AIT
ORDRES. GENRES ET ESPÈCES. ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
Il n’y a cependant qu’une différence de 4 degrés de longitude entre l'Irlande et l’'Angleterre. L'aspect physique de ces deux contrées est presque le même, quoique l'élévation un pen plus considérable de terres en Irlande puisse expliquer la présence du ptarmigan (tetrao lagopus) et du lièvre des Alpes ({epus variabilis).
l'influence du climat ne peut guère être sensible entre l'Irlande et l'Angleterre, car la différence entre leurs températures n'est pas assez grande pour attirer ou repousser des espèces.
Cependant quelques faits sembleraient le faire présumer. Aïnsi l’hermine ( mustela erminea) change rarement de fourrure en Irlande. Les oiseaux dont les migrations sont périodiques dans le nord de la Grande-Bretagne sont sédentaires en Irlande; la caille tperdix coturnix) en est un exemple.
De même des oiseaux qui se taisent l’hifer en Angleterre chantent toute l’année en Irlande. Ces faits et l'absence dé beaucoup de poissons et de mammifères que l’on découvre en Irlande semblent annoncer que, quoique les deux températures ne soient pas extrêmement différentes entre les deux contrées, elles ne sont pourtant pas sans quelque influence.
Eufin les moineaux, l'oiseau le plus sédentaire du continent, paraissent émigrer tous ensemble du comté de Ross en Irlande, et y retourner à des jours fixes pendant plusieurs années. On a également constaté, depuis 1684, des migrations d'oies sauvages de la baronnie de Forth, dans le comté de Wexford.
Nous ferons enfin observer que la Nouvelle- Zemble ne présente qu’un petit nombre de poissons qui ne paraissent pas se livrer à des migrations soit périodiques soit accidentelles. On assure qu’il en est de même dans toutes les régions du Nord. Du moins Scoresby ne compte que quatre espèces de poissons au Spitzberg et sur ses côtes.
M. Baer en a observé dix dans la Nouvelle- Zemble, parmi lesquelles on peut citer la truite des montagnes (salmo alpinus). Cette espèce remonte l’automne dans les lacs élevés, et l'on en pêche pour l'exportation des quantitésimmenses qui sont ensuite distribuées par le commerce dans diverses parties de l'Europe.
Abdominaux.
Truiles (trutlu). Les truites, qui appartiennent au grand genre saumon, tel du moins que l'avait circonscrit Linné, ont des habitudes très-analogues à celles des saumons, surtout la truite saumonée. Celle-ci, comme le saumon com-
un, abandonne le bassin des mers pour re— monter les rivières jusque dans les hautes
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Abdominaux.
GENRES ET ESPÈCES
ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
La truite ordinaire (salmo fario Linn.).
montagnes où elles recherchent particulièrement les eaux les plus vives et les plus claires comme la truite ordinaire. Le départ de ces truites saumonées à toujours lieu au commencernent du printemps, à peu près à la même époque que les saumons, avec lesquels elles ont quelques rapports à raison de la couleur de leur chair. Cependant, lorsque des ruisseaux d’eau vive se jettent dans la mer, les truites ne sont pas obligées pour lors de remonter les fleuves ou les rivières. Elles s’y arrêtent donc; ces ruisseaux paraissent fournir les truites dont la chair est la plusestimée. Les poissons qui pendant un certain temps de l’année vivent dans la mer, et pendant d’autres moments remontent les fleuves et les rivières, acquièrent dans ces dernières eaux un goût plus délicieux. C’est particuliè— rement ce que l’on remarque chez les aloses, ainsi que nous l’avons déjà fait observer.
La truite ordinaire n’est pas moins célèbre par ses migrations que le saumon avec lequel elle a tant de rapports. Lorsque ce poisson est parvenu à une certaine grosseur, il paraît éprouver, comme les jeunes saumons, l'im— périeuse nécessité d'abandonner les lieux qui l'ont vu naître. Ce besoin tient aux conditions nouvelles de leur existence qui exigent des eaux plus fraîches ou une nourriture plus abondante et plus appropriée à leurs appétits toujours croissants. Elles recherchent, comme les saumons, les eaux vives et courantes, et remontent, à l’époque du frai, les rivières et les torrents avec non moins d’adresse que d’agilité. Elles les redescendent ensuite lorsqu'elles ont déposé leurs œufs.
Il est curieux d'observer combien est merveilleux l'instinct de ces animaux qui les porte à s’aider dans leurs voyages des effets du frottement de l’eau sur les côtés et le fond des rivières. x
Les truites aiment à se tenir dans les eaux courantes ; pour y rester, elles sont souvent forcées d'employer toute leur vigueur pour résister à la violence du courant; sans leur force motrice et leur énergie, il les entrainerait souvent fort loin des lieux où elles se plaisent et qui conviennent à leurs conditions d'existence.
Lorsque le volume et la vitesse des rivières sont augmentés considérablement par les pluies, ces poissons comprennent qu'ils seront obligés de céder à leur force impulsive. Elles se rapprochent donc pour lors de leur fond ou de leurs côtés. Là ils retrouvent la vitesse ordinaire du courant, et n'ont plus d'autre effort musculaire à faire que celui qu’ils exercent habituellement.
Sans le ralentissement que le courant des fleuves éprouve généralement par l'effet du
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