‹ Des caustiques dans le traitement du cancerChapitre 5 sur 23 · I. ULCÈRE CANCÉREUX DE f.A JOUE CAUCUE · texte numérisé non relu

I. ULCÈRE CANCÉREUX DE f.A JOUE CAUCUE

Au mois de janvier 1871, M. C..., voyageur de commerce, âgé de iG ans, demeurant rue de la Fortune, â Bruxelles, vint me consulter pour un ulcère cancéreux

de la joue gauche, de la grandeur d’une pièce de cinq francs et de cinq millimètres de profondeur. Les bords sont durs, calleux, blafards, le fond est sanieux. Cet boinnie a consulté depuis deux ans plusieurs médecins, il a subi divers traitements sans aucun succès. Depuis trois mois il suit un traitement institué à la consultation gratuite des hôpitaux, mais le mal ne fait qu’augmenter et l’aile gauche du nez est envahie parle mal.

Pendant huit jours je fais chaque jour une application de nitrate acide d’argent (solution de un gramme denitrate d’argent dans i grammes d’acide nitrique fumant), après ces cautérisations aussi énergiques que douloureuses, la plaie prend un aspect vif et sain, au bout d’un mois la cicatrisation est complète et tout fait présager une cure radicale. <

Trois mois après, en mai, le mal réparait avec plus de vigueur, et cette fois les caustiques au nitrate d’argent, au nitrate acide de mercure, à l’acide nitrique, sulfurique, à rammonia({ue, au chlorure de zinc ne parviennent à arrêter la marche envahissante de cette allection cancéreuse. Dès qu’une partie se guérit, le mal reparaît à côté, s’étendant toujours, envahit le nez jusqu’au coin de l’œil près de la caroncule lacrymale.

J’eus alors recours à la pâte caustique de Bougard, et après avoir pris les précautions nécessaires à Vocclusion complète de l’œil, protection des parties saines par des bandelettes de sparadrap, etc., je recouvris toute l’étendue de l’ulcère d’une couche de pâte caustique.

Deux applications sutlirent; six jours après l’escharre se détacha complètement, laissant une belle plaie, bourgeonnante et saine; au bout de trois semaines la cicatrisation était complète. Je revis l’opéré un an après, et en 1874, il vint me voir pour la dernière fois ; il jouissait

d’une santé parfaite et la cicatrice était belle et nette, sans la moindre trace de récidive.

Page 1