OU
étant sans valeur au point de vue de la demande en divorce.
En dehors de ces deux causes, la loi ne permet que d’invoquer les sévices et injures graves, mais, en raison même de la latitude, qui est taissée aux juges, on se trouve ici plongé au milieu d’un chaos épouvantable. Tel fait devant tel tribunal sera admis sans contestation comme une cause suffisante de divorce, et, impitoyablement, tel autre tribunal rejettera dans le mariage celui qui voulait s’en évader en soumet: tant aux juges un fait accompli dans les mêmes circonstances. Et non seulement les juges, mais encore les avoués, les avocats viendront brouiller les cartes, dévoiler à la malignité publique les secrets de l’alcôve, inventer des faits imaginaires, prolonger indéfiniment les procès. Les juges, certes, auront à apprécier, mais avant d'écouter les doléances des plaideurs, ils écouteront le langage de leur conscience, et, s'ils sont adversaires du divorce, il sera bien rare, malgré toute la nécessité qu’il y aurait à dissoudre l'union qu'on les supplie de rompre, de les voir consacrer par le divorce la fin du martyre de l’époux qui les implore et quelquefois des deux époux.
Souvent, du reste, sans que jamais des excès, des sévices aient été exercés par l’un des époux envers l’autre, sans que jamais des paroles outrageantes aient été prononcées entre les conjoints, sans qu'aucun