‹ Des causes et du mécanisme du bruit de souffleChapitre 7 sur 17 · partie continue du jet · texte numérisé non relu

partie continue du jet

Éther sulfurique

Ammoniaque liquide. . .

On comprend facilement ce mode d’action d’après ce que nous avons dit de la veine liquide.

Cagniard-Latour s’est également beaucoup occupé de cette question. Voici une de ses expériences qui piou\e combien la densité et la viscosité du liquide interviennent puissamment dans la production du bruit autrement qu’en modifiant la vitesse, puisque ces expériences sont faites, non pas avec un courant de liquide, mais simplement par le choc du liquide dans le petit appareil connu dans la physique sous le nom de marteau hydraulique.

Voici l’expérience de Cagniard-Latour telle que je la trouve dans son mémoire sur la vibration globulaire des liquides (2) -.«Une dissolution de sucre dans l’alcool aqueux m’ayant paru donner le meme son que l’eau, lorsque les deux liquides avaient des densités égales à la température de 10° centigrades, j’ai chauffé jusqu’à 60° les tubes contenant chacun de ces liquides pour voir ce qui en résulterait; les colonnes hydrauliques se sont allongées en se dilatant, comme on le con-

tl) Savart, loc. cit., p. 375.

(2) Cagniard-Latour, Annales pli. ch., t. LVi

coit aisément; mais rallongement de la liqueur alcoolique a été double au moins de celui de l’eau, en même temps le son de la première liqueur est devenu plus g*rave, tandis que celui de l’eau était sensiblement plus aig’u qu’auparavant. » Ainsi donc la viscosité n’ag-it pas seulement en modifiant la vitesse, mais elle ag'it aussi sur la manière de vibrer du liquide.

Le mode d’action de la viscosité est donc multiple. Nous allons chercher à nous en rendre compte. Et d’abord qu’est-ce que la viscosité? On pourrait la définir un certain degré de cohésion entre les molécules d’un liquide, cohésion très -apparente dans certains liquides dits filants. Comment cette propriété va-t-elle s’opposer à la facilité de la circulation ? Depuis les remarquables travaux de Poiseuille, on sait qu’il ne faut pas considérer la circulation du sang- dans les vaisseaux (et des liquides en général dans les tubes) comme une colonne cheminant de front. Cet observateur a très-bien vu que les molécules centrales allaient très-vite, tandis que les plus extérieures étaient presque immobiles ; les couches périphériques, retenues par leur adhérence contre les parois, forment en quelque sorte un cylindre dans l’intérieur duquel circulent plus librement les molécules centrales, et, à leur tour, ces molécules centrales chemineront elles-mêmes d’autant plus facilement que leur adhérence avec la couche périphérique sera moins intime. Voilà pour la vitesse; mais ce n’est pas là, je crois, le principal mode d'action de la viscosité. Reportons-nous aux notions de physique. L’orig'ine première de tous les sons est un mouvement alternatif, intermittent, mouvement produit par l’élasticité du corps réagissant contre une

force , la compression , par exemple ; on comprend dès lors que, plus le corps sera compressible, élastique, plus facilement aussi ce mouvement se produira; c’est ce que Savart a démontré. Mais la conséquence de ce mouvement, c’est un ébranlement de la masse fluide environnante ; ainsi, dans le sifflet, la petite masse de fluide comprimée sur le biseau de l’instrument et réagissant en vertu de son élasticité, voilà le phénomène primordial, l’ébranlement primitif, mais à son tour la masse fluide contenue dans le corps de l’instrument s’ébranle et entre en vibration, voilà le phénomène consécutif. Cette vibration de la masse fluide environnante est très-importante pour la perception du son, c’est en quelque sorte le trait d’union entre notre oreille et l’ébranlement primitif. Eh bien! cette masse fluide environnante ne sera-t-elle pas mise en mouvement d’autant plus facilement que les molécules présenteront entre elles moins de résistance, c’est-à-dire moins de cohésion? En un mot, la] viscosité agirait comme la tension en massant, pour ainsi dire, les molécules les unes contre les autres, et s’opposant ainsi à leur ébranlement.

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