‹ Des Causes de Divorce et de Leur ExtensionChapitre 69 sur 98 · EHE · texte numérisé non relu

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rarement invoquée, mais il ne faut pas, lorsque le cas se produira et que le conjoint de l’impuissant ne se sentira pas le,.courage de demeurer avec lui, l’obliger, malgré lui, à partager son existence, à vivre toute nne vie de tristesses et de déceptions.

Toutefois, si l’on accordait trop facilement le divorce pour cause d’impuissance, il serait à craindre qu’on ne se trouve parfois en face d'une impuissance momentanée, passagère et guérissable. Il arrive, en effet, qu’à la suite de certaines maladies (1), à une diminution des forces corresponde un décroissement et parfois un anéantlissement de la puissance génésique. Mais cet état n’est pas toujours sans remède et le mal, quelquefois, peut disparaître au bout d’un certain temps. Aussi, selon nous, l’impuissance ne pourra servir de base à une demande en divorce que lorsqu'elle aura eu une durée sufisamment longue pour qu’on puisse en déduire la perpétuité ; en tout cas, ce sera toujours là une cause facultative de divorce, ce qui permettra aux juges de solutionner humainement les cas qui leur seront soumis, après avoir fait appel à toutes les lumières de la science médicale.

Le texte nouveau, que nous proposons d’adopter,

1. Le fait se rencontre à la suite de débilité, de chlorose, de maladies du cerveau et de ia moelle (méningite, fièvre cérébrale, etc.), de névrose de l'intelligence, de diabète, etc,

serait ainsi conçu : « Le divorce pourra êlre demandé par l’un des époux pour l’impuissance de son conjoint, postérieure au mariage, si cette impuissance dure depuis plus de deux ans. »

2° Folie (1). — La folie n’est pas définie par la loi; dans son sens large, qui est celui dans lequel nous l'entendons, elle comprend toutes les altérations de l'intelligence, quelles qu’en soient l’origine et la nature (2). Déjà dans l’antiquité, quelques médecins, ayant reconnu en elle une maladie naturelle, justiciable comme les autres maladies d’un traitement médical, se refusaient à ajouter foi au don de prophétie que les préjugés populaires attribuaient aux insensés, niaient le caractère surnaturel de l’affection et soignaient les fous par la douceur, les bains de mer, en un mot employaient à leur égard des traitements humains. Tel fut le bul auquel tendaient les travaux d'Hippocrate, d’Arétée de Cappadoce, en l'an 8o après Jésus-Christ, de Soranus et de quelques autres (3).

Mais le moyen âge arrêla le développement des

1. Nous n'examinerons ici que le cas où la folie serait survenue postérieurement au mariage, ou ne se serait pas manifestée, si elle existait déjà au moment de la célébration de l’union, puisque ce cas rentre dans les cas d’inexistence admise par la loi (nullité absolue pour défaut de consentement).

‘ 2. Ball. Leçons sur les maladies mentales.

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