IV. KI'ITIIÉLIOMA DR LA LÈVRE INFÉRIEURE
(cancer des fumeurs).
M. L..., cultivateur à Rixansart, 8:2 ans, grand fumeur de pipe, n’a jamais eu d’autre maladie que trois semaines de lièvre intermittente, vient me consulter, le 2 janvier 187;), pour un épithélioma ulcéré de la lèvre inférieure qu’il porte depuis deux ans.
Deux cautérisations sutlirent pour détruire le néoplasme, le 28 juin le malade est radicalement guéri.
En mars 1878, c’est-è-dire trois ans après, M. L... vient me consulter de nouveau pour un bouton à la joue gauche, à côté de l’aile du nez; ce bouton grossit beaucoup depuis quelque temps et saigne au moindre attouchement. Douleurs lancinantes; le néoplasme est à base dure, de forme circulaire, mobile, a deux centimètres de diamètre et une épaisseur d’un centimètre. Epithélioma ulcéré; quatre applications de caustique suffirent; je cautérise jusqu’au périoste.
Opéré le 9 mars 1875, la guérison et la cicatrisation sont complètes le 17 avril.
Depuis lors je n’ai plus revu l’opéré.
M. D..., 74 ans, jardinier à Nivelles, n’a jamais été
malade, il porte à la lèvre inférieure gauche un épithélioma ulcéré depuis un an, écoulement sanieux, bords et fond durs. Le mal a débuté il y a cinq ans par un petit bouton saignant. Il y a quatre ans opération par le bistouri, récidive huit mois après, nouvelle opération par le bistouri, nouvelle récidive. Les chirurgiens qui l’ont opéré ont renoncé è de nouvelles opérations à cause des récidives et du développement du cancer épithélial qui a envahi la moitié gauche de la lèvre inférieure jusqu’au niveau de l’os maxillaire' inférieur.
Le 30 septembre 1879, première application du caustique Bougard.
Le l®*" octobre et le 2 octobre, nouvelle cautérisation. Le caustique est très bien supporté, ni réaction ni fièvre. Le malade a faim et se nourrit d’œufs, de laitage, de consommé et de vin.
Au bout de huit jours l’escharre tombe et laisse à découvert une plaie belle, saine et bourgeonnante.
Bapprochement des bords de la plaie par les bandelettes au collodion. Etat général satisfaisant sous tous les rapports. Le lo octobre la plaie est presque cicatrisée et l’opéré se dispose à retourner è Nivelles (juand le 16 octobre, le pauvre vieillard est frappé d’apoplexie de la base du cerveau et succombe le lendemain.