‹ Des champignons comestibles, suspects et vénéneuxChapitre 11 sur 90 · XV · texte numérisé non relu

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répugnent par une odeur désagréable, par une saveur piquante, ou par la dureté de leur tissu. D’autres espèces étant mangées crues seraient vénéneuses , tandis que leur principe âcre qui produit à la dégustation un certain picotement, et une ardeur brûlante à la gorge , étant dé- ' truit par la chaleur, et soumis à une coction prolongée. | elles peuvent servir d’aliment sans avoir rien à en redouter, f D’autres irritent le canal intestinal par une résine acre et indestructible.

Un petit nombre contient un principe délétère que ne manifestent ni le goût, ni l’odeur, et causant souvent la mort quand on ne peut parvenir à en arrêter les accidens.

Souvent à côté d’une espèce comestible , se trouve une l espèce meurtrière, quoiqu’avec les mêmes caractères botaniques. Il n’est donc qu’un dessin qui puisse faire 1 éviter t^ute méprise.

Mécanisme de T irritation.

Si les Champignons, dit Letellier, sont durs ou coriaces , ils agacent la membrane muqueuse de l’estomac, et le pylore leur refusant passage, ils sont rejetés par le vomissement.

Si on a mangé crus, même les bons, ils pèsent sur l’estomac , ils provoquent une salive abondante, des nausées et quelquefois le vomissement. Il ne faut pas s’alarmer si l’on connaît l’espèce , ces accidens se dissipent d’eux-mêmes en quelques heures. Il suffit de boire de l’eau alcoholisée. Si l’on vomit, il faut prendre seulement de l’eau tiède , sans autre excitant.

Les Champignons vénéneux qui agissent par un principe âcre , fugace ou résineux , sont les plus dangereux,;

Ils déterminent une gastro-entérite aigüe, signalée par des douleurs à l’épigastre ; une soif insupportable et qu’on ne peut calmer, âcreté au fond de la gorge ; pouls dur et fréquent; peau halitueuse, vomissemens et selles fréquentes.

Il paraît que ces principes agissent uniquement par leur contact sur le canal digestif. S’ils agissent par le principe délétère , les symptômes sont elTravans. La morne sécurité du malade et des assistans est du plus fâcheux augure. H y a irritation des intestins, mais les défaillances, les convulsions, le délire sont dus à l’absorption.

Le docteur Letellier cite dans sa thèse des expériences qu’il a faites en faveur de l’absorption sur des Grenouilles, La substance délétère étant injectée à forte dose dans le tissu cellulaire du dos, toujours l’animal paraissait tranquille pendant les dix premières minutes, puis il semblait gêné, s’agitait, et de vingt-cinq à trente-cinq minutes, survenaient des convulsions violentes semblables à celles que détermine l’opium chez les memes reptiles, interrompues également d’affaissement; la mort arrivait de demi-heure à une heure. Ce tissu cellulaire n’était même pas rose, et la rapidité de la mort ne laissait aucune trace de congestions sanguines à dose plus faible. L’injection ne déterminait que la stupeur, l’engourdissement , et quelquefois les convulsions.

Il paraît que le principe délétère des Champignons a beaucoup de rapport avec l’opium , puisque, d’après Pallas, les Russes se procurent une ivresse accompagnée de coma ou de délire furieux avec la fausse Oronge ; excepté pourtant que la fungine de ce Champignon donne un extrait narcotieO-âcre.

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