SE&MBNT DU ROI
Je promets , au nom de Jésus- Hec populo christiano , et mftî Christ, au peuple qui m*cst soumis: subdjto, in Ghristi promiUo ne- Premièrement, de faire conser- mine :
Ter en tout temps à FÉglise de In primis , ut Ecdesiae Det oo^ Dieu, la paix, par le pei^le chré- nis populus c^ristionus Tcram p*tien ; cem , nostro arbîtrio , in oani tem-
D^empécher toutes rapines et ini> pore serret ;
quités , de quelque nature qu'elles Item , ut omnes rapacîtatn et
soient; omnes inîquiUrtes omnibus gradi-
De faire observer la justice et la bus interdicam ;
miséricorde dans les jugemens; afin Item , ut in omnibus [ndidif
que Dieu, qui est la source de la aequttatem et misericordiam prsct-
démence et de la miséricorde , dai- piam ; ut mihi ef robis inditi^eat
gne la répandre sur moi et sur vous suam misericforflMM clemeos et bû-
aussi; sericors Deos;
D*ezterminer entièrement de mes Item, de terre meà, ac \arisdio- États tous les hérétiques condam- tione mtfai subditâ , universos haerenés nommément par l'Église ; tou- ticos ab Ecclesiâ denotatos pro tîtes lesquelles choses ci-dessus dites ribus bonâ fide ezterminare stud«bo; je confirme par serment : qu ainsi hœc omnia suprà dicta firme jura- Dieu et SCS saints évangiles me mento:sicme Deusadjuvet, ethcc soient en aide. sancta Dei evangelia.
Après ce serment, le roi prononce celui de chef et souverain grand-maitre de l'ordre du Saint-Esprit, ea ces termes :
« Nous, Louis, par la grâce de Dieu, roi de Francf et de Navarre, jurons et vouons solennellement en voi mains, à Dieu le créateur, de vivre et mourir en si sainte foi et religion catholique , apostolique et romaine,
comme à un bon roi très-chrétien appartient , et plutôt mourir que d'y faillir-, de maintenir à jamais Tordre du Saint-Esprit, fondé et institué par le roi Henri III , sans jamais le laisser déchoir, amoindrir, ni diminuer tant quil sera en notre pouvoir; observer les statuts et ordonnances dudit ordre entièrement , selon leur forme et teneur, et les faire exactement observer par tous ceux qui sont et seront ci-après reçus audit ordre , et par exprès ne contrevenir jamais , ni dispenser ou essayer de changer , ou innover les statuts irrévocables d'icelui. » Savoir : le statut parlant de Tunion de la grande-mattrise à la couronne de France-, celui contenant le nombre des cardinaux, prélats, commandeurs et officiers; celui de ne pouvoir transférer la provision des commandes, en tout ou en partie, à aucun autre, sous couleur d'apanage, ou concession qui puisse être. Item^ celqi par lequel nous nous obligeons, autant qu'à nous est, de ne pouvoir jamais dispenser les commandeurs et officiers, reçus en Tordre, de communier et recevoir le précieux corps de notre Seigneur Jésus-Christ, aux jours ordonnés ; comme semblablement celui par lequel il est dit : que nous , et tous commandeurs et officiers , ne pourront être autres que catholiques, gentilshommes de trois races paternelles, ceux qui le doivent être. 7/em, celui par lequel nous nous ôtons tout pouvoir d'employer ailleurs les deniers affectés au revenu et entretenement desdits commandeurs et officiers , pour quelque cause et occasion que ce soit; et pareillement celui auquel est contenu la forme des vœux -et obligations de porter toujours la croix aux habits ordinaires avec celle d'or au ^col , pendante a un ruban de soie de couleur bleue ce-
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leste» et Iliabit aux jours destinés. Ainsi le jafQBi, vouons et promettons sur la sainte yraie croix et le saoi évangile touchés. »
Le roi prononce ensuite le serment de chef et souverain grand-maitre de Tordre militaire de Saintr-Ladst en ces termes :
« Nous jurons solennellement en vos mains , k Dieo le créateur , de maintenir à jamais Tordre militaire àt Saint-Louis, fondé et institué par le roi Louis XIT, it glorieuse mémoire, notre très-honoré seigneur^ et pu nous confirmé , sans jamais le laisser déchoir, amoindrir ni diminuer tant qu'il sera en notre pouvoir, observer et faire observer les statuts et ordonnances dudit ordre; savoir : le statut d'union de la grande-maitrise a la conroniie de France ; celui par lequel il est dit : qae tous grandtcroix, commandeurs, chevaliers et officiers ne pourroal être autres que catholiques , apostoliques et romains, et de n*employer ailleurs les deniers affectés aux revenus, entretenement et pensions desdits grands-croii. commandeurs , chevaliers et officiers , pour qoelqiff causes et occasions que ce soit, et de porter la croix cTsr pendante à un ruban de soie couleur de feu : ainsi k jurons et promettons sur la sainte vraie croix et le saint évangile touchés. » *
Enfin le roi prononce le serment de Tobaervation it Tédit contre les duels , en ces termes :
« Nous, en conséquence des édits des rois nos prédécesseurs , registres en notre cour de parlement contre lei duels , voulant suivre surtout Texemple de Louis XTF. de glorieuse mémoire, qui jura solennellement, au jov de son éacre et couronnement , Texécution de sa déda»
DES ROIS De FRANCK. 49^
ration doimée dans le lit de justice qu^il tint le septième jour de septembre i65i : à celte fin, nous jurons et promettons en foi et parole de roi , de n'exempter à Tavenir aucune personne , pour quelque cause et considération que ce soit, de la rigueur des édits rendus par Louis XIY , en 1 65 1 , 1669 et 1679-, qu'il ne sera par nous accorde aucune grâce ou abolition à ceux qui se trouveront prévenus desdits crimes de duels , ou rencontres préméditées ] que nous n'aurons aucun égard aux sollicitations de quelque prince ou seigneur qui intercédera pour les coupables desdits crimes : protestant que ni en faveur d'aucun mariage de prince ou de princesse de notre sang, ni pour les naissances de dauphin et princes qui pourront arriver durant notre règne , ni pour quelqu'autre considération générale et particulière que ce puisse être , nous ne permettrons, sciemment, être expédiées aucunes lettres contraires aux susdites déclarations ou édits ^ afin de garder inviolablement une foi si chrétienne , si juste et si tié*cessaire : ainsi Dieu me soit en aide et ses saints évangiles. »
RlUfléDIGTIOH DES OKNEBIBirs KOTAUX.
Pendant ce temps-là les habits et omemens royaux dont le roi doit être paré en son sacre , sont mis sur l'autel , savoir : la grande couronne impériale de Cbarlemagne , la moyenne, l'épée , le sceptre , la main de justice , les éperons et le livre de la cérémonie. Les habits pour le sacre sont : une camisole de satin rouge , garnie d'or ^ une tunique et une dalmatique, qui représentent les ordres de diacre et jsous-diacre \ des bottines et un grand
49^ CBftBMONlAL DO SACIIIIL
manteau royal de velours bleu , semé de fleurs de Ib d'or, doublé d'henmne.
Après que le roi a fait tous ces sermens , Tarchevèqnr de Reims retourne à Tautel , au pied duquel le roi est conduit par les étëques de Laon et de Beauvais ^ et }à, étant debout, le premier gentilhomme de la chambre loi ôtelarobe longue de toile d'argent, qu'il remet entre les mains du premier valet de chambre , et le grand-écujer ayant reçu la toque des mains de Sa Majesté , la remet entre les mains du premier valet de la garde-robe • elle roi reste debout , la tète découverte , et vêtu seulement de sa camisole de satin ; aussitôt l'arehevèque dit les prières suivantes :
Adjutorîum nostrum in nomine Domini , etc.
Oremus.
Deus inenarraoîlis auctor mundi, conditor generîs iicinuini, gubemator împerii | etc.
Après cette oraison , on apporte le fauteuil du roi devant celui de l'archevêque de Reims \ et Sa Majesté s'j étant assise , le grand-chambelian vient lui chausser les bottines de velours , qu^on nomme aussi sandales. Le prince représentant le duc de Bourgogne , premier pair, lui met les éperons d or , qui ont été apportés de Tabbaje de Saint-Denis , et les lui ôte tout de suite.
BiSMBDICnOlf DB L*£P]6s.
Après quoi , le roi s'étant mis debout , rarclievèqaf fait la bénédiction de Tépée de Charlemagne y laquelk
BES ROIS DE FRANCe. 49^
est en ce moment dans le fourreau , en disant Toraison suivante :
Oremus.
Ezaudiy quaesumuây Domine preces nostras; et hune gladîum , quo famulus tuas Ludovicus se accingi desiderat , etc»
Cette bénédiction £ûte , il ceint Fépée au roi , et la lui 6te en m^me temps \ puis Tayaut tirée du fourreau , cpi*il laisse sur Tautel , il dit la prière suivante :
Accipe hune gladium , cum Dei benedictione tibi eoUatum , in quo per virtatem spiritûs sancti resistere et rejicere omnes inimicos tnos valeas ^ etc.
Après cette prière , l'archevôque remet Tépée toute nue entre les mains de Sa Majesté , et le chœur chante Tantienne suivante :
' Confortare, etestovir, et observa custodias Domini Dei tuî y nt ambules in viis ejus , etc.
Et dans le temps que le roi tient l'épée la pointe élevée , rarcbevèque dit l'oraison suivante :
Oremus.
Deas, qui providentiâ cœlestia simul et terrena dominons, propitîare christianissimo régi nostro^ etc.
Le roi , après avoir tenu Tépée quelque temps , la baise , l'offre à Dieu , en la posant sur l'autel. L'archevêque la reprend , la remet entre les mains du roi. Sa Majesté la reçoit à genoux , et la dépose entre les mains du seigneur qui fait la fonction de connétable : celui-ci la tient la pointe levée pendant toute la cérémonie du sacre et dp couronnement, et pendant le festin royal. Cepen-
4^4 CBRBIMONIAL D0 8ACR&
dant le'roi demeure à genoux , et Parcbevèque dit pwif
Sa Majesté , les oraisons suivantes :
Oremus.
Prospice, omnipotcns Deus, serenis obtut3>as Knnc glan»tfum regem Ludôvicum , etc.
Oremus»
Benedicy Domine, quacsumus, huac principem nostrum, etc.
Oremuj,
Deus pater aetern» gloriae sit adjutof tuus et protector, et omnipotens beaedicat tibi, preces tuasincunctisexaudiat^etc.
PaÉPXHATION DU SAINT GHKÂME.
Ces oraisons étant finies , rarchevèque de Reims met sur le milieu de Tautel la patène d'or du calice de Saini' Rémi *, et le grand-prieur de Saint-Remi ayant OYivert la sainte ampoule , la donne i Tarchevèque , lequel , avec une aiguille d'or que lui présente le grand -prieur , tire de cette sainte ampoule la grosseur d'un grain de froment de cette huile précieuse *, il la met sur la patèae : puis, ayant rendu la sainte ampoule au grand-prieur, il prend, avec la même aiguille d'or, du saint chrême , et le mêle avec Cîette huile.
Pendant ce temps-U , le chœur chante le répons et le i verset suivant ;
Gentem Fraacorum incljtam, simulcum rege nobili,beatii Remigius sumpto coelitùs chrismatei etc.
Après ce répons , rarchevèque de Reims se retourne
DCS nOiS DE FRANCK. 49^
Ters Famel , et , «ans mitre , il dit le verset et Poraison de saint Rémi :
Ora pro nobis y beatê Remigi ^ etc.
Oremus.
Deiis, qui populo tuo aeterna; salutis beatum Remigium minûtrum tribuisii ^ etc.
Après cette oraison , le roi se prosterne devant Tautel, &tir un long cArreau de velours violet , semé de fleurs de lis d^or. En- même temps Tarchevêque de Beims se prosterne à sa droite , et les évèques de Laon et de Beauvais se tiennent debout aux deux côtés de Sa Majesté. Alors les quatre évèques nommés pour chanter les litanies suivantes , les entonnent , et le chœur y répond.
UTANIBS ET ORAISONS AVANT LB SACRB.
Ce verset se répète trois fois :
Ut obsequium servitutis nostrœ rationabile facias , te rogamus audi nos.
Après ce verset , Tarchevèque de Reims se lève , et la mitre en tète , tenant la crosse de la main gauche , il dit les trois versets suivans , tourné vers le roi , prosterné devant hii :
Ut huoc praesentem famulum tuum Ludovicum in regem coronandum benê{Mlicere digneris^ te , etc.
Le chœur répète ce ver«et»
Après ces trois versets, Tarchevèque se prosterne en-
496 CEREMONIAL DU SACRE
core au côté du roi , comme auparavant , jusqu'à la fin des
liunies qui sont ainsi continuées par les évèques.
Les litanies finies , les quatre évèques qui les ont chantées se prosternent , et Tarchevéque debout , sans mitre , tourné vers le roi qui est toujours prosterné , dît les prières et oraisons suivantes :
Oremus.
Praetende, quaesumas, Domine, huic famulo tuo Ladovico dcxteram cœlestis auxiliis , etc.
' Oremus.
Action es nostras y qaaesumus , Domine, aspirando praevenl et adjuvando prosequere , etc.
Après ces prières , Tarchevèque , assis snr son faateuil, le dos tourné vers Tautel , et avec sa mitre, dit les oraisons suivantes sur le roi qui est à genoux devant lui :
Oremus.
Te invocamus , sancte pater omnipotens , aeteme Deus, ut Imnc famulum tuum Ludovicum quem tux divins dispensationis providentiâ in primurdio psalmalum , etc.
Oremus.
Deus, qui populis tuis virtute consulis, et amore dominai»» da huic famulo tuo Lodovico spiritum sapienti» tu» , etc.
Oremus.
In dicbus ejus oriatur omnis aequitas et justitia , amicia a^ jutorium , etc.
GONSBGAATIOir DU BOI.
Uairchevèque de Reims , demeurant toujours assis avec sa mitre , dit Toraison suivante , et d'une voix plus élevée :
Oremus,
Omnipotcns sempiteme Deus, gubematorooeli, terrae conditorydîspositor angelonim et hominum^ rex regum, etdomîaus dominorum y etc.
Après cette oraison , le roi demeurant toujours à genoux, et Tarchevèque de Reims assis , comme en la consécnration d'un évêque , tenant en main la patène d'or du calice de saint Rémi , sur laquelle est l'onction sacrée , il en prend avec le pouce droit , et commence d^oindre le roi en la manière, suivante :
I*. Sur le sommet de la lête , en faisant le signe de la
«roix , et disant ces paroles :
Ungo te in regem de oleo sanctificato^ in nominePatris-t*, et Filii -{«, et Spiritûs *{* sancti.
Il répète les mêmes signes de croix aux six onctions suivantes , et tous les assis tans répondent à la fin de <5hacuQc : Amen.
a**. Sur l'estomac •, les évoques de Laou et de Beauvais ouvrant les ouvertures faites à la chemise , à la camisole du^oi , et à chacun des endroits où doit se mettre la sainte onction.
S*^. Entre les deux éj^ules.
4**- Sur l'épaule droite. »
49^ césSMOfilAL OU SACRE
5*.^ Sur Tépaule gauche.
&*. Aux plis et jointures du bras droit.
7^. Aux plis et jointures du bras gauche.
Pendant les onctions 9 les musiciens chantent TantieBiK suivante :
Unremnt Salomonem , Sa4ocli «acerdos, et Nathan pi«ph«ta regem in Sion y et accedentes beti dizerunt : Vivat m ib setemam, etc.
Après quoi Tarchevèque , toujours assis arec sa bdtre y et le roi à genoux devant lui , dit les oraisons suivantes :
Oremus.
Ckriste y perunge hune regem in regimen , unde anxisli sa* cerdotes reges , et prophetas y et martyres, qui per fidem vûerunt régna | operati sunt justitiam y etc.
Oremus»
Deus electonim fortitudo, et humilium celsitudo, ipn\B prîmordio per effosîonem diluvii, mundi crimlna castipr voluisti I etc.
Oremus,
Deus Dei Filîus Domînus noster , Jesus-Christus , qui à Patn oleo exultationis unctus est pr» participibus suis^ipseperpizsentem sacri ungainis infusionem Spiritus sancti Paradetî super caput tuum infundat bene*{*d!ctionemy etc.
Ges sept onctions et ces oraisons 6nies , l'archeTéqv de Ileims, aidé des évèques de Laon et de Beauvais >» rr ferme les ouvertures de la chevQse et de la camisole à roi , avec Ses lacets d'or.
Ensuite Iç roi s'ëtant levé, le grand-chambellati revêt Sa Majesté de la tunique, delà dahnatique et dn manteau royal : ces vêtemens sont de velours violet , semé de fleurs de lis en broderie d^or, .et représentent les habits des trois ordres de sous-diacre , de diacre et die pr&trç,
Le roi, ainsi revêtu , se met à genoux devant l'archevêque de Reims , lequel, assis avec sa mitre, reprend la patène , et fait à Sa Majesté la huitième onction sur la paume de la main droite , et ensuite la neuvième sur celle; de la main gauche , en faisant cette prière :
Ungantur manus istae de oleo sauctificato , unde uncti fîierunt reges et prophetae, et sical unxit Samuel David in regem.
Puis le roi toujours à genoux , et tenant les mains jointes devant la poitrine , rarchfsvèqoe , debout et (Sans mitre , . dit Toraisoii ^uivmte :
Deus , qui es justorum gloria et miserîcordia peccatorum , qui misisti Filium tuum pretiosissimo sanguine suo genus faumanum redfmere, etc.
bén]£diction dss ÔàNTS.
L'archevêque de Beiftis , debout et sans mitre , fait la bénédiction des gants , les aspergeant d'eau bénite , et dit l'oraison suivante :
Orêmus.
Omàîjpotens Creator, qui homini ad imaginem luain créato, manus digitis discretîonis iusignitas, etc.
500 CEREMONIAL DU SACRR
Les gants étant bénits*, Tarchevàque de Reims étant assis , et ayant la mitre en tète , les met aux mains da roi , en disant :
CircumdaiDomine, inaniis hujuâ famulî tui Lodovici manditiâ novi hominis , qui de cœlo descendit , etc.