‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 53 sur 117 · ADDITION A L'ARTICLE DES OISEAUX PALMIPÈDES · texte numérisé non relu

ADDITION A L'ARTICLE DES OISEAUX PALMIPÈDES

Nous ferons à la fin de ces tableaux quelques remarques relatives à des oiseaux palmipèdes, qui n’ont pas pu être placées à leur véritable rang et que nous avons été forcé de renvoyer à ce moment,

Palmipèdes.

Plusieurs îles, et parmi elles on peut nommer les Hébrides, ont cette particularité de ne présenter aucun mammifère à l’état sauvage et fort peu d'oiseaux de terre. Cependant ces mêmes îles se font remarquer par l'affluence continuelle des myriades d'oiseaux de mer qui y nichent.

Les rochers du rivage en sont totalement couverts ; leurs bandes obscurcissent l'air, et la terre en fourmille à une grande distance.

Le plus remarquable de ces oiseaux, le pétrel gris blanc (procellaria glacialis), y bàtit son nid sur les rebords gazonnés des rochers qui surplombent la côte ; chaque saillie

ORDRES: GENRES ET ESPÈCES

RENE SACS | PSE PSE

Palmipèdes.

ÉPOQUES DES PASSAGES DES OISEAUX

du rocher est recouverte de ces nids qui ne sont guère qu'une légère excavation dans le gazon, dont le fond est garni d'herbes marines sèches. Le pétrel n’y dépose qu’un œuf d’un blanc de neige, que cet oiseau remplace bientôt lorsqu'il lui a été enlevé.

Cet oïseau vole très-vite, et rase de trèsprès la surface de la mer. Il semble toujours en mouvement , et vole en décrivant de grands cercles près des précipices qu'il habite, et en suivant toujours la même direction, apparemment pour.éviter la confusion qui résulterait , pour une multitude si immense, de tout mouvement individuel irrégulier. Il ve pousse aucun cri, même lorsqu'on enlève ses œufs ; mais, si on vient à le saïsir, il se défend avec vigueur à coups de bec.

Le fou blanc (s{ulla alba) est un des oiseaux les plus abondants et les plus utiles qui habitent Saint-Kilda. Ces oïseaux vont chaque matin pêcher à d'immenses distances, jusqu'à quatre-vingt-dix milles, et reviennent chaque soir. La vigueur avec laquelle cet oïseau plonge dans la mer à la poursuite du poisson est incroyable. Un de ces oiseaux passant au-dessus d’un bateau ouvert revenant de Saint-Kilda à Harris, et an fond duquel se trouvaient quelques harengs, plongea tout à coup avec une telle force que son bec perça les planches du bateau.

Cet oiseau niche seul etsans se mélanger avec d’autres espèces sur les rochers escarpés qui de loin semblent recouverts de neige. La nature et la position de leur habitation en rend la chasse encore plus périlleuse et plus difficile que celle du pétrel; aussi le moyen le plus sûr pour le saisir est de le surprendre endormi et gorgé de poissons à la surface de la mer. On se sert pour cela d’un bateau à voile, et l’on évite de faire le moindre bruit, afin de ne point le réveiller.

Les macareux (mormon arclicws) nichent dans les cavités des rochers ou dans des trous qu'ils y creusent. Ces oïseaux volent et se posent en masses si serrées sur les rochers da Saint - Kilda, que l’on en abat souvent une douzaine et. même une vingtaine d’un seul coup de fusil, Aussi forment-ils la principale nourriture des habitants de Saint -— Kilda pendant l'été.

Ceci n’empêche pas que le macareux, dont la taille égale celle des pigeons, ne niche quelquefois sur les côtes escarpées de l’Angleterre, et n’abonde en hiver sur les côtes de la Manche.

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Nous croyons utile d'ajouter au tableau précédent l'indication des temps moyens de l’époque de l’apparition de certains oiseaux, soit en France, soit en Angleterre. Nous y ajouterons encore la date précise à laquelle ont été capturées dans le midi de la France certaines espèces qui n’y passent que d’une manière accidentelle.

Les nombres indiqués dans nos tableaux ne se rapportent pas à toutes les régions ; ils ne sont pas même constants pour le midi de la France auquel ils se réfèrent. Les passages annuels des oiseaux ont une aussi grande régularité que les saisons ; ils n’en suivent pas moins les variations. Aïnsi les hirondelles quittent les contrées méridionales en septembre, mais il est des années où l’on en voit encore en décembre. C’est ce qui est arrivé en 1843.

Ces tableaux montrent combien, à part quelques années exceptionnelles, les passages des oiseaux sont réguliers. Mais, pour leur donner l’importance qu'ils ont réellement, il faudrait pouvoir en dresser pour un grand nombre de contrées, afin de résumer toutes les observations dans un tableau général. On concevrait alors beaucoup mieux l’un des plus curieux

phénomènes de la nature.

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