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pendant deux passages par année, en automne et au printemps. Elle niche parmi nous, et place son nid soit dans les vieux édifices, soit dans les fentes des rochers, soit enfin dans les bois. Elle est donc à Ja fois, dans les provinces méridionales de la France, sédentaire et émigrante; car ses passages sont aussi constants que périodiques.
L'émerillon, originaire de l'Allemagne et dela France, se montre rarement en Hollande.
Il arrive dans lemidi vers le milieu du mois d'octobre, et quitte cette contrée an printemps. D’après de pareilles habitudes, l'émerillon ne niche point parmi nous, et rentre dans les espèces émigrantes.
L'hobereau est assez commun dans plusieurs parties de l’Europe, et particulièrement en France, où il vit dans le voisinage des bois et des champs. Cet oiseau niche dans les provinces méridionales de la France, et place son nid sur les arbres de haute futaie.
Le faucon pèlerin, assez commun en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en France, est rare en Suisse. Néanmoins il étend fort loin ses voyages, etle nom qu'il porte lui a été donné à raison de ses habitudes. C’est en automne qu'il abandonne les montagnes pour entreprendre ses courses vagabondes. Il paraît nicher, dans le midi de la France, dans les trous des rochers, et rarement sur lesarbres. Comme les excursions de cette espèce ne paraissent avoir aucune régularité, elle rentre dans la classe des oiseaux erratiques.
Cet oiseau habite les Alpes de la Suisse, les montagnes du Tyrol et de la Hongrie, et se montre rarement en Allemagne , en France et dans les Pyrénées. Il est commun au contraire en Egypte , où il niche probablement, ce qu'il ne fait point dans les provinces méridionales de la France. La connaissance de cet oiseau comme une espèce qui visite ces contrées ne nous a été donnée que par la capture de quelques jeunes individus.
Le catharte fréquente principalement l'Afrique et le midi de l'Europe. Il se montre dans le midi de la France dès les premiers jours du mois d'avril. 1] paraît même y nicher et y être dès lors sédentaire. L'alimoche se tient de préférence sur les hautes montagnes et les rochers les plus inaccessibles pour y passer Ja belle saison et s'y reproduire. Cet oiseau niche dans les antres des
ORDRES. GENRES ET ESPÈCES
Rapaces.
9° Vautours.
Vautour (vultur Illiger).
Vautour griffon (oultur fulvus Linn.).
ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX
rochers, choïsissant les points les plus escarpés, où il vit solitaire. D'après la régularité de ses passages, il doit être compris parmi les espèces émigrantes, ainsi que le vautour-grifion.
Le vautour griffon paraît nous venir d'Afrique au printemps ; il est cependaut sédentaire daus le midi de la France, et se trouve en assez graud nombre sur les hautes montagnes des Cévennes. Les passages de ces oiseaux ont lieu du 15 au 20 mars, soit en Sicile, soit en Italie, soit dans le midi de la France ; ils arrivent tous de la Méditerranée , venant probablement d'Afrique, ainsi que nous l’avons déjà fait observer.
Ce qu'il y a de singulier, les individus qui ont été tués dans les plaines de nos contrées étaient tous des mâles et ont été rencontrés dans les mêmes lieux. Peut-être y cherchaiïent-ils des femelles de leur espèce qui leur manquaïient.
Ces vautours sont très-communs dans les Alpes, les Pyrénées et les Cévennes, ainsi que dans les autres montagnes de l'Europe et de l'Afrique, où ils paraissent vivre en grandes troupes. Ils volent généralement très-haut, rsais leur vol n’est pas soutenu ; aussi re franchissent-ils pas de grandes distances horizontales. On dirait que les oiseaux qui planent dans les régions élevées sont moins propres à parcourir de grands espaces que ceux dont le vol bas est aussi par cela même plus continu et plus prolongé.
Le condor (vullur gryphus), qui s'élève au-dessus du Chimborazzo, dans la chaîne des Andes, à plus de huit mille mètres de hau— teur , quitte peu le voisinage de cette montagne et ne s’en éloigne guère. Si l’on compare les habitudes de cet oiseau, qui dans un instant parcourt en ligne verticale une aussi grande étendue, en supportant une différence de pression de 0m,325 à 0m,756, avec celles des canards répandus dans toutes les parties du globe , on saisira facileme:t que les oiseaux de haut vol ne sont pas toujours les meïlleurs voiliers et ceux dont les migrations sont les plus étendues. En efr:t le condor, l'espèce qui s'élève le plus haut, ne paraît pas abandonner les contrées qui l'ont vu naître. On ne l’a pas encore trouvé ailleurs que sur les hautes cimes des Andes, où il semble se complaire, et se précipiter de toute leur élévation sur les quadrupèdes qui paissent dans les vallées profondes des Cordillères. Quant au vautour griffon (vultur fulvus), il est plus commun au printemps dans le midi de la France que dans aucune autre saison de l’année. Alors ils se réunissent en grandes troupes ; toujours af-
ORDRES
Rapaces.
90 Vautours.
do oO
GENRES ET ESPÈCES
Vautour arrian
( vultur Linn.).
cinereus
ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX
EEE
famés, ces oïseaux se jettent plusieurs ensemble sur les charognes, ou sur les petits mammifères, ou les reptiles, qu’ils ont aperçus du haut des airs. Cette espèce niche sur les hautes montagnes des Cévennes, de la Lozère et de l'Aveyron,
Ce vautour habite les hautes montagnes et les vastes forêts de la Hongrie, du Tyrol, de la Suisse , des Pyrénées, du midi de l’Espague et de l'Italie. Au printemps il visite assez souvent le midi de la France, maïs accidentellement. Cet oiseau ne niche jamais dans les contrées méridionales de la France.
Un fait remarquable qui prouve à quelle distance les oiseaux étendent leurs migrations, est celui qui a été rapporté dans le no 639 (mercredi 9 juin 1841) de l'Echo du monde savant. M. Morel, membre du conseil municipal de Saint-Sixte (Loire), a apporté à M. d’Allard un loricou grand vautour d’Afrique (vullur auricularis Daud.), qu'il venait de tuer. Cet oïseau se rapportait à une femelle. Il pesait près de huit kilogrammes , et ses ailes offraient un dévelop pement de deux mètres soixante centimètres d'envergure.
Au moment où il a été tué, il était en compagnie d'un autre gros oiseau, qui pourrait bien être le mâle. Du reste le loricou ne paraît pas jusqu'à cette époque avoir été observé en France; ce qui est peu étonnant, les vautours voyageant généralement fort peu , quoique l’on observe dans ce genre plusieurs espèces émigrantes.