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ORDRES
GENRES ET ESPÈCES
ÉPOQUES DFS l'ASSAGES DES POISSONS.
Subbranchiens.
Abdominaux.
Merlan (gadus merlangus Linn.).
Lotte commune ou de rivière (gadus lotta Lin.).
Carpe vulgaire (cyprinus carpio Linn.).
S'il est des oiseaux sédentaires, il est également des poissons dont les habitudes sont les mêmes, et qui, malgré leur fécondité, ne quittent presque jamais les lieux où ils ont pris naissance.On peut citer spécialement la morue proprement dite ou cabéliau (gadus morhua Linn.). Ce poisson abandonne peu les mers du Nord, malgré les flottes nombreuses qui se rendent dans les parages septentrionaux pour la pêche, et les quantités immenses que l’on en prend chaque année.
Aussi, d’après de pareilles habitudes, les pécheurs du littoral de la Bretagne ont été fort étonnés d'en voir arriver une assez grande quantité en 1842. Cette espèce aurait-elle été attirée sur les côtes de la Manche parle nom-— bre des harengs qui y ont paru en même temps? Cela est d'autant plus probable que certaines races sédentaires émigrent aussi quelquefois par l’effet de circonstances accidentelles.
Le merlan, peut-être le poisson le plus abondant de la Méditerranée, paraît moins commun dans l'Océan. Il séjourne à peu près constamment sur les côtes du midi de la France. Il n’en est chassé que par de grands froids. Probablement alors il subit la loi commune, et s'enfonce, comme les autres espèces, dans la profondeur des eaux dont la température est généralement plus élevée.
Ce poisson, remarquable par la ténacité de sa vie, est le seul de ce genre qui remonte très-avant dans les eaux douces. Suivant Jurine il fraye en février, tandis que d’après Bloch c'est en décembre ou en janvier qu'il jetterait son frai. On juge aisément que ces deux ichthyologistes, ayant parlé de climats différents, ont bien pu assigner des époques diverses à la reproduction de ce poisson : car, relativement à cette fonction, on peut dire qu'il n’y a rien d’absolu, du moins re lativement à l'époque à laquelle elle s'exerce.
La carpe vit dans]la plupart des lacs et des rivières des régions tempérées. Elle s'y tient de préférence dans les fonds vaseux. On la trouve même jusque dans les étangs salés.
Cette espèce paraît peu se déplacer. On ne la voit pas du moins émigrer d'une contrée dans une autre. Elle dépose son frai, dans le midi de la France, pendant le mois de février. Lorsque ses œufs sont privés d'eau, peu de temps après avoir été pondus, ils peuvent rester plusieurs années exposés au soleil sans perdre la faculté d'éclore.
On voit donc sortir de ces œufs de petits carpillons dès que quelques gouttes d’eau viennent les humecter.
Les carpes peuvent vivre assez longtemps
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Ne ET ESPÈCES.
ORDRES
Abdominaux,
Goujon (cyprinus gobio Linn.).
Tanche (cyprinus tima Linn.).
Rosse ou van— geron (cyprinus rutilus Linn.).
ÉPOQUES DES PASSAGFS DES POISSONS, RE RSR
hors de l’eau. On les fait facilement voyager en vie pendant plusieurs jours en mettant un quartier de pomme ou de citron dans leurs branchies , et ayant le soin d'y jeter de temps en temps un peu d'eau. Les Anglais sont parvenus à les engraisser en les tenant suspendues dans des caves et placées dans des filets. On les nourrit pour lors avec du pain, et on les arrose de temps à autre avec de l’eau. Pour mieux les engraisser on les chätre ou on leur enlève leurs ovaires, opérations qui réussissent très-bien et ont le plus ordinairement l'effet que l’on en attend.
Cette espèce vit dans les lacs ou dans les rivières. Quant aux goujons qui fréquentent les lacs d’eau douce, ils les quittent au printemps. En effet ils remontent dans les rivières vers le mois de mai. Ils préfèrent les fonds sableux des fleuves, et déposent leur frai, à l'exemple des carpes, dans les lieux où il y a peu d’eau, Ces poissons se nourrissent prin— cipalement d'insectes, de petits mollusques et des vers qui, comme eux, se trouvent dans les eaux. Ils paraissent voyager en petites troupes, et se plaire les uns avec les autres. On les voit peu isolés, et l’on est presque assuré d'en prendre plusieurs à la fois.
Quant à l’époque où cette espèce dépose son frai, elle paraît, du moins dans les régions tempérées, se prolonger depuis le mois de mai jusqu’à la fin de juin.
La tanche habite les eaux stagnantes et tranquilles. Elle préfère surtout les fonds vaseux. Pronostiquant les orages, ces poissons s'élèvent à la surface des eaux lorsqu'ils prévoient la tempête, qu'ils devinent en quelque sorte par suite d’un instinct particulier. D'un autre côté, ils annoncent le retour du beau temps par leurs sauts multipliés au dehors de l’eau. En hiver, les tanches s’enfoncent et s’enterrent dans la vase, où elles déposent leurs œufs vers la fin de mai ou de juin, ou autour des plantes des marais. Ce poisson se fait encore remarquer par son extrême fécondité. D'après de pareïlles habitudes il doit être classé parmi les espèces les plus sédentaires qui ne se livrent jamais à des migrations lointaines ou à des voyages de longs cours.
La rosse habite les lacs et les grandes rivières des contrées tempérées. En été, elle choisit de préférence l'embouchure des fleuves, tandis qu'en hiver, elle se retire dans la profondeur deseaux.Cette espèce fraye au mois d'avril ou au commencement de mai. Elle ne paraît pas 5e livrer à des migrations comme tant d'autres espèces.
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