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dans celui du grand Saint-Bernard, qui se trouve à 1,250 toises au-dessus du niveau des mers, et ceux que l’on y dépose y périssent tous plus ou moins promptement.
Les truites frayent ordinairement en septembre et en octobre entre les racines des arbres et les grosses pierres. Lorsqu'’elles sont pleines, leur voracité est extrême, et à tel point qu’elles se dévorent souvent les unes les autres.
On s’est demandé si les fruites nommées truite ordinaire , truite saumonée, truite du lac Léman et de rivière, truite des Alpes, truite fario, truite carpione, constituaient autant d'espèces distinctes et diverses. Jurine, dans son ouvrage sur les poissons du lac de Genève, s'est prononcé fortement pour la négative. Il a soutenu avec toute raison que toutes ces truites ne constituaient qu’une seule et même espèce. Ce qu’il y a de certain, c'est que la truite du lac de Genève (salmo lemanus) ne dépasse jamaïs une certaine longueur, quoiqu'elle acquière le poids de quarante à cinquante livres. On en a vu récemment à Genève de pareilles; mais alors, sans avoir gagné en longueur, elles avaient pris une largeur plus considérable.
Nous avons déjà dit que les truites se distinguaient par la vivacité de leurs mouvements et l’impétuosité avec laquelle elles se meuvent contre les courants. Aussi le nom qu’elles portent dérive du mot érulla, dérivé lui-même de frutlo, qui signifie pousser avec violence. Cette idée convient parfaitement à un poisson toujours prêt à lutteravec courage etadresse contre les obstacles qu'on lui oppose.
La truite saumonée (salmo (rutta Linn.) remonte dans les rivières et les ruisseaux ?
d’eau claire qui se jettent immédiatementdans la mer ; leur chair est la plus estimée. Les® eaux vives et limpides sont tellement l'habitation des truites que les espèces de cegenredeviennent d'autant plus nombreuses qu’on se rapproche des montagnes. Outre la truite saumonée et la truite ordinaire, les grands lacs des Alpes nourrissent le huche (salmo hucho Linn.) et la truite de montagne (sa/mo Alpinus Linn.). Cette dernière se trouve même sur le mont Céuis, au pied des neiges perpétuelles.
Ces poissons sont invinciblement attachés aux eaux froides qui les ont vus naître ; aussi est-il à peu près impo:sible de les transporter ailleurs. Du moins toutes les tentatives que nous avons faites en 1809 pour y parve-— ir, d'après les ordres qui nous avaient été donnés par l'empereur Napoléon n'ont été suivies d'aucun succès. Aucun sacrifice ni aucune dépense n'avaient été pourtant épar—
ORDRES. GENRES ET ESPÈCES
EN: Abdominaux.
L'ombre commun (salmo thymallus Linn.).
La fera (corregonus fera).
Brochet (esox lucius Linn.).
ÉPOQUES DES PASSAGES DES POISSONS
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gnés, et un chétif poisson s'est moqué en quelque sorte de tout ce qu’il y avait pour lors de plus grand sur la terre. Tout ce que nous avons pu faire à l'égard du huche (sa/mo hucho) a été de faire franchir à ce poisson la distance qui sépare Vienne de Lintz (environ trente-cinq lieues).
L'ombre fraye au mois de mars; ce poisson voyage pour lors en foule par couple monogame. Lorsque les femelles veulent déposer leurs œufs, elles soulèvent les pierres qui se trouvent dans les eaux qu’elles fréquentent et les placent ainsi dans les trous que ces pierres recouvraient. Le male arrose ensuite ces œufs de sa laite immédiatement apres que la femelle les a pondus. C’est ordinairement en juin que les petits éclosent, et se développent avec la plus grande activité.
Cette espèce est encore un poisson de passage. Elle remonte ordinairement les torrents qui descendent des montagnes. Les migrations de ces saumons ont lieu le plus ordinairement vers la fin de février et en mars.
L'hiver on les voit retourner dans les grandes rivières, recherchant cependant, comme la truite et le saumon, les eaux froides, pures et rapides. C'est sur leurs bords caillouteux que la femelle va déposer ses œufs en avril et en mai.
La fera (corregonus fera), le lavaret (corregonus lavaretus), la gravenche (corregonus hiemalis Jurine), comme les autres poissons délicats, meurent promptement quand on les sort de l’eau; ceux-ci ne voyagent pas et ne se livrent jamais à des migrations. On ne peut pas même les transporter d’un lieu dans un autre. Ces espèces sont en quelque sorte les analogues des oiseaux sédentaires.
On les voit bornées à des localités peu diverses et peu distantes les unes des autres.
Toute la différence que présentent ces poissons dans leurs habitations tient à ce qu’on ne les voit jamais rapprochés de la surface des eaux que pendant la belle saison; ils vi— vent le reste de l’année dans les grandes profondeurs des eaux.
Le brochet est un poisson d’eau douce qui fraye, suivant Bloch, en février et en avril ; et, d’après d’autres observateurs, pendant les trois mois du printemps ou au commencement de l'été. Il remonte les rivières trèsavant, et étend souvent ses courses presque jusqu’à leur source. Ce poisson est extrêmement vorace et féroce; aussi le voit-on s’attaquer mutuellement, et devenir tour à tour
{meurtrier ou victime. Il est sujet, comme la