‹ Des cérémonies du Sacre ou recherches hist. s.l. moeursChapitre 12 sur 36 · COULEURS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

COULEURS HISTORIQUES

(liaient une couleur profanée par la révolte '. Mais cette circonstance est une exception, et vraisemblablement, la seule qu^on puisse citer depuis la fin du quatorzième siècle. On voit , par un passage de Monstrelet % que la bannière blanche était déjà en usage sous Charles VI, et que Ton regardait comme un outrage de faire porter aux personnes du roi la bande rouge qu'avait prise la maison d'Armagnac ^ Il est certain , néanmoins , que nos monarques conservèrent la couleur de Toriflamme dans les signes distinctifs de la maison royale. Nous savons que la livrée du roi se compose d'un mélange de bleu, de rouge et de blanc. Le

W^wrappeUela couleur favorite desMérovingîens,la plus ancienne de toutes dans Tordre de Tadoption , et celle de Tantique bannière de Saint-Martin, qui précéda Pétendard de Saint-Denis ou Poriflamme ^•

• Benîng,Boncl. d'Hon.— f^w de Crillon, t. 2, p. 56. » Chroniques de Monstrelet, e. 119, t. i«'.

' Bande qui, selon Monstrelet, lui aurait été imposée par an pape, en expiation de certain crime commis envers TÉglise. ( Ib., ubi suprà. )

* La préexistence du manteau de saint Martin ne peut fournir matière à contestation, parce que saint Martin existait lui-même avant rétablissement de la monarcbie. L'usage auquel il fut consacré par nos premiers rois comme enseigne militaire, semble aussi ne laisser aucun doute, d'après le témoignage des historiens sacrés et profanes. On cite, entre autres , les faiu rapportés par Walafride Strabon , Honorius

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le rouge représente la première coaleur nationale de la France, et le blanc ceUe qu^on y substitua depuis l'usurpation des Anglais , c'est-à-dire la couleur actuelle de la nation. Cette livrée était définitivement fixée avant Pavénement au trône du chef de la branche régnante. Nous en trouvons une preuve dans la description de Thabit d'ordonnance des gardes de Henri III ' ; ses Suisses étaient vêtus d'habits blancs à coupures ou crevés de taffetas rouge et gros bleu, avec un bas bleu et l'autre blanc ' • Les pages et les valets de pied portaient , les uns des pourpoints bleus garnis de rubans rouges, et des bas bleus; les autres «des chamarrures blanches et rouges sur un fond bleu,

et Durand , d*où il résulte que « la chappe de saint Martin

• était portée devant les rois de France , allant à la guerre ,

• pour étendard , et par le moyen d^icelle remportaient la

• victoire et surmontaient leurs ennemis.» (Galland, Traité historique et curieux des Enseignes militaires; édit. in-ia, p. i40 On voit encore par Tart. 38 des Formules de Marculphe , que tous les sermens devaient se faire dans le palais et sur la chappe de saint Martin. « Tune in palalio nostro et ■ super capellam beati Martini debeant conjurare. » Or , ces formules reipontent au milieu du 7* sièc]^.

> Traité des marq. nation. , p. 273.

* Anciennement la livrée n^était pas, comme aujourd'hui, une marque de servitude et de domesticité. Les hommes les plus qualifiés se faisainet un honneur de porter les couleurs de leurs souverains ou de leurs dames. Les gens de guerre affectaient celle de leur corps ou de son chef immédiat.

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