‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 13 sur 43 · MOEURS DE LA PORTION VICIEUSE · texte numérisé non relu

MOEURS DE LA PORTION VICIEUSE

spnner. Il comiï^n4e des véteipens , et malgré les Uii|Stances de sa femme, il s'apprête à repommencer x^etle vie de désorfires qui l'avait plongé dans une 3i grande détresse , et vers laquelle il semble ramené par une force irrésistible, force qui n'est en réalité que la /domination du vice.

Sous quelque forme que la passion du vin se produise ^ elle dégrade toujours celui qui s'y laisse entraîner. Il est remarquable pourtant qii€, chez les ouvriers, cette passion, qui n'est qu'artificielle, absorbe Joutes les autres, et jusqu'aux passions nar t^fdles. Je n'ai pas besoin de répéter ici que je ne parle pas de la masse des ouvriers, mais seulement du plus petit nombre.

^'es£-ce pas un spectacle douloureux et indigne ide l'humanité, que celui d'un père et d'une mère appesantis tous deux par l'ivresse, et gisans au milieu de la nuit sur le carré de leur chambre , dont ils ikont pu ouvrir la porte avec leurs mains tremblantes! Celui qui les aperçoit le premier dans cette situation honteuse, c'est leur fils, leur propre fils, gui, dans un âge encore tendre, ne peut leur prê-r ter assisijtance , et qui se voit réduit à reposer, faute d'asile^ sur les marches de l'escalier.

Que dire de cet ouvrier qui ne consomme pour fUment, durant toute la semaine , qu'une livre de

DÎSS* OUVRIERS.

pâifi, pour donHor davantage aux 'fiâtnestea délices du cabaret? . • ^-^ . : ^:: •

C'est xlans le même but que tr6is compagn<yÉ&, réunis ea chambrée^ ont résaki de véridrè leurs principaux ;irêteméns et leurs chaussures; et dé ne garder qu'une redingote et une paire de bottés pour leur usage commun-.

H est des hommes en qui la fureur de boire' fidt presque taire les sentitoens les plus impérieux dé là .nature. Ainsi le père de famille qui a vé(?û, Im, sa femme et ses enfans, pendant un <5ertain laps, de temps 9 au moyen des fournitures qui lui ont été faites à crédit, et sur la foi d'un remboursement a^ sure, ne craint pas de calculer ses plaisirs siir lesâ« laire qu'il va recevoir, sans prendre auQtin sOud de ses engagemens. La femme, qiii voit avec an* goisse arriver le jour du paiement des salaires', st hâte d'aller à la fabrique épier la sortie de son mari, pour le détourner de son projet insensé, et! isauter le faible capital qui forme le gage unique dés fournisseurs du ménage. Elle le presse, le supplie vaine^ ment d'acquitter les dettes sacrées de la famille; ses prières sont à peine écoutées; Tamour brut et aveo^e des jouissances matérielles est près de remporter^ lo^que les larmes des enfans présens à cette scène viennent toucher le cœur de ce père endurci, et lui

0)^ MŒURS DE J4A. J^OBTIOJSr VICIEUSi:

aran^b^ii grâp^ à im^ àwimu effort, de It mère^ quelques pièces d'argent destinées à obtenir, s'il est j^p(KifiUQ 9 uoe prplodgiatîon de crédit. JVIaiç , hélas ! C6tte pieuse émotioA tte dure, chesi lui qu'un mo« ment, et çèdQ an^itôt i la fougue des sens qui TéntrapJKi au cabaret^ JM il se mêle avec bonhetir à des orgies bachiques : il joue^ il. dépense, jusqu'à œ qR'enfiPi aprè« denx jours d'absence, la fatigue et la aatié|té le ramènent au logis.

La fennne de l'ouvrier n'apporte pas toujours dans le soin^de sa &mille cette prévoyante sollicitude. Il çat dQ$ femmes qui ne se font pas sorupule de.suivre, A'çec. leurs. en£ans déjà capables de travailler, leur mari à la barrière, poût* aller, disent-elles, faire la noee. Les joies de ces insensés s'y prolongent pendant le dimanche et le lundi; on y dépense une gf ande partie des salaires de toute la famille, et l'on reptre chez soi, le lundi soir, dans un état voisin de L'ivresse^ affectant, quelquefois les enfans, comme leurs parens , de paraître plus avinés qu'ils ne sont eu effet, afin qu'il soit évident à tous les yeux qu'ils opt bu et largement bu : vanité d'autant plus déploiiable, qu'elle tend à corrompre la jeunesse dès ses premières années»

Jies consommateurs lei) plus avides, les plus im« portuns et le^ plus arroga^a des aeeours publics, ae

DBS ouYmmis* « ' 81^

rencofiirent prmdpaléineiit. parmi les oumerô .i]iiii ont £att le sujet ^ ces^ dernières recherches. Flusieiirs de ceiit^i*iie posftèdeHt^'aH^ lit pqur le iDoii« cher de foutp k fiimtllet ce qm of £rë im fiéie^théiêi contraire à la fauté de.4èiit| et.dhpàble de flétrir 'de bonne heure k pudeur des* enfi»)^ D'autres jo^oiift pot^r reposer leur tête qu'on misérable ta» dé pJrilhi oti df^^ copeaux f et leurs enfans tie soilt pas adieu» partagés ) quoiqu'ils travaillent douze heure» «^ai#> jotir^et qu'ils cenfribuent à défrayer lé liéiÉagie '^fâP leur gain quotidien qui ne lUoiHe pas à-HMiti^éiBr dit SOUS. •-•.....• >?:y.s »i

On attribue à ces mêmes ourrier» des traif9''dti^ mœurs^ qui sont le, renversement des oomlitâbo» fondamentales de la famille* Ain» Ven dte. dee kidi^ vidus vivant en état de eonoubinage^ quiy pm^ m accord mutuel, changent de femmes enire^uxv^U^ que ces changemens viennent à se réaliser, les enfans de chaque lit suivent leur mère dans son nouveau domicile. Celle-ci^ en s'unissant à un auti'e homme, a compté peut-être sur un attachement plus solide que le premier ; mais au bout de quelques années, une telle union n'a fait qu'accroître sa famille et ses charges, sans assurer son avenir; car celui qui aurait dû être son protecteur et son soutien l'a délaissée pour £ormer de nouveaux liens non

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moins éphémères que ceux qu'il vient de rompre.

îNous terminerons ce triste tableau- par im <lermer trait qui prouvera combien il y a d'affînité éatre kft déscurdrea d^-une mauvaise vie et le crime.

Non contens de difisip^ leur» salaires àVec le plus fiilempressement, un grand nomlH:è d'ouvriers contractent des dettes qu'ils ne paient pas> et ces dettes seb;nttachent au^ premières nécessités de la vi.e. De là dés querelles -avec le logeur ou le propriétaire , avec le boulanger et même avec le marchand de vttis^ Bians Timpuissance de s'acquitter, on cherche à échapper par la fuite aux sollicitations pressantes efcaiik menaces des créanciers, et on emploie dans oebut toutes sortes de stratagèpies. Il y ainéme certahii ouvriers qui se présentent efifrontémi^nt chez ui» ttaiteur, qui se font servir à dîner, et qui, après le repas, s'esq.uivent sans payer.

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