‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 48 sur 117 · ESA · texte numérisé non relu

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dans:le Midi. Elle pousse ses excursions jusqu’an Japon. On la voit seulement l'hiver dans le midi de la France; elle y est souvent fort commune, et se mêle aux troupes des corneilles noires qui fréquentent.les plaines.

La corneille mantelée vit, comme les espèces précédentes, dans presque toute l’Europe ; elle se montre toute l’année dans les pays montueux des contrées orientales, ainsi que dans les Alpes, où elle niche habituellement. On ne la rencontre qu’en septembre et en octobre dans les contrées occidentales. Ses passages sont loin d’être réguliers dans le midi de la France, où elle ne paraît que par intervalles et en automne.

Cette espèce nous quitte de bonne heure, pour retourner dans le nord de l’Europe.

Elle pousse avec la corneille noire ses excursions jusqu’au Japon. Mais elle exécute toutes ses courses sans aucune espèce de ré gularité, et rentre par conséquent dans les races erratiques,

Cette corneiïlle, répandue dans toute l'étendue de l’Europe occidentale, l'est beaucoup moins dans les contrées orientales. Elle arrive dans le midi de la France, par troupes nombreuses, vers la fin du mois d'octobre.

Elle paraît suivre la direction des côtes de Barbarie, ou du midi de l'Espagne. Quelques bandes de cet oiseau rôdent pendant l'hiver dans les contrées méridionales, où elle ne niche jamais.

Le corbeau commun habite la plus grande partie des lieux montagneux de l'Europe, plutôt que les plaines. On le trouve aussi en Afrique, en Islande, au Japon et dans l’Amérique méridionale. Il est sédentaire dans le midi de la France, et s'approche assez des habitations. Cet oiseau vit ordinairement par paires isolées, et place son nid dans les crevasses des rochers ou sur de grands arbres isolés.

Parmi les oïseaux terrestres qui parcourent les espaces les plus étendus, et qui se trouvent dans les régions les plus différentes du globe, on peut citer au premier rang la corneille et le corbeau. Ils appartiennent au même genre de l’ordre des passereaux ; cette tribu est celle où l’on découvre les espèces qui étendent le plus au loin leurs migrations, etle plus d'oiseaux émigrants. Aussi est-ce parmi elle que nous avons choisi les exem— ples d'oiseaux essentiellement voyageurs. Il suffit de jeter les yeux sur notre carte, pour saisir que sur les neufoiseaux dont nousavons indiqué les voyages, sept appartiennent aux passereaux , et deux seuls à d'autres ordres.

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En effet , le corbeau (corvus corax Linné) se trouve depuis le cercle polaire jusqu’au cap de Bonne-Espérance, et même à ce qu’il paraît, d’après des observations récentes, jusqu’en Amérique. On le rencontre également à Madagascar, île qu’on serait fondé de considérer comme un débris de quelque continent ancien, ou une dépendance de quelque centre de création particulière, bien distincte de celles qui ont peuplé les régions voisines, tant sa faune a un Caractère particulier et remarquable. Aussi n'estce probablement que d’une manière transitoire que le corbeau commun a été aperçu à Madagascar, dont les animaux sont si différents de ceux des autres contrées.

De pareilles habitudes lui sont également communes avec la corneille, qui voyage peut-être plus que le corbeau; nous ignorons cependant si cette espèce a été observée en Amérique, comme le corbeau commun.

A raison de cette ignorance nous n’avons pas indiqué sur la carte le trajet que ces oiseaux parcourraient dans le nouveau monde.

Comme nous les avons réunis dans le tracé du chemin qu'ils suivent, nous n'avons pas osé indiquer la route tenue à cet égard par ces deux espèces. Afin d'éviter des redites, nous n’indiquons pas ici le chemin tenu par la corneille et le corbeau dans leurs longs et grands voyages, devant le faire plus tard.

Des habitudes non moins particulières si gnalent également d’autres espèces de passereaux. On peut surtout citer le coucou (cuculus canorus), fameux par la singulière habitude qu’il a de pondre ses œufs dans les nids d’autres espèces insectivores (1). Les oiseaux étrangers, souvent d’une plus petite taille, prennent soin des jeunes coucous comme de leur progéniture, même lorsque leurs œufs ont été détruits par ces hôtes dangereux. La cause de ce phénomène, à peu prés unique chez cette classe, est inconnue; il nous paraît du moins difficile d’en trouver l'explication avec Hérissant dans la position du gésier. Sans donte, cet organe placé plus en arrière dans l'abdomen est moins garanti par le sternum que dans les autres oiseaux.

Le gésier éprouve, par suite de cette disposition, une gêne très-grande dans les contractions continuelles qu’il exerce sur les aliments

(x) Le hibon moyen duc, ainsi que nous le ferons observer plus tard, parait avoir de pareilles habitudes. Du moins, ne construisant pas de nid, il est forcé de pondre ses œufs dans ceux abandonnés par d’autres oiseaux. Il parait pourtant qu’il ne les Jivre pas au hasard, qu'il en prend suie et qu’il les couve.

ORDRES

GENRES ET ESPÉCES

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

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pour les réduire en chyme. La compression trop forte des paroïs abdominales qui se trouvent superposées aux œufs, compression augmentée par le poids du corps, s’oppose à ce que ces oiseaux puissent rester longtemps dans la position qu'il leur est nécessaire de prendre pour couver leurs œufs. Cet obstacle est peut-être assez puissant pour les empécher dese livrer à cet acte, qui doit assurer la perpétuité de leur race; ils sont donc forcés d'abandonner ce soin à d’autres espèces.

Telle est l'explication que l’on peut donner à ce fait aussi rare que singulier, chez une classe d'animaux caractérisée par une tendresse maternelle toute particulière. Elle est du moins la conséquence de la disposition organique qu'Hérissant paraît avoir le pre- {mier sigualée.

Cette habitude, générale chez cette espèce, {n'a rien de commun avec l'instinct qui porte | d’ autres oiseaux à s’ emparer de nids occupés [naguère par d’autres espèces. Le moineau commun (fringilla domestica) s'avise quelquefois d’aller, avec sa faille, occuper les nids des hirondelles; mais il ne le fait pas toujours impunément.

M. de Tarragon a été témoin d’un fait qui prouve que ce n'est pas foujours sans dan-— ger (1). Un couple de ces moineaux parasites s'était logé dans un nid d'hirondelle, dont ils avaieut chassé les propriétaires. Ceux-ci ameutèrent toute la troupe des hirondelles de fenêtre qui se trouvaient à portée de leur häbitatioun, et, lorsqu'ils se furent assurés de la présence dans le nid de leurs ennemis mortels, la troupe ailée fit entendre son cri de guerre et disparut en un instant. Elle alla chercher de la terre humide dans une mare voisine, et se précipita toute à la fois, comme d’un accord unanime, vers le repaire des moineaux. En quelques secondes elle en boucha toutes les issues avec une masse de terre assez considérable.

Fières de cet exploit, assurées de la mort des parasites incommodes qui s'étaient em— :perés de leurs nids, elles poussèrent des cris [aigus et continuels comme pour célébrer |leur victoire. Quelques instants après, ces oi— |seaux avaient tons disparu autour des tom— {beaux où ils avaient enfermé les imprudents |moineaux.

Quelques jours après, le même M. de Tarragon s'empara de l'un de ces nids pour i’observer. [l reimarqua que la masse de terre qui en fermait l'ouverture avait à peu près la forme et Ja grosseur d'un petit œuf de poule. Les deux bouts ressortaient en dehors

(1) Echo du monde savant. Paris, 28 décembre 1843, n° 5r.

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