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discussion (1). Déjà de nombreux projets ont été présentés aux Chambres ; aucun d’eux n’a encore abouti. Parmi ces projets, les uns demandent l’adjonction de certaines causes déterminées à celles admises par la loi actuelle, d’autres voudraient y ajouter le divorce par consentement mutuel, d’autres enfin réclament pour couronner l'édifice de l'institution, le rétablissement de la répudialion, ou, pour parler leur langage, du divorce par la volonté d’un seul.
De toutes parts des proposilions de loi jaillissent ; des articles paraissent, des ouvrages s’impriment. Les frères Margueritte, Naquet, le président Magnaud appellent de tous leurs vœux l’extension la plus large du divorce ; Hugues le Roux, Coulon, se refusant à aller aussi loin, se contentent de demander le rélablissement du divorce par consentement mutuel, en repoussant énergiquement le divorce par la volonté d’un seul, M. Maurice Colin, d’autres encore réclament seulement une augmentation de la liste des causes déterminées, s'inspirant dans leurs projets de l'exemple de certaines législations étrangères. Sur les
1. V. Théâtre : Brieux, Le Berceau ; Hervieu, Course au Flambeau.Le Dédale, Les Tenailles; Hermant, Les Jacobins; Emile Fabre, Maison d'Argile ; Bourget, Un Divorce.— Romans : Rod, La Vie privée de Michel Tessier, La seconde Vie de Michel Tessier ; Margueritte, Les deux Vies. — Littérature: Dumas fils, Question du Divorce; P. et P. Margueritte ; Quelques Idées, Elargissement du Divorce ; Naquet, La Loi du Divorce etc.
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réformes à effectuer, on ne se trouve pas d’accord, mais l’accord est unanime pour réclamer des réformes. ’
C'est qu’en effet la loi de 1884 ne se trouve plus aujourd’hui en harmonie avec notre esprit, assoiffé de plus en plus de justice et de liberté. Deux causes seules, parmi celles qui sont reconnues par la loi actuelle, sont considérées comme des causes péremptoires de divorce : l'adultère et la condamnation à une peine afflictive et infamante. Encore l'adultère, outre que plus d’un hésite à arguer de ce motif qui, par une aberration des cerveaux de notre siècle, salit non seulement l'honneur du coupable, ce qui n’est que naturel, mais davantage celui de l’époux innocent et de la famille tout entière, nécessite-t-il la constatation de certains faits, chose impossible la plupart du temps à moins qu'il ne se transforme en une comédie organisée.
Quant à la condamnation à une peine afilictive et infamaute, à la peine de mort, aux travaux forcés, à la déportation ou à la réclusion, très rare déjà en elle-même, elle doit, pour devenir une cause péremptoire de divorce, avoir été prononcée définitivement : l’amnistie empêche le divorce, la condamnation par contumace ne permet de le demander que vingt ans après ; enfin la condamnation doit avoir été prononcée par les tribunaux français et celle qui l’aurait été par un tribunal étranger serait considérée comme