‹ Des causes de la cherté actuelle de la vie rapports et observations présentés à l'Académie des Sciences Morales et PolitiquesChapitre 25 sur 27 · DES CAUSES DE LA CHERTÉ ACTUELLE DE LA VJE · texte numérisé non relu

DES CAUSES DE LA CHERTÉ ACTUELLE DE LA VJE

Cette ascension continue des salaires, suivant et précédant tour à tour celle des prix, constitue pour les intéressés un avantage purement apparent, que réduit, si elle ne le supprime pas, la cherté accrue de la vie. Le bénéfice en est refusé aux personnes dont les revenus sont fixes et médiocres, tels les petits rentiers, qui sont réduits à la misère. Enfin, le gonflement des gains et des salaires donne à ceux qui en bénéficient l'illusion d'une prospérité qui n'existe pas et contribue à les inciter à la dépense tout en les détournant de produire davantage. Ils ne voient pas que, la production demeurant stationnaire, aucune riches e supplémentaire n'est créée, que ce ne sont donc pas des parts de richesse plus grandes qu'ils se distribuent, mais des parts dont l'évaluation est simplement grossie. Ils ne se rendent pas compte que seule une production plus abondante permet de hauts salaires et une vie moins coûteuse, et que la misère les guette.

: On n'aperçoit qu'un remède : restreindre les consommations dans la mesure où la production ne peut pas être augmentée. Sur la manière d'obtenir les restrictions de la consommation, il y a quelque divergence. Sans contester les imperfections de Faction administrative, on a fait remarquer que le rationnement permet de procurer aux plus pauvres leur part légitime dans les denrées de première nécessité, qui pourraient être absorbées par ceux que n'effraient pas les hauts prix. Le système a fonctionné pendant la guerre pour plusieurs denrées, avec plus ou moins de succès. Dans la plupart des cas, on se proposait moins d'agir sur les prix que d'assurer la répartition convenable d'une production inférieure aux besoins. Employé à contenir une hausse qui est générale, le système ne pourrait qu'être généralisé. Son application à la plupart des objets de consommation conduirait tout droit à une organisation de la société sur le type collectiviste. Ceux qui présentent cette objection estiment que le meilleur

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