DUCHESSE DE BERRY
Madame ,
Il serait bien doux pour l’auteur de la Flore pittoresque et médicale des Antilles de couvrir de fleurs les routes que Votre Altesjse aime à parcourir en faveur des infortunés; mais un travail plus sérieux, un nouvel ouvrage sur les Champignons, est plus digne de fixer l’attention de Votre Altesse , et plus en possession de flatter son ame
compatissante, car il est destiné à prévenir des acci dens mortels, fréquens surtout dans la classe indigente, souvent réduite, dans les temps de disette, à se contenter, pour unique nourriture, d’espèces plus ou moins vénéneuses de ces cryptogames .
La permission que Votre Altesse vient de m’accorder de publier sous ses auspices ce Traite utile, mest un sur garant, Madame , du succès de l’ouvrage, et fera universellement apprécier le motif qui ma fait choisir, aux risques de ma santé, un sujet aussi dangereux à explorer .
Je suis, avec le plus profond respect,
Madame ,
De Votre Altesse Royale,
Le très-humble et très-obéissant serviteur, DESCOUR.TILZ, d. m. v .
Je devais un asile aux bontés de M. le comte de S. D—, et j’oubliais mes malheurs au milieu du parc enchanteur et des magnifiques serres qui complètent l’ornement de cette belle propriété. J’y continuais en paix ma Flore pittoresque et médicale des Antilles *, lorsque mes hôtes , justement alarmés d’accidens occasionés par l’usage inconsidéré des Champignons suspects, m’engagèrent, par suite de leur beau dévouement à l’humanité souffrante, à m’occuper d’un travail sur les Champignons qui pût être à la portée de tout le monde. Comme la dame du château y devient la mère des pauvres, et qu’en raison de cette gracieuse bienfaisance qu’elle exerce journellement envers eux, elle suivait avec moi un cours de botanique usuelle, il me
1 Huit volumes in-8°, avec six cents planches coloriées avec soin. Les quatre premiers sont en vente.
vint à Fidée de lui peindre à l’huile toutes les espèces nuisibles que nous trouvions dans nos ex-
à mes
dessins ceux des Champignons suspects et ceux des Champignons comestibles : de-là Fidée de rassembler en peu de mots ces trois classes, et d’en tracer un opuscule moins utile aux savans et aux botanistes qu’à ceux qui habitent la campagne. C’est un hommage que j’offre à l’humanité par les mains de
madame la comtesse de S.D et sous les auspices
de S. A. R. Madame , duchesse de Berry, qui a bien voulu me permettre de placer son auguste nom à la tête de cet ouvrage.
cursions ; bientôt on me conseilla d’ajouter