sa 29e observation , Mauriceau rapporte que le volume de la tête était un obstacle à l’accouchement, qui fut terminé avec le crochet, après que le travail eut duré cinq jours.

De Lamotte ( Traité cT accouchements, t. II, p. 7G2) cite un exemple de dystocie par volume extrême de

la tête, et qui nécessita l’intervention. «Il nota, ditil, qu’au lieu de trouver les os chevauchant les uns sur les autres, ils étaient au contraire fort ronds, durs et de niveau. »

Faut-il voir là une ossification des fontanelles, on ne saurait le dire; niais la résistance anormale que la boîte crânienne opposait à la contraction utérine, et l’absence complète de réductibilité de la tête, permettent de croire qu’il y avait là quelque chose d’analogue à ce que Hohl a observé. Dans une observation rapportée par M. Tarnier dans sa thèse de concours pour l’agrégation, page 199, le Dr Hericé Legros a noté, dans un cas de dystocie tenant au volume de la tête du fœtus, que le crâne était rond, au lieu d’être ovoïde, et que les os étaient le siège d’un travail hypertrophique qui en avait augmenté l’épaisseur.

La conduite à tenir dans ces cas de dvstocie est fort embarrassante ; le volume du fœtus ne peut guère être apprécié lorsqu’il est encore dans la cavité utérine , et le praticien qui constate l’arrêt du travail dans un bassin paraissant bien conformé se décidera probablement à agir activement avant que la véritable cause de dystocie lui soit connue; il interviendra au moyen du forceps ou du céphalotribe, selon les difficultés que le volume du crâne présentera à l’extraction.

On a proposé la version, mais je la repousse complètement pour les cas où le diagnostic permettrait

de constater un défaut de proportion dans les diamètres des parties dures maternelles et fœtales.

Cette pratique, déjà ancienne, puisqu’elle remonte à Burton (1753), qui a pu, un des premiers, choisir entre la version et le forceps, a été exhumée par Mme Lachapelle, qui n’a point dit mot de l’accoucheur anglais ; puis par M. Simpson, lequel ne cite pas plus Burton que Mme Lachapelle.

Burton, à l’appui de sa doctrine, ne présente que deux faits ( Système nouveau et complet de l’art des accouchements , t.II, p. 292 et 323), et ces deux faits sont la condamnation de sa manière de voir; car ils sont malheureux, et aucun succès ne vient les faire oublier.

Mme Lachapelle, dans son onzième mémoire ( Pratique des accouchements , tome III) , où elle préconise la version, donne pour conclusion des chiffres qui montrent une grande proportion de succès. Puis, lorsqu’on examine une à une les observations sur lesquelles les conclusions s’appuient, on voit que par une erreur inexplicable, elle a transformé en succès les résultats les plus désastreux et pour la mère et pour l’enfant.

M. Simpson établit en 1847, dans Provincial medical journal, les avantages de la version sur le forceps, à propos des cas de disproportion entre les diamètres maternels et fœtaux. Ce travail de théorie repose sur quoi ? Sur une seule observation, et encore cette observation laisse beaucoup à désirer. M. Simpson a reproduit, en 1855, ce mémoire

dansson ouvrage intitulé : Simpson’ s obstetrics works, il y ajoute une troisième partie, et, pendant ces huit années, il ne trouva dans son immense pratique que trois observations à ajouter à ses 120 pages de théorie ; et encore, sur les trois, il n’en est qu’une seule qui puisse être prise en considération.

La doctrine est fausse et mauvaise, elle ne mérite pas de prendre racine dans la science, et je n’en aurais dit mot, si Cazeaux, dans son ouvrage, n’avait accordé à ces idées une hospitalité trop courtoise, où la bienveillance tient une plus large place que l’esprit de critique scientifique.

Dans les cas de disproportion entre la tête trop volumineuse du fœtus et les diamètres du bassin , la version doit donc être absolument rejetée, et on aura recours à l’application du forceps ou du céphalotribe.

M. Simpson a publié en 1844, dans Edinburgh medical and surgical journal, un mémoire plus scientifiquement exact, pour démontrer que les fœtus males étaient plus volumineux que ceux du sexe féminin, et la nécessité plus fréquente de l’intervention, dans le cas delà première espèce. Malheureusement, dans la question qui nous occupe, cette indication n’a qu’une importance très-secondaire, et ce n’est que dans les présentations du siège qu’on pourrait, jusqu’à un certain point, tenir compte des observations de l’accoucheur anglais.

Mais, si le praticien , pris au dépourvu dans un cas de cette nature, est livré à ses inspirations et

subit les embarras de la situation, ne pourrait-il pas, à la rigueur et dans de certaines limites, en prévenir le retour? Il est une indication, formulée par un de nos maîtres , cjui consiste à noter l’influence que la stature du père exerce sur les produits de la conception. On a en effet remarqué que certains hommes vigoureux, et d’un grand développement corporel, procréaient des enfants dont le volume, à chaque grossesse, était au-dessus de la moyenne.

M. le professeur Depaul, dans le Bulletin de thérapeutique (juillet et août 1849), a établi sur des faits que la diminution des aliments chez la mcre, combinée avec les saignées, avait une influence trèsnotable sur le volume des fœtus. Cette doctrine peut être utilisée dans les cas où des accouchements antérieurs ont nécessité , à cause du volume des fœtus, une intervention au moment de l’accouchement.

En général, chez les enfants ayant une tète volumineuse, dont la forme n’est pas altérée par une maladie, le volume de la tète s’accompagne d’un égal développement du corps.

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