‹ Des Causes de Divorce et de Leur ExtensionChapitre 2 sur 98 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'Eglise catholique définit le mariage : « Un sacrement institué par Jésus-Christ pour établir une sainte alliance entre l’homme et la femme, afin qu'ils élèvent les enfants qui en naïîtront. » Aucun acte plus solennel en effet ne peut se rencontrer. Quoi de plus beau que ce fait pour deux êtres de rapprocher leurs destinées, de mêler à jamais leurs peines et leurs joies, de se prendre pour le bonheur comme pour l’adversité ! Quelle conception pourrait-on imaginer qui puisse, je ne dirai pas dépasser, mais même égaler celle de cette union, où deux époux se promettent une confiance et une amitié éternelles, pour suivre le chemin de la vie, où ni la richesse ni la misère ne doivent influer sur les sentiments de

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chacun, où la maladie de l’un ne doit servir qu'à accroître l’attachement de l’autre à son égard !

Si tous les mariages répondaient à cet idéal, l’idée de perpétuité du lien conjugal n'aurait certes jamais cessé d'exister. Mais combien sur nos pas trouvonsnous de ménages indifférents! Dans ces ménages, l'amour, s’il a jamais vécu, a totalement disparu et chacun des époux vit d’une vie séparée, n'ayant de relations avec son conjoint que celles qui lui sont rendues obligatoires par les convenances sociales.

Mais ce ne sont pas seulement des ménages indifférents en face desquels la vie nous place. Combien d’unions encore où la haine a remplacé l'amour, où le mépris a tué toute amitié. Les mœurs d’aujourd’hui, les exigences de l’époque et surtout le manque de courage de ceux qui se marient en sont principalement la cause. La préoccupation de la dot entache en nous l’amour: c’est elle que l’on désire avant de vouloir la femme.

Au surplus, dans un ménage où les deux conjoints se sont mariés selon leur inclination, n’existera-t-il pas souvent des discussions, parfois suffisantes pour faire jaillir des larmes, quelquefois prémices de scènes, qui se feront de plus en plus violentes ; ne se produira-t-il pas de ces mille riens où les esprits se heurtent obstinément et qui sont les premiers symptômes d’une lassitude réciproque de la vie commune.

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Mais, quels que soient les motifs qui auront causé la haine ou la mésintelligence entre les époux, irat-on, lorsque cela aura lieu, les contraindre à rester enfermés dans cette union qui leur est devenue intolérable, laissera-t-on, cet homme et cette femme, incapables désormais de s’aborder autrement que l’injure aux lèvres, en présence l’un de l’autre, abandonnera-t-on les enfants, qui auront pu naître du mariage,au spectacle de la discorde de leurs auteurs ?

Déjà, dans l'antiquité, on avait reconnu la nécessité d'admettre, pour les conjoints, la possibilité de rompre le nœud qu’ils avaient formé, alors que la vie en commun avait détruit toutes les espérances qu’ils avaient pu forger. À ce moment pourtant, la femme était loin de remplir le rôle social que la civilisation lui a donné. L’homme était le maître souverain, et, presque dans toutes les législations, il pouvait renvoyer sa femme quand elle avait cessé de lui plaire ou avait commis un acte répréhensible. Mais petit à petit, l'on dut concéder à la femme les mêmes droit qu’au mari, et on lui permit, comme au mari lui-même, de demander la dissolution du lien conjugal ; néanmoins les causes, pour lesquelles on lui accordait ce droit, furent toujours moins nombreu. ses que pour le mari, et l’on-peut dire que l'égalité parfaite entre l’homme et la femme n’exista jamais sous ce rapport dans l'antiquité.

Sous l'influence de l'Eglise, la perpétuité du

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