‹ Des Causes de Divorce et de Leur ExtensionChapitre 23 sur 98 · END · texte numérisé non relu

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du divorce, on ôta non seulement toute Ja douceur du mariage, mais aussi l’on donna atteinte à sa fin; en voulant resserrer les nœuds, on les relâcha, et, au lieu d’unir les cœurs, comme on le prétendait, on les sépara pour jamais », et ilajoute dans l’Zsprit, des Lois (1) : « Le divorce a ordinairement une grande utilité politique ; quant à l'utilité civile, elle est établie pour le mari et pour la femme, mais n’est pas toujours favorable aux enfants. » Voltaire, dans son Dictionnaire encyclopédique et ses opuscules, plaide éloquemment en faveur du divorce. Diderot (2) estime que le mariage perpétuel est un abus, « c’est la tyrannie de l’homme qui a converti en propriété la possession de la femme ». Et J.-J. Rousseau, à son tour, s’écrie : & Quoi, des célibataires prêchent le nœud conjugal ! Pourquoi donc ne se marient-ils pas ? Parce qu'unétat, si sain et si doux par lui-même, est devenu, par vos sottes institulions, un état malheureux et ridicule, dans lequel il est désormais presque impossible de vivre sans être un fripon ou un sot. Sceptre de fer, lois insensées, c'est à vous que nous reprochons de n'avoir pu remplir nos devoirs sur la terre, et c’est par nous que le cri de la nature s'élève contre votre barbarie. Com-

16e Montesquieu Esprit des Lois, livre XXIIT, ch. X. 2. Diderot. Mémoires, II, 66.

ment osez-vous la pousser jusqu’à nous reprocher la misère où vous nous avez réduits {1) ? »

Malgré les sollicitations répétées des philosophes, les vœux du pays n’appelaient pas la venue du divorce, et, ce qui le prouve, c’est que de tous les cahiers rédigés dans les assemblées électorales, seul, celui dont le duc d'Orléans était porteur, réclamait son rétablissement. Mais les Constituants étaient imprégnés des doctrines philosophiques, et les principes de la Révolution, en proclamant que l'individu était tout et que la société n’était qu'une des formes propres à sauvegarder la liberté individuelle, contribuèrent à favoriser la direction des esprits vers le divorce.

La constitution du 3 septembre 1791 commença par séculariser le mariage, en le déclarant contrat civil, et, dès cet instant, de nombreux citoyens en conclurent logiquement que le divorce était réinstitué et mirent leur raisonnement en pratique. Le législateur de 1592 (2), sur la proposition d’Aubert Dubayet, le 30 août 17992, crut cependant nécessaire, le principe n'étant posé nulle part et malgré les observations du Girondin Guadet, de poser formellement la possibilité de la dissolution du mariage par le divorce et de rendre celte dissolution plus facile

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