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ORDRES: GENRES ET ESPÈCES. ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
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IV. marquer par leur grande agilité ; ce que nous Abdominaux. avons dit du chemin qu’ils parcourent dans l'intervalle d'une heure en est une preuve assez frappante pour ne pas insister davau-
tage à cet égard.
Les côtes de la Méditerranée n'ont pas auprès d’elles de grands lacs d’eau douce. On remarque que les torrents et les fleuves qui s’y rendent sont généralement peu poissonneux. Ces différents cours d’eau entrainent avec eux une grande quantité de cailloux roulés, et d'ailleurs leur rapidité est trop considérable. Aussi ne donnent-ils lieu qu'à un petit nombre d'observations intéressantes, vu le peu de poissons qui s’y trouvent.
Les saumons communs, comme les autres espèces de ce genre, et entre autres la truite, ne sont point arrêtés dans leur course par les digues ou les cascades qui se trouvent sur leurs passages. Ils savent toujours les franchir en s'appuyant sur un rocher, et en redressant tout à coup avec violence leur corps courbé en arc. Ils s'élancent ainsi hors de l’eau, sautent avec prestesse et s'élèvent jusqu’à douze eu quiuze pieds de hauteur. Parvenus à cette élévatiow, ils retombent ensuite le plus souvent au delà de l’obstacle qui arrêtait leur marche. -
Après l'avoir franchi, on les voit continuer leur route et remonter les rivières jusque vers leurs sources, où leur instinct les guide pour y chercher un fond de sable et de gravier propre à y déposer leurs œufs. Lorsqu'ils ont opéré leur ponte, ces poissons, maigres et aflaiblis, redescendent en automne vers l'embouchure des fleuves et vont passer l’hiver dans la mer.
Quant à leurs œufs, la femelle les dépose dans des lieux où les eaux sont tranquilies, et dans des creux qu'elle fait dans le sable. C’est là où le male va ensuite les féconder.
Les jeunes saumons qui en proviennent grandissent promptement, et tardent peu à abandonner le haut des rivières pour gagner la mer, qu’ils quittent ensuite vers le milieu de l’été qui suit leur naissance.Ces poissons, guidés par le même instinct qui dirige un grand nombre d'oiseaux, reviennent chaque année dans les parages qu'ils ont choisis.
Du moins d’après Deslandes, douze saumons auxquels il avait attaché un anneau de cuivre à la queue, et qu'il avait ensuite jetés dans la grotte d’Auzou en Bretagne, y revinrent ensuite successivement. Parmi ces douze saumons cinq furent repris dans le même lieu l’année suivante, trois la seconde et trois l’année d’après. S'il en est ainsi, nul doute que certains poissons ne reviennent les années subséquentes dans les
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IV. lieux qu’ils s'étaient choisis primitivement, à : peu près comme le font un grand nombre Abdominaurx. otconunes
Le saumon se trouve non-seulement dans les mers des régions tempérées, mais il est également très-abondant dans les mers arctiques, d’où il entre en grandes troupes dans les rivières, principalement au printemps. Aussi la pêche du saumon est très-importante dans les pays septentrionaux; c'est du moins de ces contrées que nous viennent ces quantités considérables de saumons fumés et salés qui se distribuent dans les diverses parties de l'Europe.
Nous avons fait saisir l'harmonie qui existe entre l'organisation et les habitudes des animaux. L'organisation des salmonidés, famille de poissons qui se distingue d'une manière essentielle par leurs migrations constantes et périodiques, le démontre d’une manière manifeste.
Les nerfs du tact chez ces poissons sont extrêmement petits, aussi ce sens est-il chez eux à peu près nul. On peut les toucher sans qu'ils s’en aperçoivent. Mais, comme ils ont besoin d’avoir une vue très-étendue, l’organe de la vision y est très-développé; ce sens est doué chez eux d’une grande puissance. Il n’en est pas ainsi de l'organe de l’ouïe ; il ne paraît pas disposé pour percevoir les vibrations de l'air. Cependant son oreille est affectée par les ébranlements de l'eau; car si elle est agitée à une grande distance, le saumon manifeste de suite ses craintes par ses mouvements brusques et précipités.
Il se pourrait que cette transmission eût lieu par l'intermédiaire de la peau, si cet or— gane recevait des nerfs nombreux; comme il en est différemment, il faut croire que cette impression leur est plutôt donnée par l'organe de l'ouïe.
La vue est si fine et si étendue chez les poissons, que les sauvages, qui le savent fort bien, les attirent en allumant des feux sur les rivages. C'est ce que pratiquent particulièrement les Indiens de la Guyane occidentale. Ils prennent de cette manière une grande quantité du phractocephalus bicolor de Schomburgk.
D’après les différentes circonstances qui in fluent sur la distribution des animaux et des plantes, on ne trouve pas dans les îles les mêmes espèces que sur le continent. Ainsi les espèces que l’on découvre en Angleterre ne se trouvent pas en Irlande.
On ne voit pas en Irlande l'erica mediterranea, le mensieizia polyfolia et l'arbutus unedo, que l'on rencontre cependant en Angleterre.