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Subbranchiens.
France vers la mi-octobre ; ils y demeurent
.[presque jusqu’à la fin de l’année.
Les harengs commencent à se montrer au mois d’avril et de mai dans les eaux qui entourent les îles Shetland; ce n’est que vers la fin de juin ou de juillet qu'ils s'y trouvent en nombre immense.
On suppose que ces poissons se réfugient habituellement vers les contrées du Nord.
Commeilss’y multiplient extraordinairement, ils sont forcés, par suite de leur nombre, d’envoyer des colonies dans d’autres parages. Ces immenses peuplades des habitants des eaux, en sortant des mers du Nord, s'étendent sur une largeur de plusieurs milles. De nombreux ennemis qu'elles rencontrent sur leur route les forcent de se partager en plusieurs divisions, qui toutes sont guidées par des chefs.
Les harengs qui font partie de l’aile droite de cette petite armée se portent sur les côtes d'Islande, où ils arrivent au mois de mars; ils se dirigent alors du côté de l'accident et parviennent ainsi à Terre-Neuve.
Les autres au contraire prennent leur route vers le sud, et se partagent en deux colonnes. L'une descend vers les côtes de Norwége, dans la Baltique, le Sund et le Belt; l’autre passe à l'occident vers les îles Orcades et l’Hutland. Là cette dernière colonne se partage encore; une partie se dirige vers l'Irlande et l’Ecosse, fait le tour de ces îles, entre dans la mer d’Espagne et va gagner les côtes des Pays - Bas. L'autre division de ces innombrables poissons suit les côtes orientales de l’Ecosse, de l'Angleterre et de la France, et rentre dans la mer du Nord où les deux colonnes se réunissent,
Des légions moins nombreuses parcourent les côtes de la France, du Brabant, de la Flandre, de la Hollande, de la Frise, de la Zélande. Les autres se portent sur les côtes du Holstein, de la Poméranie, de la Suède, du Danemark et de la Livonie. Enfin, après avoir parcouru successivement ces diverses contrées, où ils ne séjournent qu’autant qu'ils y trouvent une nourriture abondante, ils se réunissent tous dans la mer du Nord, et disparaissent totalement. Ces poissons s’enfoncent pour lors dans les profondeurs de l'Océan.
La route que suivent les harengs dansleurs longues migrations est assez compliquée, et par cela même elle est assez difficile à saisir, La marche tortueuse etsingulière que suivent ces poissons tient probablement à leur nombre réellement excessif et prodigieux, ainsi qu'il est facile d’en juger parla consommation qui s’en fait en Europe. En effet, on en prend des quantités extrêmement considérables sur les côtes de la Norwége et de la Poméranie suédoise depuis le mois de janvier jusqu'en mars,
ORDRES. GENRFS ET ESPÈCES.| ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
Il].
Subbranchiens.
et un peu plus tard en Hollande, enfin en Angleterre et en France vers la fin du printemps et au commencement de l'été. On en pêche également un grand nombre depuis le mois d'octobre jusqu'en décembre. Il est seulement beaucoup moins grand sur les côtes de l'Islande par la raison toute simple que ces poissons ne s’y arrêtent pas. Ils sont pour lors presqu’au commencement de leurs excursions.
Les migrations périodiques des harengs, comme celles qu'exécutent tant d’autres espèces, paraissent déterminées par un instinct impérieux dirigé jusqu'à un certain point par le besoin de se reproduire autant que par l'effet de toute autre circonstance. Indépendamment de ce désir de perpétuer leur race, désir inné chez tous les animaux, un instinct non moins puissant les porte à se livrer, à des époques fixeset déterminées, à des migrations très-étendues dont peu de poissons nous donnent des exemples aussi remarqua-— bles. Il est si impérieux, que le hareng est particulièrement fameux sous ce rapport, quoiqu'il ne paraisse guère pénétrer dans la Méditerranée.
On ignore toutefois, ainsi que notre carte pourra le faire juger, jusqu'où il les étend à travers l'Océan Atlantique. On n’en à pas jusqu'à présent découvert de traces dans l'hémisphère austral au delà des côtes qui bordent la terre de Labrador.
Il est probable cependant qu'il ne s'y arrête point, et que ses tribus portent leurs excursions bien au delà. Nous attendrons de nouvelles observations pour être certain de ce point de fait. Nous n'en dirons pas davantage sur les voyages qui ont rendu le hareng si fameux, puisque nous devons y revenir lors de l'explication de la earte destinée à donner uneidée complète de l'étendue de ses voyages.
Alose ( clupea| Les aloses sont des poissons des ne qui, : comme les anguilles, remontent fort avant alosa Linn.). dans les RE Leurs migrations ont lieu principalement au printemps. Elles prennent dans les eaux douces un goût exquis; car celles des mers sont sèches et coriaces. Il n'est done pas étonnant que les aloses du Rhône soient meilleures que celles de la Mé— diterranée. Lorsque ces poissons sont remis üe la maladie que leur occasionne le frai, on les voit retourner à la mer en troupes plus ou moins nombreuses.
Les aloses déposent leur frai dans ies eaux douces. Lorsque les petits qui en proviennent sont environ de la grosseur du doigt, on les voit descendre les rivières et se rendre ainsi en troupes plus où moins nombreuses à la mer. On les reconnaît fa-
ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
Ill cilement à leurs sauts multipliés. Elles s'ére lèvent ainsi au-dessus des eaux, afin d'y sai- Subbranchiens. sir les cousins, les tipules et les autres petits
insectes qui y volent continuellement. De pareilles habitudes leur sont communes avec les jeunes lamproies, qui s’élancent aussi au dehors de l’eau des fleuves lorsque le temps est calme et le vent au sud. Ces poissons se livrent peu à ce#manége si le vent est au nord, les cousins volant pour lors en petit nombre.
Les espèces vivantes se font donc une guerre continuelle ; il se pourrait que, dans les vues de la nature, les jeunes lamproies et les jeunes aloses fussent destinées à empêcher une trop grande propagation des tipules, des cousins et d’une foule d’autres insectes qui pullulent à la surface des eaux.
Quoi qu’il en soit, ces poissons quittent les mers vers la fin de mai ou au commencement de juin. Ils remontent pour lors dans les rivières où ils vont frayer. Les aloses exécutent ces voyages en colonnes serrées et nombreuses. Lorsqu'elles aperçoivent les filets qui s'opposent à leur marche, elles s'élancent avec force contre cet obstacle, les percent en mille points différents, et continuent ensuite leur marche. Lorsque les pêcheurs voient cette petite armée s'avancer en toute hâte contre leurs filets, ils les élèvent brusquement et en prennent souvent une fort grande quantité, lorsqu'ils sont lestes. Les lamproies ne sont pas cependant aussi redoutables, relativement aux filets qu'on leur tend, que les aloses, dont la promptitude et la vivacité des mouvements sont extrêmes.
Le retour de ces poissons vers la mer a lieu au milieu ou à la fiu de septembre. Il en est de même de ceux qui sont éclos dans l'année. Leurs passages paraissent plus considérables lorsque les eaux sont claires que lorsqu'elles ont été troublées par une cause quelconque, comme par exemple un vrage.
Turbot (rhombus vulgaris).
Cette espèce se fait remarquer sur les côtes dn midi de la France par ses habitudes sédentaires. Elle s’y trouve à peu près constamment et ne les abandonne guère que l'hiver. Elle s'enfonce pendant les grands froids dans les profondeurs des eaux.
Morue proprement dite, ou ca- Lbéliau (gadus morhua Linn.).
Cette espèce se distingue, comme la précédente, par ses habitudes sédentaires. Elle paraît du moins ne jamais abandonner les mers des régions septentrionales où elles se multiplient tellement que des flottes entières s'y rendent chaque année pour la sécher, la saler et la distribuer à l'Europe entière. Ce poisson peut être cité comne l'exemple le plus remarquable d’une extrême fécondité.