‹ Des Cellulo-névrites aiguës primitivesChapitre 25 sur 27 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Célulénente infectieuse primitive des VIF, VII et

Il nerfs craniens gauches.

M'° Y. C.., 20 ans, domestique, à Castelsarrasin, sans antécédents héréditaires et personnels dignes de remarque, n'ayant pas eu d’angine récente, se présente au Pro-

AS JÉAN e

fesseur Caivet, le 19 avril, pour paralysie faciale gaue de che et surdité.

La maladie actuelle a débuté le 5 avril, sans prodrome et sans fièvre, par une otalgie gauche suivie en peu | de jours de surdité et d’une paralysie faciale gauche, - complète, du type périphérique. | |

Le tympan est absolument normal ; très légère otite externe à l’enirée du conduit, pas de vésicule dans la conque-montre-air et monire-0s non perçues.

Le Wassermann est négatif dans le sang, on note pour tout signe général une légère albuminurie.

Le 21 avril. .Examen otologique. — L’hypoacousie a disparu, remplacée par une hyperacousie non douloureuse à gauche. La monire-air est perçue facilement à plus de 1 m. 50. Weber indifférent; Rinne positif; he mite supérieure et inférieure normales.

La paralysie faciale a régressé; seul le facial supérieur est encore atteint.

Le tympan est toujours normal; l’otite externe a disparu; on note un léger dépôt de cérumen én bague a. l'entrée du conduit. |

La malade se plaignant depuis 24 heures de troubles visuels, l'examen oculaire pratiqué par le docteur Couadau donne les résultats suivants, le 21 avril

Examen oculaire. — Œil droit : Acuité visuelle normale (dix dixièmes) ; fond d'œil normal; champ visuel normal (blanc et couleurs) ; tension artérielle rétinienne: 28. ES

Œil gauche : Acuité visuelle : un vingtième; fond d’œil normal; champ visuel normal pour le blanc, mais scotome central absolu pour les couleurs; tension artérielle rétinienne : normale : 28.

En somme névrite rétrobulbaire.

Le 21 avril. Examen neurologique. — Légère paralysie faciale gauche prédominant dans le domaine du

facial supérieur. Grandes voies motrices, sensitives, céré-

belleuses parfaitement indemnes. Pas de troubles sphinctériens ni psychiques. Pas de signe méningé.

Examen général. — Pas de signe général. Tension, urines normales (l’aibuminurie a disparu), pouls : üt. Pas de fièvre. :

Le 22 avril. Ponction lombaire. Tension : assise, oÙ; couchée, 17; cell. 12 lymphocytes; alb. 0 gr. 45; benjoin positif; riv. négative.

Traitement : Piemme 8 cm. Collsréol 0 gr. 20 par | Joue rie 24 avril. Nouvelle. us lombaire. Benjoin < identique. -

L’inoculation du liquide a été le à la cornée du lapin, qui s ’est spontanément cicatrisée les Jours suivante, sans présenter de kératite.

Une deuxième injection de 3 cm3 intrapéritonéale, à un lapin est restée sans résultat,

Dès le 24 avril forte amélioration des troubles v1- > nets de l'œil (acuité 1/5 environ).

La malade s’est très rapidement améliorée; en huit

jours elle était guérie; sa guérison se maintient trois mois après.

* Les VIIE et VIF nerfs craniens gauches sont pris presque successivement, le 5 avril: atteinte nette mais fugace; le 19 avril, elles étaient à peine libérées que la I[° paire gauche est atteinte à son tour, mais cette atteinte est elle-même fugace au point que, le 30 avril, tout est parfaitement rentré dans l’ordre.

L'ensemble a évolué avec une réaction méningée latente faible, mais nette, et une floculation partielle atypique du benjoin colloïdal.

Pr s’agit évidemment d’une cellulo-névrite discrète et bénigne.

On a vainement cherché une cause habituelle.

1° I n’y avait point d’otite et jamais cette dernière L Fe n’expliquerait une atteinte de la IE paire; Le

2° L’encéphalite pouvait être éliminée à coup sûr en DER: l'absence de tout trouble du sommeil et de la topogra-. phie purement périphérique de l'affection; |

3° Tuberculose et spécificité sont définitivement ébiminées par la guérison complète, spontanée et rapide, la négative des réactions du sang et du liquide;

4° Rien ne permet d’affirmer qu'il s’agit d’herpès vu de zona (nous rappelons en effet que les vésicules ont été recherchées irès minutieusement et linoculation du liquide céphalo-rachidien à la cornée du lapin a été négative) ;

5° Il faut penser avec plus d’insistance à un début possible de sclérose en plaques ; mais en pareil cas, l'atteinte de la VIII paire est surtout labyrinthique.

On peut, peut-être, ranger cette observation dans le cadre des celiulo-névrites primitives des nerfs craniens (Riser et Planques), dont elle présente les caractères spéciaux ; survenue brutale, résolution spontanée, réaction méningée histologique, sans cause habituelle décelable. Nous soulignerons une importante particularité ee £ notre cas : la localisation au niveau de la Il paire qui, à notre connaissance, n’a encore jamais été mentionnée-en . pareil cas. =

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