DES CAUSES DE L.V CHERTE ACTUELLE DE LA VIE
moyen de restreindre la demande est de renoncer à toute nouvelle augmentation des salaires, s'ils ne peuvent être réduits. Il faut aussi, et sur ce point tout le monde est du même avis, que l'Etat cesse de créer par sa prodigalité des moyens d'achat qui ne correspondent à aucune production réelle de richesse et qui augmentent néanmoins le pouvoir de consommation des particuliers qui les reçoivent de lui, soit à titre onéreux, soit, trop souvent, à un titre gratuit. Enfin, l'établissement des impôts nécessaires à l'équilibre des budgets ne sera pas sans avoir un effet restrictif utile sur les consommations.
Les problèmes que vous avez discutés sont, est-il besoin de le dire? graves autant qu'ardus. Les circonstances dans lesquelles ils se présentent sont diverses et influent nécessairement sur les solutions qu'ils comportent. Personne ne pease qu'il existe des formules qui leur soient applicables en toute hypothèse, sans aucune correction. Ce n'est pas à dire qu'on puisse, pour les résoudre, se passer de principes économiques.
Il y a une vieille querelle entre les gouvernants ou administrants et les économistes. Les premiers traitent les seconds de doctrinaires ; ceux-ci reprochent à ceux-là de manquer de principes et de se conduire en empiriques. Les économistes mériteraient la qualification péjorative qu'on leur décerne, s'ils prétendaient — quelques-uns ont eu cette faiblesse — que la science économique suffît à fournir la solution de toutes les questions qui intéressent la prospérité matérielle de la société. Ce n'est pas être doctrinaire que de croire aux lois économiques, déduites de l'observation des faits, et dont on s'efforce en toute occasion de mieux préciser, à la lumière de l'expérience, la portée et les modalités d'application. L'art difficile du gouvernement réclame de la souplesse d'esprit, certes. Il exige