‹ Des champignons comestibles, suspects et vénéneuxChapitre 7 sur 90 · IV · texte numérisé non relu

IV

Division des Familles.

( Voyez le tableau ci-joint de ma classification. )

Organisation des Champignons .

Les Champignons offrent des variétés à l’infini dans leurs formes , leur consistance ou leur couleur. Tantôt on les rencontre sous la forme de petits tubercules , tan-

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tôt sous celle de petits filamens délicats, quelquefois on les observe articulés ou ramifiés $ le plus souvent sous celle de parasols convexes, ou concaves en dessus et au centre 5 tandis que le dessous se distingue et se compose de lames rayonnantes, de tubes, de stries, etc.

La partie supérieure du Champignon s’appelle chapeau ? et le pied qui la soutient, stipe ou pédicule .

On trouve des Champignons entièrement cachés, avant leur développement, dans une espèce de bourse ou coifïe qui se déchire irrégulièrement par les efforts expansifs de la végétation, et qu’on appelle volva( pi. i re , fig. A).

Souvent la face inférieure du chapeau est recouverte d’une membrane qui s’attache à sa circonférence, et qui, lorsqu’elle vient à se rompre, forme, autour du pédicule, une espèce de collier ou d’anneau (pl. i re , fig. O).

Les organes de la reproduction, ou sporules , sont placés dans les Champignons, comme nous l’avons déjà observé, soit à l’intérieur (dans les Vesse-Loups), soit entre les lames, en forme de poussière (dans les Agarics), ou dans des tubes ( dans les Bolets), etc.

Il est à remarquer, dit Richard, que jamais la substance des Champignons n’est verte à l’intérieur, caractère qui les distingue spécialement des Algues, dans lesquelles cette couleur est presque générale.

Les Champignons sont terrestres souterrains , c’est-àdirequ’ils croissentsous terre comme les truffes, ouparasites , c’est-à-dire croissant sur des arbres , sur des feuilles ou des plantes.

La consistance en est gélatineuse, charnue, fongueuse ou subéreuse.

Les organes de la reproduction offrent à l’œil des lames ou feuillets (Agarics) , des tubes ou pores (Bolets ),

des pointes (Hydnes), des nervures (Mérules), qui con-

I tiennent les sporules ou graines séminifères.

La forme du chapeau est hémisphérique (c’est la plus commune), ou en parasol, en coupe , en éteignoir, en entonnoir, en cône arrondi, comme dans les Morilles \ en mitre, comme dans les Helvelles ; à chapeau gélatineux renfermant des sporules qui se trouvent en dessus par le renversement du chapeau *, en croûte étalée , comme dans les Auriculaires (Pezizes), etc.

Il y a des espèces coriaces qui sont sessiles et augmentent progressivement d’une couche par année (Amadouviers).

Dans les Clavaires et les Pezizes, espèces qui sont dépourvues de chapeau, la fructification se reconnaît à la face supérieure et à la couleur de Y hyménium , qui se rehausse en couleur à la maturité des graines.

Le carcyte , ou blanc de Champignon, prend aussi le nom de sporules et de gongyles ou semences prolifères.

Une des propriétés particulières des Bolets est, après avoir été cassés, et leur chair étant primitivement blanche , de passer, après le contact de F air, au rouge, jaune, vert ou bleu.

§ VI

Analyse chimique des Champignons .

Les Champignons renferment, d’après le docteur Letellier :

i°. Beaucoup d’eau.

2°. Une substance qui fait leur base, leur donne leur forme et leur consistance , regardée par Vauquelin

pomme une modification du principe ligneux, et don Braconnot fait un corps particulier qu’il appelle Fungine On l’obtient en traitant le Champignon par une eau alca line, ou par l’eau, puis par l’éther $ elle présente diver caractères, suivant les espèces : elle est tantôt dure, cas santé, ligneuse, et formant la presque totalité des par ties solides du Champignon , comme dans les Polypore sessiles *, tantôt molle et fort peu abondante , comm dans les Agarics déliquescens} ordinairement blanchâtre elle est contenue dans les aréoles du tissu cellulaire Cette fungine est azotée , car elle donne de l’amnio niaque pur par la distillation. Elle n’est attaquable qui par les acides nitrique et hydrochlorique, et par le alcalis concentrés,

3 °. De la bassorine au lieu de fungine, ce qui es rare.

4 °. De l’albumine concrescible par la chaleur et l’ai cohol.

5 °. Une matière grasse et huileuse.

6°. Une matière azotée insoluble dans l’alcoqoh

7°. Une matière azotée soluble dans l’alcohol, et corn parée par Vauquelin à l’osmazome.

8°. Du sucre soluble dans l’alcohol, cristallisable et susceptible de fermenter.

9°. Un acide nommé fungique par Braconnot, libre et combiné à de la potasse.

io°. De la gélatine, ce dont doute Vauquelin.

ii°. De la cire, que le même chimiste n’a pas trouvée,

12°. Des résines.

i 3 °. Des acides acétique , benzoïque, etc., qui sont rares.

i 4 °. Des sels à base de potasse ou de chaux.

j 5 °. Un principe âcre facilement détruit par la dessiccation, l’ébullition , U macération dans les acides faibles , l’alcohol et les alcalis. En effet, si Ion soumet à la distillation les Champignons qui le contiennent, on obtient d’abord une eau d’une odeur très-marquée , mais d’un goût fade et sans âcreté \ puis l’odeur, d’abord peu désagréable, devient de plus en plus empyreumatique, toujours sans âcreté, et ce qui reste dans la çornue a entièrement perdu sa saveur.

Si l’on met dans l’acide acétique, l’alçohol, la potasse en solution, des morceaux de, ces Champignons, vingtquatre heures suffisent pour détruire entièrement leur saveur, et les premiers liquides évaporés spontanément laissent à peine quelques atomes d’une substance inerte ; tandis que la macération pendant plusieurs jour§ dans l’eau pure, ou la trituration et le layage , répétés jusqu’à quatre fois , ne peuvent enlever cette âcreté.

16 0 . Le principe délétère . Cette substance n’est point affaiblie par la dessiccation ni par l’ébullition , et elle n’est décomposée ni précipitée par les acides, les alcalis faibles, l’acétate de plomb, l’infusion de noix de galle. Soluble dans l’eau et dans tous les liquides qui en contiennent, insoluble dans l’éther, quoi qu’aient dit tous les auteurs, elle ne paraît pas susceptible de se cristalliser, et par conséquent d’être isolée des matières colorantes et des sels à base de potasse ou de soude. Elle ne manifeste sa présence ni par de Todeur ni par de la saveur, résiste à une température bien supérieure à cellç de T eau bouillante, et forme avec les acides des sels cristallisables.

Cette substance délétère, selon Letellier, devrait être

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