‹ Des causes des migrations des divers animaux et particulièrement des oiseaux et des poissonsChapitre 89 sur 117 · I PE · texte numérisé non relu

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GENRES ET ESPÈCES

ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS

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les profondeurs des mers où il est impossible de les découvrir. Elles y déposent leur frai à la fin de février et en mars.

Lorsque les anguilles remontent dans cer-

taines rivières comme, par exemple, dans le Rhône, elles y sont parfois en si grand nombre, que leur traînée ressemble assez bien à de longs cordons noirs. La quantité en est pour lors si considérable que les eaux en paraissent comme noircies. On les connaît sous le nom de bouirons dans le midi de la France. C'est surtout vers la fin de février et de mars que paraissent ces longs cordons de petites anguilles. 4 D'après les observations de M. de Joannis, lieutenant de vaisseau, les anguilles seraient réellement vivipares, ainsi qu’on l'a généralement admis. Ces poissons voyagent dans les courants d’eau souterrains, ce qui est confirmé par l'observation des anguilles retirées des puits artésiens ; aussi peuvent-ils passer d’un réservoir à un autre. Le frai est à peu près constamment déposé à la mer par les anguilles, Les petits qui en proviennent remontent de très-bonne heure le eourant des fleuves et des rivières. Du reste ces jeunes anguilles grossissent rapidement, et la gestation des femelles qui a produit le frai dont elles sont provenues est très-courte.

Quant aux anguilles électriques qui vivent dans la baïe de Honduras, dans l’Amazone et les eaux stagnantes de l'Amérique du Sud, et qui ont été décrites par Cuvier et M. de Humboldt, elles paraissent, du moins d’après les observations de M. le docteur Backmann, appartenir aux eaux douces. Cependant M. Porter, ayant montré à la société zoologique de Londres un individu vivant de ces anguilles, assure qu'il n’est pas rare de les rencontrer à cinquante milles en mer à Charleston. Il paraît donc probable qu'il en est de ces poissons comme des espèces européennes, c'est-à-dire qu’ils se rendent à la mer pour y déposer leur frai; ils retournent ensuite dans les fleuves et les rivières où ils font leur séjour habituel.

Un des faits les plus singuliers de leur histoire tient au changement sensible de couleur que prend leur peau à l'époque du frai, à la fin de février ou dans le courant de mars. Les pêcheurs des lacs de Sui:se admettent, d’après M. Agassiz, cet embellissement de la robe de ces poissons, qu’on pourrait appeler la robe nuptiale. Les an— guilles présenteraient donc un fait analogue à celui qui se produit chez Ja plupart des animaux. Cette coloration tiendrait donc à un état qui dispose à la reproduction.

Les anguilles paraissent devenir coureuses dañs les mois de février et de mars; aussi

ORDRES

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