HYDROCÉPHALIE
Hydrocéphalie ; développement anormal de la tête. Je ne m’occupe ici que des épanchements considérables d’eau dans la cavité crânienne. Les infiltrations séreuses, dont parle Cazcaux (p. 652), qu’on
rencontre très-rarement sous le cuir chevelu, et dont i! cite cependant deux cas, n’ont probablement jamais donné lieu à de la dystocie , pas plus que les épanchements séro-sanguins qui se forment sous l’influence d’un travail prolongé. A la rigueur, les mouvements qu’exécute la tête dans l’excavation peuvent en être légèrement entravés, mais cela ne constitue pas un obstacle sérieux à l’accouchement.
Il n’en est pas de même des accumulations de liquide qui se font lentement dans la boîte crânienne, et qui peuvent atteindre des proportions si considérables, que, dans un cas d’hydrocéphalie observé par Wrisberg, la tête de l’enfant avait 27 centimètres de longueur et 81 de circonférence. Les difficultés ou l’impossibilité de l’accouchement seront donc en raison directe de la quantité de liquide contenu dans la boîte crânienne ; il pourra se faire que le volume peu considérable de la tète permette un accouchement spontané, comme il est possible que l’intervention au moyen du forceps soit tout à fait insuffisante, et qu’il faille pratiquer la céphalotomie et vider le crâne. Cependant il peut arriver que l’accouchement ait lieu spontanément lorsque l’hydrocéphalie est considérable, c’est lorsque l’enfant est mort et macéré : la tête s’allonge, les os chevauchent, et l’engagement s’accomplit. Dans les commencements de ma pratique, j’ai été témoin d’un accouchement spontané dans ces conditions ; la tête du fœtus était énorme , mais ne présentait qu’une faible consistance. J’avoue que j’avais com-
plétcmcnt méconnu l’altération du crâne, et que je fus dans une grande perplexité jusqu’à ce que la vulve entr’ouverte eût laissé voir des cheveux , et que je pus reconnaître cette chose informe qui traversait l’excavation, et dont la détermination m’avait si fort embarrassé ; car le diagnostic n’est pas toujours facile, et les éléments qu’en ont fournis les auteurs ne viennent point se grouper sous le doigt qui explore, aussi complètement qu’on semble le formuler. La présentation est élevée, peu accessible parfois , et la rareté de l’affection est cause que le diagnostic s’égare.
Et cependant, pour intervenir efficacement, il est utile au moins de connaître la cause qui nécessite l’intervention. Dans bien des cas, ce n’est qu’après avoir introduit la main dans la matrice qu’on pourra se rendre compte exactement de la lésion; mais, dans les présentations du siège (qui sont, dans ces circonstances, très-fréquentes, si on en croit la proportion de I sur 5 indiquée par Scanzoni), les difficultés sont beaucoup plus sérieuses encore , et le diagnostic flotte incertain parmi toutes les causes qui peuvent retenir la tête au-dessus du détroit supérieur.
L’intervention, dans les présentations du sommet, consiste à appliquer le forceps; puis, s’il échoue, la ponction au moyen d’un trois-quarts. On doit la préférer à une incision, car on admet que l’enfant peut naître vivant après l’évacuation du liquide.
On a proposé la version, et Cazeaux ne la re-
pousse pas. Ce que j’ai dit de cette operation, à propos du volume exagéré de la tète, me dispense d’y revenir.
Dans les présentations du siège, lorsque la possibilité d’extraction est bien constatée et qu’on a fini par établir un diagnostic exact, les efforts doivent tendre à pratiquer une perforation de l’occipital, ou à pénétrer dans le crâne par les cavités orbitaires, ou encore, comme M. Malgaigne l’a fait pour un cas, à conduire un crochet aigu dans la matrice et à le faire pénétrer à travers la fontanelle. Il serait possible quelquefois de vider le crâne en pratiquant une ouverture au canal rachidien, et de faire pénétrer par cette ouverture une sonde qu’on conduirait jusque dans la boîte crânienne, si la simple ouverture n’était pas suffisante.
Je me dispense de citer des observations d’hydrocéphalie; elles sont si nombreuses dans la science que leur notation ne présenterait aucun intérêt.
HYDROTHORAX.
Peu ( Pratique des accouchements, p. 382) a noté l’hydrothorax en ces termes : « Si la poitrine ou le bas-ventre sont aussi remplis d’eaux ou de vents, il les faut vider; cette opération n’est pas de petite conséquence. »
Depuis Peu , les auteurs qui ont parlé des hydropisies du fœtus ont tous parlé de l’hydrothorax , on en a même fourni les éléments du diagnostic ;
seulement je cloute qu’elle ait été jamais observée par les auteurs français , qui en ont parlé à l’état d’isolement et sans ascite concomitante; au moins je n’en ai pas trouvé une seule observation dans mes recherches.
Cependant Hohl dit ( loc . cit., p. 710) en avoir observé deux cas dans sa pratique, sans que l’abdomen participât à la lésion. Gottel a fait la meme observation sur un fœtus de 7 mois. Dans ces cas, la quantité de l’épanchement a été assez considérable pour nécessiter l’intervention.
Ilydropisie ascite. — De Lamotte (. Traité des accouchements, t. II, p. 982), chez une femme en travail depuis deux jours, fit l’extraction de l’enfant par le sommet jusqu’aux épaules ; mais alors il fallut agir avec beaucoup de force pour l’extraire complètement. La difficulté tenait au développement du ventre, distendu par trois pintes (3 kilogrammes) d’eau brune tirant sur le vert. L’enfant avait succombé.
Dans l’observation 337 (p. 987), l’obstacle opposé par l’ascite à l’accouchement fut assez considérable pour qu’on arrachât la tête du fœtus, sans pouvoir l’extraire. Il pratiqua la version avec les plus grands efforts, et parvint enfin à amener un enfant, dont le ventre contenait des eaux claires et sans odeur, aussi abondantes que dans le cas précédent.