CÉRÉMONIAL
DU
PREPARATIFS DU 8ACRB.
Le roi ayant .fixé le jour de son sacre et de son couronnement , Sa Majesté fait écrire une lettre à larchevêque-duc de Reims, ou à celui qui doit le représenter, de se trouver près d'elle aux jour et lieu n^irgués pour cette cérémonie. Une pareille lettre est adressée aux écbevins et corps de la ville de Reims , pour qu'eux et les habitans se disposent à Tentrée et à la réception de Sa Majesté. Pendant que cette ville fait ses préparatifs pour orner ses rues , pour enrichir ses portes qu'elle change en arcs de triomphe , qu'elle élève des portiques ornés d'emblèmes , de devises convenables au sujet , le grand-maitre des cérémonies , suivant les ordres qu'il a reçus du roi , marque les lieux où Sa Majesté doit être reçue , et désigne la station où elle doit être haranguée. Il fait dresser le trône, préparer les places que Sa Majesté doit occuper dans l'église ^ et disposer les sièges et les tribunes où doivent s'asseoir les* princes , les ambassadeurs , cardinaux , prélats , ministres , seigneurs et offi-
464 dBRÉMONtAl. DU SACRR
oîers y suivant leur rang : on pare des plu3 beaux meubles de la couronne les appkrtemens du palais archiépiscopal où le roi doit loger ^ on fait aussi apporter du trésor de Saint-Denis , les ornemens royaux dont le roi doit être yêtu et paré en son sacre. £ià tm mot , tous les officiers , soit de la garde , soit de la conduite , soit de la garderobe , soit des écuries et de la bouche du roi , exécutent, et donnent , chacun en ce qui le concerne , tous les ordres nécessaires , afin que , pendant le voyage et le séjour du roi , rien ne manque , ni à la sûreté , ni â la commodité , ni à la pompe , ni à Tabondance.
DBCORATIOlf DB L*1BGLI8E If BTBOPOLITIINE DE BEDCS POUR LB JOUK ET LA Cl^liEllONIB DU SACRE y ET DlSPOSmOII DES SIEGES , TRIBUNES ET AMPHITHEATRES.
L'églinci, depuis les hautes galeries jusqu'au Jbias, tant dans le chœur , que dans la nef et les deux ailes , est tendue tt ornée des riches tapisseries de la couronne, lae nSarche-^pied de Tautel et tout le pavé du chœur^ sont couverts de tapis de Turquie, et le grand-autel est paré des magnifiques ornemens que le roi donne la veille de son sacre , avec* le reste de la chapelle. Sur le même autel est posée la chapelle dW massif; elle est accompagnée de deux reliquaires, dont Fun est un présent donné par Louis XIV, etTautre par Louis XV*
Au bas du degré , devant le grand -autel , est poaé le fauteuil qui doit servir à VarGhevèque de Reims , ou ail prélat qui le représente , couvert, comme tous les autres bancs et sièges , de veldùrs violet, semé de fleura de fia d*or. Vis-i-vis, À huit pieds ou environ de ce &utevil^
est- posé ua dais de Luit pieds en carré , et d'un pied de haut, couvert d'un tapis de vdours violet , en broderie de fleura de lis *, et sur icelui un appui d'oratoire , couvert d'un autre tapis , un fauteuil et deux carreaux^ avec un grand dais suspendu au-dessus , préparé p6ur lé roî , le tout de pareille étoife. Au milieu, entre le fauteuil de l'affieiant et ledit apipui-, un grand carreau de cinq quar^ tiers de long de semblable étoffe , sur lequel le roi doit se prosterner avec l'archevêque de Reims , pendant qu'on chante les litanies.
Derrière , à cinq pieds du fauteuil du roi , est un siège pour le connétable représenté par l'ancien maréchal de France^ un autre , trois pieds plus éloigné , pour le chan- ■ celier , et, en son absence, pour le garde-des-sceaux ; et, plus en arrière , un autre, pour le grand-iuaitre , le chambeUan et le premier gentilhomme de la chambre.
Au. côté droit de l'autel est mis un banc pour les pairs e.cclésiastiques , derrière lequel il y en a un autre pour tes cardinaux -, plus loin , deux autres pour les prélats qui n'officient point ^ plus bas encore, au*dessous*des pairs ecclésiastiques et des prélats, sont disposé» des bancs pour le9 conseillers d'État, lesknaltresdesreqiiètes et les secrétaires du roi. Plus haut que le baUC des pairs eccléaîastiques^ on en met un à c6té de l'autel ,.pour les évèques qui sont chargés de chanter les litanies \ et der^ rière , deux autres bancs pour les douze procédans et assistans , diacres et sous-diacres , chancMUes de Tégliae de Reims.
Du même côté , entre deux piliers , à douze pieds de luiut , est dressée une tribune en forme d'oratoire pour la reine , quand il y en a une , et pour les autres prin-
cesscrs qui doivent raccompagner ; et, joignant cette tribone , on place une espèce d^echafaud , pour les dames de la suite de la reine et autres de grande qualité.
Au côté gauche de Tautel , vis-à-vis le banc des pairs ecclésiastiques , est un siëge avec un marche-pied de demi-pied de haut , pou; le premier prince du sang , qui doit représenter le duc de Bourgogne 5 et contre icelui , un banc pour les autres pairs laïques , derrière lesquels sont mis des bancs pour les maréchaux de France &i autres grands seigneurs ^ plus bas , pour les secrélaîres d'État *, et plus bas , en arrière , pour les officiers de h maison du roi. , «
De ce même côté , entre àevCx. piliers, est un échafaud . à douze pieds de haut , pour le nonce du pape , pour les ambassadeurs et les résidens des princes étrangers invités au sacre.
Les hautes chaires ou stalles du chœm* sont réservées pour les chanoines, à Texception des quatre premières du c6té droit ^ lesquelles sont gardées pour les quatre chevaliers de Tordre qui doivent porter les offrandes , et à Texception des quatre du côté gauche , lesquelles sont ^eAinées pour les barons qui doivent conduire la sainte ampoule.
Depuis rentrée qui est au milieu des chaires «les chanoines , de part et d'autre sont dressés deux grands escaliers montant au jubé, de six pieds de large, ayant chacun ^n même nombre de marches , couverts par bas d'un tapis de trois largeurs , deux de drap d'or , et cellf du milieu de velours violet, semé de fleurs de lis d*or, et les accoudoirs , de part et d'autre , couverts de parab velours.
Bigitizeel by
Les chaires des chantre et sous - chantre sont posées , des deux côtés , entre lesdits escaliers et les chaires des chanoines , Tespace d'entre les deux escaliers demeurant Hhre pour Tentrée et la sortie du chœur. ^
Sur le milieu du jubé , dont les balustres du côté &u choeur sont ôtés , est élevé le trône sur lequel le roi doit s'asseoir après le sacre , sur une plate-forme de trois marches de haut , de huit pieds de long et cinq de large , et sur !a(|uelle est posé un appui d'oratoire sur le devant, un fauteuil sur le derrière , et un grand dais au-dessus ^ le tout de velours violet , semé de fleurs de lis d'or : en telle sorte que le roi , étant sur son siège , peut être vu tant de la nef que du chœur, ayant le visage tourné vers l'autel/
Au devant du trône du roi , sur le plan du juhé , est mis un siège pour le connétable , ou celui qui le représente ; à la droite , sur la seconde marche du trône , est la place du grand-chambellan de France ^ et à sa gauche , sur la dernière et plus basse marche , celle du premier gentilhomme de la chambre. Sur une petite estrade avançant un* peu dans le chœur , à plain-pied dudit jubé^ est un siège pour le chancelier à la droite , et un autre pour le grand-maître à la gauche. Contre les balustres du jubé qui regardent la nef, à la droite du roi , est un banc pour les pairs ecclésiastiques , et à la gauche , un siège , ayant un petit marche-pied , pour le premier prince du sang représentant le duc de Bourgogne, et entité un banc posé sur la même ligne , pour les autres pairs laïques.
Au bout du jubé, au côté droit du trône, il y a un autel avec un dais au-dessus, où un aumônier doit dire
468 CÉRBMOlflAt DU 6AGAE
une messe basse, aussitôt que la grande est commencée. Depuis le jubé jusquVux portes latérales du chœur, de part et d'autre , au-dessus des chaires ou stalles des chanoines, sont dressées des galeries en amphithéâtre pbuT toutes les personnes de distinction , comme aussi est dressé un échafaud derrière le grand autel , tenaàit toute la largeur de Téglise , pour la musique du roi ^ ou, si Ton ne le trouve pas assez commode pour les voix, U musique est placée dans la galerie au-dessu| des premières chaires des chanoines , du côté gauche , comme il arriva au sacre de Louis"^ XIV.
Dans l'arrière- choeur, enlre le grand autel et celui qu'on appelle à Reims du cardinal de Lorraine, on dresse des tables pour les ornemens des évèques et des chanoines officians.
DÉPART ET VOYAGE DU ROI POUR REDfS.
Le jour que le roi a fixé pour se rendre en c^tte ville étant arrivé , S^^ Majesté part de Versailles ou de Paris, à sa volonté^ elle est accompagnée de la reine, quand il y en a une ; de ses frères , si le roi en a , et des princes du sang ^ il est escorté du guet des gardes-du-corps , du quartier des gendarmes , des chevaux-légers de la garde, des mousquetaires gris , des mousquetaires noii's , et du vol du cabinet.
Le guet des gardes-du-corps accompagne le carrosse du roi , les gendarmes ferment la marche ; après eux suit.un nombreux cortège de carrosses , où sont les princesses de la famille et de la maison royale , et un grand nombre d'éc;(uipag'es , tant du roi que de ceux des pria-
ces, des ministres et des seigneurs qui suivent Sa Ma*jestë dans tout le voyage, lequel est de cinq jours. Les rues et les faubourgs par où passe Sa Majesté pour prendre la route de Reims, sont ordinairement remplis d'une multitude de peuple, qui, par .des acclamations continuelles et d'autres démonstrations de joie, témoigne la sincérité de ses vœux pour obtenir du ciel qull continue de répandre sur Tauguste personne de Sa Majesté les bénédictions les plus abondantes , et que son sacre soit le présage du plus long et du plus glorieux règne.
Le premier jour , le roi va coucher à Dammertin *, le second, Sa Majesté part pour Villers-Coterets , château appartenant à M. le duc d'Orléans , premier prince du sang •, le troisième jour , le roi part de Villers-Cote- * rets , et arrive ordinairement sur les trois heures après midi k Soissons; le gouverneur de rDe-de-France se tfouve à la porte de la ville, à la tète du corps des officiers de cette ville , et il en présente les clefs à Sa Majesté, qui reçoit ensuite les harangues de ces officiers, celles du présidial , des trésoriers de France , de l'élection et de l'Académie, avec les cérémonies ordinaires^ le quatrième jour, le roi va coucher à^Fisme, petite ville en Champagne , dans le diocèse de Reims ; et le lendemain , Sa Majesté arrive k Reims sur les deux heures après midi* C'est du moins ainsi que fut réglé le voyage du roi Louis XV , lorsqu'il alla en cette ville pour être sacré , car cela peut varier selon la volonté du roi régnant.
Au reste , ce ne sont que fttes , illuminations et réjoAssances publiques partout où le roi passe*, et tous les chemins sont bordés d'une multitude innombrable de
470 CEREMONIAL DU SACRE
peuple, qui, par leur empressement et leurs cris de "vive le roi, assurent le monarque de leur soumission et de la sincérité de leurs vœux.
ARBIYEB DU ROI A BEIMS.
Lorsque le roi n'est qu'à une petite distance de îa ville, Sa Majesté trouve les troupes de sa maison qui étaient campées en cet endroit, rangées en bataille sur son passage, et aussitôt elles raccompagnent dans son entrée. Le gouverneur de Champagne se trouve a l'entrée de Reims , à la tête du corps-de-ville , et il en présente au roi les clefs; Sa Majesté y feit son entrée dans * Tordre suivant : Les détachemens des deux compagnies de mousquetaîjces et la brigade de quartier des chevauxlégers de la garde qui ont suivi le roi pendant son voyage y marchent à la tète ; ensuite un carrosse du roî^ Je vol du cabinet , un autre carrosse de Sa Majesté, dans lequel sont le grand-écuyer de France, le grand-chambellan^ le premier gentilhomme de la chambre, et quelquesuns des principaux officiers de la maison du roi \ les pages de la grande et petite écurie , le détachement des quatre chevauxrlégers de la garde , le carrosse de parade de Sa Majesté dans lequel le roi est accompagné des princes du sang ; le capitaine dés gardes-du-corps en quartier est à cheval à la portière du carrosse , autour duquel marchent vingt-quatre valets de pied; le guet des gardesdu-corps qui a accompagné le roi pendant son voyage , la brigade de quartier des gendarmes de la garde , les grenadiers à cheval , les .quatre compagnies des gard||&du-c.orps, lies deux compagnies des mousquetaire^ , les
DES ROrS DB FRANGE. ^ ^yi
cHevaio-légers de la garde continuent la marche, laquelle est fermée par les gendarmes de la garde. Le gouverneur de. Champagne et le général de la province marchent à chevjal auprès du carrosse de Sa Majesté ; le grand-maitre et le maître des cérémonies occupent ^ans la marche les places qui leur sont destinées dans les cérémonies. Le roi, ayant passé sous les arcs de triomphe,, traverse la grande ru^ du faubourg de Yesle,. occupée par le régiment des gardes françaises et suisses , qui sont en haie sons le^ ai*mes jusqu'à la porte de Téglise métropolitaine, où 'Sa Majesté va descendre. Pendant cette entrée , on entend le bruit des trompettes , cehii de toutes les cloches de la ville ,. et plusieurs décharges de canon.
AERIVEE on aOI A l'ÏOUSB MBTKOPOUTiUNB.
Le roi est rj^ç^ à l'entrée de Péglise par Tarchevéqueduc de Reims à la tête du chapitre, et assisté des évèques. de Soissons, de Laon , de Beauvais , de Châlons , de Noyon, d'Amiens et de Senlis, ses sufiragans :.ces prélats sont en chape et en mitre, e^ les chanoines en chape. I^ roi se met à genoux à la porte de réglise,^et après avoir baisé le livre des évangiles , qui est porté par Tun des chanoines. Sa Majesté est complimentée par Farchevéque de Reims -, après quoi le grand-chantpe entonne le répons suivant :
,Ecce ego mîtto angelom meum, qui' prasced'at te , etc.
Le clergé rentre dan» le chœur en çrdre de procession, et le roi, marchant après les évéques, est conduit
47^ CKAKMONfAL DU SAORB
' à un pne*diea dressé au milieu du diôenr., sous tel dais \ Sa Majesté j assiste au Te Deum dianté par la musique, au bruit de plusieurs salves de PartiHerie de la ville ; et pendant qu'on le chante j on apporte le riche pré^nt que le roi fait k l'église de Reims ; le premier gentilhomme de la chambre le remet entre les mains de Sa Majesté, et "Sa Majesté va PofiHr à Dieu en le posant sur Tautel.
Le Te Deum fini, l'archevêque récite quelques prières , puis il donne la bénédiction , et ensuite le roi se retire dans Tarchevéché. Sa Majesté y reçoit les hommages du chapitre de Reims, le doyen portant la parolfe. Le 'corpsde-ville apporte aussi les présens ordinaires ; et Tuniver^ site a l'honneur de complimenter le roi par la bouche de son recteur. Le présidial et Pélection en font de dième«
VEILLE Dt SACKE.
L'après-midi de ce jour. Sa Majesté , accompagnée des princes du sang et suivie de toute sa cour , se rend à l'église métropolitaine pour assister aux premières vêpres du sacre. Elle est reçue k la porte de l'égKse par rarcfaevèque-duc de Reims, en chape et en mitre, à la tète du chapitre , et assisté des évèques de Soissons , de Laon , de Beauvais , de Chàlons , de Noyon , d'Amiens et de Senlis , ses sufiragans : elle va se placer au milieu du chœur sur un prie-dieu dressé sous un dais. Les princes du sang sont à la droite et à la gauche de Sa Majesté ; SCS principaux officiers derrière son fauteuil : le grandaumônier à la droite du prie -dieu, etjes cardinaux invités à la gauche, tous en rochet et en camaiL Derrière
MES ROIS DS niâm^cEb. 473
le gmnd-^umonler sont deux aufâé&iefs'da roi en qnai^ tîer. Les archevêques et évoques , invités par le roi 4 la cërémoni.e du sacre, sont placés près de Tautel, à la droite, et les places de Tautre c6té sont occupées par les seigneurs de la cour. L'archevêque de Reims va se placer dans la première haute stalle à droite l et les évêques de Soi'ssons,' de Beau vais, de Noyon, de Senlis, occupent les quatre* suivantes. Les évêques de Laon , de Châlons et d'Amiens , se mettent dans les hautes stalles du côté gavche : les autres sont occupées par les chanoines , tous en chspe j et les basses stalles par les habitués de Té^ glise.
Tous étant i leur place , Taïchevèque de Reims entonne les vêpres du joue : elles sont continuées par la musique àjBL roi et par celle de la métropole. Après les vêpres il «y a un sermon sur la cérémonie du sacre , et prononcé ordinairement par un évêque. Après la prédication , le roi sort de l'église avec les mêmes cérémonies observées lorsqu'il y est arrivé 5 et Sa Majesté étant rentrée dans 1 archevêché, elle se dispose par la confession â la sainte cérémonie du lendemain.
JOUR DU SACRB. ^- OR1>RË DBS FLACES.
L'église métropolitaine étant ainsi disposée pour la cérémonie , les chanoines , tous en chape , y entrent vers les six heures du matin ; ils se placent dans les hautes stalles , à l'exception des quatre premières qu'ils laissent vides. Le grand-prieur de l'abbaye, de Saint -Denis, le trésorier , et un des anciens religieux qui ont apporté les omemens royaux du trésor de cette abbaye, sont placés
4^4 CBll£fllONI4L DU SACHS
à c6té de Tautel , {K>ur être à portée de livrer ces orneaens lors du couronnemeiit du roi. On cpmi&enee prime ; pendant ce temps-là Tarchevêque-duc de Reims arrive à Téglise : il va dans la sacristie prendre ses habits pontificaux , et revient ensuite à Tautel ] il est précédé du grand-chantre, du sous-chantre , tenant leurs bâtons d'argent , et des quatre évèques qui doivent chanter les litanies , en chape et en mitre. Après ces quatre évèques marchent Tévèque d^ Amiens , sous-diacre , Tévèque de Soissons , diacre , tous deux en mitre. L'archevêque de Reims vient après', assisté de deux chanoines en chape , et destinés pour les cérémonies. L'archevêque ayant fait sa révérence à Tautel, s'assied, le visage toum« vers le chœur, sur la chaise qui Itii est préparée vis-à-vis le prie-dieu du roi. Les évèques de Soissons et d'Amiens se placent à ses côtés, et les évèques de Senlis, de Verdun, de Nantes et.de Saint-Papoul , vont prendre leurs places au côté droit de Tautei. Le grand -aumônier de France , et après lui les autres cardinaux invités , tous en rochet et revêtus de leur chape de cardinal, sont placés sur une forme un peu au-dessus du banc des pairs ecclésiastiques, mais un peu moins avancée. Les archevêques et évèques invités, sont pJlaçés sur des formes derrière les pairs ecclésiastiques. Après eux sont les agens du clergé , derrière lesquels sont les abbés aumôniers du roi , en rochet et en manteau noir.
Les conseillers d'État et les maîtres des requêtes invités au sacre , tous pn robe de cérémonie , occupent les formes qui sont au-dessous de celles des archervèques et évèques : après eux sont six secrétaires du roi y députés de leur compagnie pour assister au sacre ^
Les pairs ecclésiasli^ues conduits par le grand-maitre des cérémonies , étant arrivés en çlmpe et en mitre , se placent sur un banc couvert d'un taj^s de velours violet, semé de fleurs de lis d'or ,. placé auprès de Tautel du c6té de l'épitre. Ces pairs sont: Tévêque-duc de Laon, Tévèque-duc de Langres , l'évèque-comte de Beauvais , l'évèque-comte de Chàlons et révôque-comle de Noyon. Nous ne parlons point du premier , qui est l'arche vêqueduc de Reims ; sa place est ailleurs , ainsi qu'on l'a marqué , parce que c'est lui qui fait la cérémonie de sacrer le roi.
Les trois maréchaux de France qui doivent , dans la cérémonie , porter la couronne , le sceptre et la main de justice , se placent sur un banc derrière celui des pairs laïques. Les quatre secrétaires d'État occupent un banc séparé , et au-dessous de celui des trois maréchaux de France. Les autres maréchaux prennent leur place sur une forme qui est derrière le banc des hofiiieiurs. D'autres seigneurs se mettent auprès d'eux sur la même ligne y et sur les autres formes sont les principaux officiers de Sa Majesté.
Le nonce du pape et les ambassadeurs , invités à cette cérémonie y sont conduits à leur tribune par les introducteurs \ et ceux-ci se placent auprès d'eux sur la même ligne : le reste de la tribune est occupé par un grand nombre de princes et seigneurs étrangers. La reine, lorsqu'il y en a une, les princesses et les premières dames de la cour sont pareillement conduites à une tribune élevée au côté droit de l'autel , par une galerie construite depuis la salle du palais archiépiscopal. Entre les piliers des deux côtés du chœur, et.dans les galeries en amphi-
47^ céRÉMONIAL DU SACRE
théâtre , qu'on a élevées pour «ette cérémonie , sont placées toutes les autres personnes de distinctioii.
Vers les sept heures, les pairs laïques arrivent du pi* lais archiépiscopal : ils sont reçus et conduits par le grand-maître des cérémonies : ils ¥ont*faîre à Fantel les ré vérences qui sont d'usage dans les grandes cérémonies, et vont se placer sur la forme qui leur est destinée dn côté de l'évangile , couverte de même que celle des pairs ecclésiastiques. Ils sont velus d'une veste d'étofle dV>r, qtri leur descend jusqu'à mi-jambe. Ils ont une ceinture d'or , et pardessus leur longue veste un manteau ducal de drap violet, doublé et bordé dTiermîne, ouvert sur l'épaule droite ] l'épitoge ou collet rond est aussi bordé d'hermine : ils ont tous une couronne ducale dorée sur un bonnet de satin violet. C'est le premier prince dn sang , ou le prince le plus près de la couronne , qui représente le duc de Bourgogne ; son siège a un marche -p/ed plus haut que celui des autres pairs. Les autres princes du sang , selon leur rang , représentent , l'un le duc de Normandie y l'autre le duc d'Aquitaine , un autre le comte de Toulouse , un autre le comte de Flandre , et un autre le comte de Champagne.
Les trois qui représentent les ducs , ont des couronnes ducales, et les autres qui représentent les comtes, ont des couronnes de comtes : ils ont sur leurs manteaux le collier de l'ordre du Saint-Esprit.
Un moment après que les pairs laïques ont pris Icun séances, ils s'approchent, ainsi que les pairs ecclésiastiques, de l'archevèque-duc de Reims, et ils conviennent de députer l'évêque-duc de Laon et Tévèquecomte de Beauvais, pour aller qUérir le roi. Ces deni
prélata, revêtus- de leurs habits pontificaux, et ayant des reKques de saints pendues à leur cou , partent en procassiQD , précédés de tous les chanoines de Téglise de Reims , entre- lesquels est la mtisîqne. Le chantre et le sous-chantre marchent après le clergé , et devant le grand-maitrê des cérémonies, qui précède immédiatement les deux évêques. : ils passent par une galerie découverte qu'on a construite depuis le portail de Téglise jusqu'à la grand'salle de l'archevêché , et étant arrivés à la chambre du roi qu'ils trouvent ferméç , le chantre y frappe de son bâton. Le grand-chambellan , ^ans ouvrir la porie , dit : « Que dcmandez-vous ? » L'évêque de Laon répond: « Le roi. )> Le grand-chambellan repart : « Le roi dort* » Le chantre ayant frappé , et i'é-r vêque demandé une seconde fois le roi , le grand-chambellan fait la même réponse. Mais à la troisième fois, le chftntre ayant fi*appé , et le grand-chambellan répondu de même , l'évêque de Laon dit : a Nous demandons » Louis XYI, que Dieu nous a donné pour roi. » Aussitôt les. portes de la chambre s'ouvrent, et le grandmaître des cérémonies conduit Vévêque de Laon et l'é-' vêque de Beauvais auprès de Sa Majesté., qu'ils saluent profondément. Le roi est couché sur un lit magnifîcjue \ il est vêtu d'une longue camisole cramoisie, garnie de galons d'or, et ouverte', ainsi que la chemine, aux endroita où Sa Majesté doit recevoir lés onctions. Pardesr sus cette camisole , le roi a une longue robe de toile d'argent, et sur sa tête une toque de velours noir, gar.nie d'un cordon de diamansv d'un bouquet de plumes et d'ttne double aigrette blanche. L'évêque de Laon présente de Teau bénite au roi , et dit l'oraison suivante :
Oremus.
Omnipotcns sempiteme Deus, qui famulum tuaia LiudoTicum régis fastigio dîgnatus es sublimare y etc.
Cette oraison finie , les deux évèques soulèvent le m de dessus son lit , et le conduisent à Téglise en procession , dans Tordre qui suit , en chantant le répons Ecet ego mitto y etc.
ORDRE DE LA PROCESSION POOa CONDUIRE LE BOI A féauSE»
Les gardes de la prévôté de l'hôtel , le grand-prévôt à leur tète, commencent la marche et précèdent le clergé qui avait accompagné les évoques. Après le clergé marchent les Cent-Suisses de la garde , dans leurs habits de cérémonie , ayant à la tête leur capitaine , lequel est habillé de drap d'argent , avec un bsudrier de pareille étoQe et brodé, un manteau noir doublé de drap d'argent et garni de dentelles, ainsi que les chausses retroussées , et une toque de velours noir, garnie d'un bouquet de plumes. Le lieutenant des Cent-Suisses est vêtu d'un pourpoint et d'un manteau de drap d'argent , et d'une toque de pareille étoffe. Les autres officiers sont vêtus d'habîts de moire d'argent et de satin blanc. Les hautbois , Les tambours et les trompettes dô la chambre, viennent après les Cent-Suisses. Ils sont suivis cfes sîi hérauts d'armes, en habits dç velours blanc, les chausses retroussées, garnies de rubatis, et leur toque de veloun blanc : ils ont pardessus leurs pourpoints et leurs manteaux, la cotte d'armes de velours violet, chargée des armes de France, en broderie, et le caducée à la main.
DES ReiS.DE FRANCE. 479
Le grand-maître des cérémonies et le maître des cérémonies marchent après. Us sont vêtus de pourpoints de toile d^argent y de chausses retroussées de velours raz noir, coupé par bandes, ayant aussi des capots de velours raz .noir, gariys de dentelles d'argent , avec une toque de velours noir, chargée de plumes blanches. Ds précèdent les'quàtre chevaliers de Tordre du Saint-Esprit, destinés à porter les offrandes , e\ yètus d'un grand manteau .àe l'ordre. Le maréchal de France représentant le connétable, vêtu comme les pairs .laïques , avec la couronne de comte , marche après. Il a à ses côtés les huissiers de la chambre du roi , vêtus de blanc , et portant leurs. masses d'argent doré. Ils sont habilles d'un pourpoint de satin blanc , les manches tailladées à plusieurs étages , et la chemise boufifante par les ouvertures, ayant les hauts-de-chausses aussi de satin blanc, retroussés , avec le manjteau de pareille- étoffe , doublé de même ; les bas de soie gris dç perle , et les souliers de velours blanc. Le roi paraît ensuite, ayant à sa droite l'évèque de Laon , et à sa gauche l'évêque de Beauvais. Le grand-écuyer de France, qui doit recevoir la toque du* roi , lorsque Sa Majesté l'ôte pendant la cérémonie , et qui est destiné a porter la queue du manteau royal , marche après le roi, et derrière Sa Majesté, sont, à droite, le capitaine des gardes-du-corps , commandant ' les gardes écossais *, et à gauche , le capitaine des gardes en quartier : ils sont vêtus d'habits prdinaires, trèsmagnifiques , ainsi que leurs manteaux. Le roi est environné de six gardes écossais, ou de la manche, vêtus de satin blanc, et ayant leurs cottes d'armes en broderie pardessus leurs habits , eT la perluisane à la main. Le
480 CEREMONIAL DU SAGftB
chancelier de France , ou, en son absence , le gardedès-sceaux son représentant , marche après le roi. Il est vêtu d'une soutane de satin cramoisi, pardessus mi grand manteau d'écarlate , avec Tépîtoge retroussée et fourrée d'hermine, et il a sur la tète le mortier de chancelier, de drap d'or bordé, d'heranne. Le grandmaitre de la maison du roi,'portant son bâton à la main, vient ensuite, ayant à sa droite et sur la mèm^ ligae, le grand -chambellan de France, et à sa gauche, le premier gentilhomme de la* chambre : ils sont vêtus tous trois comme les pairs laïques , et ils ont la oouranjie de comte sur la tête -, les gardes-^dû-corps ferment la marche.
Le roi ayant passé par la grande galerie découverte, qui est ornée de tapisseries ^ les gardes de la prévôté de rhôtel restent a la porte de l'église. Les Cent-Suisses forment une double haie entre les. barrières par le»quelles on traverse la nef, et les tambours, les hautbois et les trompettes entre* les deux escaliers q«à montent au jubé.
Lorsque Sa Majesté est arrivée à l'égHse , le clergé s'arrête à l'entrée de la nef, et l'évécpie de Beauvais dit l'OTaison qui suit :
, Oremus.
Deus , qui scis genus humanum nullâ virtute posse subsistere , etc.
Après cette oraison , on chante le pseaume soivant : j
Domine , in virtute tua Ixtabitur rez et super salutait tuum exultabit vebementcr , etc.
Ce pseaume est continué^ar les musiciens exà feux-
I bourdon ^ et dans le même temps ^ le roi , procédé du I clecgé , entre dans le chœur accompagné des éy èques de ^ Laon et de Beauvais , et s^étant mis à genoux au pied . de Tautel, Tarchevèque de Reims, se levant de son siège, '<}it Toraison suivante :
i Oremus.
^ Omnipotens Deus cœlestium moderator , qui famulum tuum
t Ludovicum ad regnî fastîgium dignatus es provehere, etc.
Cette oraison finie , Sa Majesté est conduite par les mêmes évéques au fauteuil qui est sous le dais au milieu ' du chœur. Les deux capitaines des gardes prennent leurs ' places à la droite et à ia gauche du fauteuil du roi. Le capitaine des Cent-Suisses qui ^ suivi le roi dans le chœur, ^ prend la sienne au côté droit de Testrade sur laquelle ^ est Sa Majesté. Les six gardes écossais se mettent plus ' bas aux deux côtés du chœur \ et les lieutenant, enseigne ' et exempt de la compagnie des gardes écossais restent f' auprès de la porte du chœur pour y donner les prdre$ ^ nécessaires^ ils sont vêtus de pourpoints et manteaux de drap d'argent et de velours blanc , et ils ont des baudriers de pareille étoflfe, et des toques chargées de plumes blanches. Le connétable ayant à ses côtés les deux huissiers de la chambre portant leurs masses , se place sur le siège qui lui est destiné derrière le roi , et I à quelque distance. Le chancelier de France prend place derrière le connétable , et à trois pieds de dis- I tance. Le grand-maitre de la maison du roi , ayant son bâton de commandement à la main , se place sur un banc qui est derrière le chancelier , et sur lequel le ^raud-chambellan de France se met à la droite , et le
/|g2 CÉRÉMONIAL DU SACRR
premier gentilhomme de la chambre à la gauche. Le grand-écuyer de France demeure auprès et k la droite du t(A , et les quatre chevaliers de Tordre du Saint- Esprit nommés pour porter les offrandes, se placent dans les quatre premières hautes stalles du chœur dn côté de Tépître.
DBS oaNBMENS ROTAUX.
Jusqu^au règne de saint Louis , nos rois ont constamment gardé ces ornemens dans leurs palais ^ mais ce prince pieux, par vénération pour saint Denis et les saints martyrs , protecteurs de là France , les confia au trésor de cette abbaye , sous condition de lui être remis , tant à lui qu*à ses successeurs , toutes les fois qu'ils en feraient la demande.
Ces ornemens consistent en sept différences parties : la grande couronne impériale , Tépée ^ le sceptre , Ist main de justice, les éperons, Tagraffe servant à tenir le manteau royal , et le livre de prières. La plupart , et entre autres la couronue et l'épée , viennent du souverain pontife Léon III -, c'est le présent qu'il fit à Charlemagne le jour qu'il le sacra emperetir d'Ocddent ; et Tépée s'appelle encore pour cela Tépée de saint Pierre : on rappelle aussi Tépée joyeuse , parce qu'elle ne sert que dans les jours de réjouissance. La poignëe , h garde et le haut du fourreau, sont d'or massif, enrichi de pierreries , et le fourreau de velours violet garni df perles.
La- couronne, qui est aussi de pur or et chargée de gros rubis , de saphirs et d'émeraudes , a un fort grainl dt-
DBS ROIS ]>fi FKÂNCfi. 4^3
cuit : comme son poids et sa grandeur ne permellraient pas à nos rois de la porter , on la soutient sur leur tête pendant la cérémonie du couronnement -, et ils en font faire ordinairement deux autres , d'or et d^argent doré , qu'ils mettent pendant la messe et pendant le festin royal.
Le sceptre , la main de justice et les éperons , passent encore pour avoir appartenu à'Charlemagne. Le sceptre a six pieds de haut \ Charlemagne j est représenté en relief, assis sur une chaire, garnie de deux lions, de deux aigles , le globe en main, et de la manière qu'on a coutume de le peindre : le tout d'or massif, émaillé et enrichi de perles orientales.
La main de justice , appelée en latin virga virtutù atçue œgidtatisj est une verge, ou hàton d'or d'une coudée , surmontée d'une main d'ivoire , ayant au qua* trième doigt un anneau d'or, où est enchâssé un trèsbeau saphir. Il y a de distance en distance trois cercles à feuillages tout brillans de perles, de grenats et autres pierres précieuses.
Les éperons sont d'or, émaillés d'azur, semés de fleurs de lis d'or et ornés de grenats , avec les deux boucles i tète de lion.
L'agraJBfe est une losange d'or , d'tm prix inestimable pour les pierreries qui la relèvent.
Le livre contient les prières qui sont propres à la cérémonie, du sacre : il est couvert d'argent doré , et les accompagnemens en sont aussi extrêmement riches. Jamais on ne change ces omemens , au lieu que les autres , Savoir , les bottines ou sandales , la tunique , la dalma*
484 CEREMONIAL DU' SACRE
tique et le manteau royal se renouvellent presque à tou5 les sacres , en imitant néanmoins , autant que Ton peut , les anciens.
▲RRIYÉB DB LA SAZNTB AMP01TLB.
Chacun ayant pris sa place ^ Tarchevêque présente de Peau bénite au roi et à ceux qui on^ leurs séances dans la cérémonie : on chante ensuite le reni Creator, après lequel les chanoines commencent tierce , et cet o&ce étant fini , la sainte ampoule arrive à la porte de Téglise.
Cette sainte ampoule est portée de Saint- Rémi en procession par le grand-prieur de la même abbaye , en chape d'étoffe dor, et monté sur un cheval blanc de récurie du roi , que deux maîtres palefreniers de la grande écurie conduisent par les rênes et couvert d*ane housse d'argent richement brodée. Ce religieux est sous un dais de pareille étoffe , qui est porté par quatre barons, dits chevaliers de la sainte ampoule, vêtus de satin blanc , d'un manteau de soie noire , et d'une écharpe de velours blanc garnie de franges d'argent, avec la croix de chevaliers passée au cou, et attachée & un ruban noir. Les religieux minimes, les chanoines de l'église collégiale de Saint-Timothée et les religieux de l'abbaye de Saînt-Remi en aubes, précèdent le dais, devant lequel l'aide des cérémonies marche immédiatement, et devant le grand-prieur de l'abbaye. Les quatre seigneurs nommés par Sa Majesté pour conduire k sainte ampoule , et dont le rang a été réglé par le sort,
DBS ROIS DB PRANCB. 485
marchent à cheval aux quatre coins du dais , et ils sont précédés chacun de leur écuyer , portant un guidon chargé d'un côté des armes de France et de Navarre , et de Tautre de celles de leurs maisons.
L'archevêque de Reims ayant été averti par le maître des cérémonies de l'arrivée de la sainte ampoule , va à la porte de l'église , accompagné de ses assistans et avec les cérémonies accoutumées, la recevoir des mains du grand-prieur de l'abbaye, qui, en la remettant à l'archevêque, lui dit ces paroles : « Monseigneur, je mets entre vos mains ce précieux trésor envoyé du ciel au grand saint Rémi pour le sacre de Clovîs et des rois ses successeurs ; mais , auparavant, je vous supplie,. selon l'ancienne coutume , de vous obliger à me le remettre entre les mains, après que le sacre de notre roi Louis XVI sera fait, » Ce que l'archevêque lui promet en propres termes ^ après quoi ledit grand-prieur lui met la sainte ampoule entre les mains , et le chantre commence l'antienne suivante :
0 pretîosum munus ! à pretiosa gemma! quae pro unttione francorum regum ministerio angelico cœlitùs est emissa, etc.*
Pendant cette antienne, l'archevêque, précédé de tous les chanoines, rentre dans le chœur et va poser la sainte ampoule sur l'autel *, le roi et tous les assistans la saluent avec respect ^ le grand-prieur et le trésorier de l'abbaye vont prendre place au côté droit de Pautel, pour y rester pendant toute la cérémonie, et les quatre barons vont se placer dans les quatre premières stalles des
486 CBRKMOMAL DU SACRE
chanoines, du côté de Tévangile^ leurs écuyers se pla* cent dans les basses vis-«-Tis d'eux, et tenant toujours leurs guidons à la main.
L*antienne ëtant acheyée, Tarchevéque ^ après qu'on lui a été la mitre, dit l'oraison suivante :
Oremus.
Omnipotens sempiterae Deus, qiii| pietatis tuae donc, genw regum francorum oleo pffnuigî decrevùti, etc.
Après cette oraison , les chanoines commencent sexte ; et pendant ce temps-là , l'archevêque de Reims va derrière le grand-autel se revêtir de tous les ornemens pour dire la messe ] il en revient précédé de douze chanoines procédans et assistans, dont les six diacres sont vêtus de dalmatiques et les six sous-diacres de tuniques y tons marchant deux à deux*, ensuite Tarchevéque officiant précédé de sa crosse et assisté de deux chanoines en chapes.
Les procédans et assistans chanoines prennent ordinairement place sur deux bancs derrière les quatre évèques qui doivent chanter les litauies.
L'archevêque ayant fait la révérence à l'autel et au roi , va s'asseoir sur sa chaise devant l'autel , deux évèques demeurant sur leurs sièges à ses côtés.
PROMESSES ET 8ERMENS DU EOI.
Le kuêm^ archevêque s'approche ensuite du roî^ ec lut fait la requête suivante pour toutes les églises dr Vt^gàcé^pé^ lui sont sujettes ;
DEMANDE DE M. L*ABCBETlâQO& DE EEIM8 AU EOI, POUE L*B6U8B.
Nous TOUS demandons que tous A Tobis perdonari petimus, ni
«ccordiez à cbacan de nous, et aur unicuique de'nobis y et ecdesiis
« églises qui nous sont confiées, la nobis commissis, canonicum privi-
consenration des privilèges canoni- legium, et debitam legem, atque
ques, ses droits et sa juridiction, justitiam consexretis, et defensio-
et que TOUS tous chargies de notre nem exbibeatis , sicut rex in suo
défense, comme un roi le doit à regno débet unicuique episcopo, et
chaque évéque et a PÉglise qui lui Ecclesiae sibi commisse, est confiée.
Alors le roi , sans se lever de son siège et la tète cou'« verte , répond ainsi :
PEOlfBSSE DV KOI.
Je TOUS jpTf^BoeU àe conserver à Promitto yofais et perdono, qnod icbacun de yona et vu. églises qui unicuique de Tobis, et eceiesiis voyous sont confiées, les privilèges bis commissis, canonicum privilecanoniques, ses droits et sa juri- gium , et debitam legem , atque jusdiction , et de TOUS protéger et dé- titlam servabo , et dcfensionem , fendre autant que je le pourrai , avec quantum potero , adjuvante Domile secours de Dieu, comme un roi oo, eshibebo, sicut rex in suo regest obligé de le faire dans son royau* no unicuique episcopo , et Eccleme , pour chaque évéque et TE* sis sibi commisse , per rectum exglise qui lui est confiée. hibere débet
Le roi ayant fait cette promesse , les ëvéques de Laon et de Beauvais soulèvent Sa Majesté de son fauteuil, et étant debout, ils demandent , selon Tancienne formalité , aux seigneurs as$i$tans et au peuple, s'ils acceptent Louis XVI pour leur roi ^ et leur consentement reçu par un respectueux silence , Tarchevèquc de Reims préseiUa au Foi le «erm^t du royaume, lequel Sa Majesté^^
étant assise , et tète couverte , prête tout haut en latin, et tenant les mains sur le livre des saints évangiles; voici les termes de ce serment :