‹ Des causes conditionnelles et productrices des idées, ou, De l'enchainementChapitre 1 sur 19 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

losophie de Kant (tome premier). Cependant, j'ai laissé mon travail tel qu'D était sorti de ma plmne , sans y rien changer : je n'aurais pu y retoucher sans le refondre entièrement, et au lieu d'écrire un chapitre, j'aurais dû composer un volume. Mais je ferai ici deux observations importantes.

Premièrement, en lisait la Critique de la raison pure, ouvrage d'une effrayante obscurité, que je suis bien loin d'avoir entièrement compris à cette première lecture et avant d'avoir consulté les excellentes leçons de M. Cousin, mais dans lequel néanmoins j'ai reconnu de suite de fort bonnes choses , et des choses qui rentrent dans mes vues, il m]a semblé que les principes à priori admis par l'auteur n'étaient pas tout à fait les idées innées de Platon et de M. Cousin : et j'ai été confirmé dans cette opinion par les Leçons de métaph^ique, dans lesquelles Kant dit positivement qu'il n'admet point de notions innées et qu'il serait absurde d'en supposer. Il m'a donc paru surprenant que M. Coifôin, dans ses Leçons sur la phik^ophie de Kant, n'ait fait aucune remarque à ce sujet. Au reste, qu'il y ait ou non des idées , des principes innés , ce n'est pas là peut-4tre ce qui nous importe le plus ; le principal est de savon* si des i<^8, des notions d'une ceirtïdne nature peuvent se former en nous indép^damment de l'expérience, c'estr-àdire de toute observation directe ou indirecte, externe ou interne. D'ailleurs, si telles ou telles idées peuvent se former indépendanmi^t de l'expérience, elles doivent pouvoir se former aussi avant l'expérience ; et comme l'expérience comiD^iee avec nous, une idée, un jugement â priori pourrait donc exister ou s'être formé en nous avant que vous fussiez nés : et dès lors, il serait assez indifférent de savoir, ou si nous av(msâ(;ftiify soit avant, soit après la naissance, une telle idée, un tel jugement , ou si Dieu nous l'avait directement

pRÉrAcc:. Ht

suggéré : oe ne serait plas là qU^une question avssi fitlile qu'insolilble* .' .

En second lieu, M. Ckmsiil) dans son articlé,ii'm iaitmention que des principes de Kant qu'il dâopte> enisorteiiae je suis loin d'être d'aoïsord avec hii sur la validité de ce^ prbiçipeB : tandis que dans ses Leçons, d'où la plus grattde partie de oet article semble avoir été tirée , 9 réfute presque tom les autres prkidpes de Kant, à commmie^ par éelui sur leqoel se fonde, en quelque sorte, la critique de la raison pore, et qu'en effet je crois très**£AUx, savoir, que Fespâoe et le ten^ sont des intuitions sensibtes, des formes de k êmgUâUté.iefetiae^ avec M. Cousin, que ce sont là des concepts de YentsndemenL Mais H. Cousin prétend, ^ je ne saurais être de mm avis^ cpie ces concepts existent en nous à priori , comme notions innées; Sans ces notions , selon H* Cousin , sans ces intuitions seusi^ blés, selon Kant, Texpérienoe extérieinre eUe-^^méme |ie s^ait pas possitde , et nous ne saurkms nous tonner aoemyeldée d$ mouvement. Esl>-ce à dire que si l'espace et le tôtiipa tf exi^ taient pas en nous à priori, nous ne saunons Mre aueune différence entre le nunivement et le repos , et quenous ne Whrions point les corps hors de nous, mais seulement en nous* mêmes; qu'ils ne nous paraîtraient pomt (étants les uns des autres , ni même les uns hors des autres , ni , par suite , étendus ; et que nos idées ou les phénomènes extérie«*s qui se succèdent , nous semUeraient coexister, ou bien qu'il n'y âU'^ rait, povr nous , ni coeiistence ni succession?

Quoi qu'il en soit, et pour en revenir à l'artide dont H s'agit; supposé, ou que H. Cousinli'ait pas interprété comme il faut son auteur, ce qui n'est pas du tout vraisemblable , on que j'aie mal interprété M. Cousin, ce qui pourrait être ; mes cA)servatà(m8 en eUes*mémes , et que lem appUcalion soit juste

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