DES OUVRIÈRES
est le produit foFcé et Go/nmé fatal , de la misère^
Plusieurs de ces infortunées, devenues n^res, et
délaissées par leurs acnans , sont quelquefois ^ité^
duites,vpàr la fatm'et par la tendresse qu'elles {ior*!*
tent à leurs enfans,.à descendre plus bas encore
que le concobinage : *ell6s s'àbandonnent^en gémis-»
' ■ *• sant à 'de viles proxénètes, qui les prostituent à ^àoH^
micile^ ou dans deià maisons clandestines, ou méine àaiùs, des maisons.de p^sse^ et qui, seri;^t des angoisses d'une pudeur luttant contre la dernière .des sotiiUures, les livrent avec une joie secrète à la. lubricité des* inconnus qui attendent leur proie.
D'autres, mues par les mêmes causes, ou par un excès de piété filiale, se basardent à parcourir dans Fombre de.la nuit les rae$ et les boulevards, setdes et avec un embarras involontaire^ dans Teâpoir d'jgit>tirei;; l'attention des passas» Leurs iâlaiies.réser^vées sont, à leur insu, un vif stimulant pour ces derniers j ils i^'attachent.à'leurs.pas, leur adressent des paroles flatteuses , et lei sollicitant avec d!autant pilus d'empressement , qu'elles se montrant phis timides. C'est avec le prix qu'elles mettent pu f^kit^t que l'on met à leurs faveurs qu'elles peuvent subsister, elles et leurs enfans, ou leurs parens io&rmes. Cruelle nécessité, qui les expose souvelit à l'envie et aux injures des filles publiques , qui, se croyant; ia- I. 7
g8 MOBUBS DB Là VORTION YiaEUSE
Tcrtiès d^UDè^ôrte de privilège , le» contraignent à ^itter. )e théitra de leur cyliij{iie industrie , alorâ vitia^ qu'elles apprennent de teur bouche que le êÊhke 4ê leur proBtittitton e^t destiné à faire Tivre des^^enÊuiB en ïm Ag^f ou de ^ieuit parens accablés d'Ufinnités ! Let iwnièrei ^ui Mfit rentraînée^ à se pvtetâtuier par le sentiment affireiDc de la misère, ou iMi^4e^pien3E ootift) êont mtdhfiurwâément nomfamoa^s. Il y aurait une chante kijuaiicd à leataettre mt* hj> même rang t)ue leA filles perdues.
Je me bornerai, qmtkt à.présent,ii ces seule Êiiti^) touchant les dtfféretis' modes de prostitution des owriàresf pour ne pas anticiper eur une partie de «ncÀi sujet qui doit être traitée ailleurs; il me reste oiaintenaot' à parler des ouvrières de filatures et de AbHqueSi *
- Gt6ê étabhssefaiené qui deviennent de plus en plas ta^eentriques' et q^l tendent tnême psr un con- Mitrs heui^etiit de circenstancfes i se porter hors des teuMile la tapïtàle, Bàkkt néanmoins encore eh assez grand liomb^ dans les feiibout^de celleo à cause tite^^rix peu élevé des loyers.
«•4iieà "ouvriers malheureux et chargés de famille, ilé'pfmVant suffire aux frais de nourriture et d'entlr^tien de leurs enfehs avec leàf modique salaire, i^i nédépasse pas soutMt quarante sous par jour,
lits anvmiRM. ^
ni en y ajoutant celiri de leur femma ^{s*6liN«4f peihe à la moitié de cette «lômtlle, sétrcrcLVi^ti-oIttiu géSy afin d'angmenter les Cliblès ressorctrceir^dtt ménage, de placer leur^ enfens dam les établlMtfA mens dont nous parlons, dès f âge oà ils sont cs^êà blés de quelque travail. Cet âge éM t^rdiitaifètllènt de 7 à 8 ané. Jits<|ue4à les enfâns lespltrs "à^'^gttf^ dent les plu» jeunes, pour éeononiiêËrr lé 4teai^'^ la mère* * ^ ho^*
Admis dans ces grandes réunions dV)UVi4éi^ttd[^ sexes sont ordinairement mêlés , les garçons et tes filles se metfent à Funisson des autres enféat^; Hë ton général de la fabrique où de b: fitatOMlk^H^ quelle ils sont ipcorpori^é, influé sur eûty'MfieJ qtf ils s'en doutent, et cette influence «rt SvàHM plus directe et d'autant plus irréslrtible. qtffls é&àt encore dons 'tm *ge tenare natareHemeàt- pdMè% l'imitation. Les adultes dépbut^ de tiMit^ espèifi» d'éducation, né gai^den^t âmîunê mes^ daùs'ieeWi propos, ctilà lie sont touchés' que dé h néce«Slé, de maintenir Fordre làatérîel dans rétatofi^èartàW et l'activité du travail L^entrepi^ueùr etles contre^ maîtres, de leur côté, ne dirigent leurs efibriSr<jflîè Vers ce seul but: qukint à la môrafitt des traviÉlleurs, ilsparaîssent iné pas s'en inquiéter, comme sl% travail ttfe ptiîsait pas sort prfiicipAl ressort da»Tl>r^
ffiO MOBURS DE LA PORTiOfK VICIEUSE
4rQ moral et pouvait être animé par un aiguillon pfti^ {>|iissaDt que le sentiment du devoir et des <;piiveiiance$ socialesî;.il suit delà que la discipline moffàlede rétablissejment est .à-peu-près nulle, et que Ifi vice siège à.cqté du travail.
:. ]^. effet, nulle part on ne chôme plus régulièreiBfMQtl4 luncii;, que dûns les Êibi;lques et les filatures; iitlUe;pu*X.lës Quimers et ouvrières ne sont plus dissolues ; mille part il n'y a moins de mariage et d!|lfi(Bince que ^ans cette classe.
^ .Les ouvriers dont nous parlons laissent leurs eni^S€a;i: fabrique, ou dans les filatures jusqu'à Tâge d^i^ ans. A cet âge ils s'occupent de leur faire faire leur, première communion et les placent ensuite en af)|^r<ientissa*ge dans un atelier ou une boutique d'ar- Iti^. De cette manière 'ils ont pu diminuer leurs charges de tout le salaire gagné par leurs enfans, et se mettiLe qb état de ^urvoir plus aisément à 1^ dépense d'entretien qu'entraîne l'apprentissage. Dans le nombre de ces én£ans, il. en est, qui pleins d'ardeur pour l'instruction, trpuyent le temps et la force de sui]iire lés cours scolaires du soir, après lo à 12 heures de travail.
Les enfans des deux sexes, qui restent attachés à leur première, industrie, se dépravent avant le temps et lorsque la nati^ce . les porte à ise rechercher , le
DES OÙVRfÈR£S. lOI
cœur et rimagination ne répandent aucun charme sur des liaisons produites par des pa$sions purement animales. Une jeune fille devient mère dès Tâge tte seize ans 9 et quelquefois le père de ïenfairt est un des libertins les: plu^ roués de rétablissement où èlte travaille. Quand le terme de sa grossesse approeiie , l'ouvrière ji'hésite pas à se faire recevoir à Çl^ospîoe de la maternité. Elle n'éprpuve aucune des'soUki^ tudea propres au doux; état de mère,À pn âge bùces sollicitudes sont si délicates et' si tendres. vElte ^^(^ k être djélivrée dansle seul but de jouir de s^lib^erlé et de s'abandonner à de nouveaux désordres. Le sort de son' enfant est la chose qui la touebe le moins. Ce trait est un de ceux qui différencient le plus cette classe d'ouvrières, de celle dont il a été questk^ en premier lieu ; car les ouvi^ières appartenant à pettë dernière classe, tout en voilant^yec soin leur gro#« sesse qu'elles se reprochent comme le^ résultat 'd'une faute, ne laissent pas de s'occuper beaucoup de leur enfant et de sa destinée; elleâ font leurs couches dans la maison paternelle ou dans leur propre 'demeure ejt conservent précieusement leur enâmt. ^
Au: sortir de l'hospice , la jeune ouvrière rentre dans la fabrique d'un air effronté .et reprend soq premier travail jusqu'à ce qu'une nouvelle grossesse l'oblige à retourner à l'hospice. Ce n'est giière
mst MŒURS DM JUA PORTIQIf VICIEUSE
4]ii^rès yne ou deux épreuves semblables qu'elle Miaige ^ se mettre en ménage , soit ay§c le père de çf>n s^oond enfant^ qqi alors est retiré de lliospice, IKÛt.av^ ^D-.nouvel amant. Dans cette classe d'ou^ j^ière&on évalue sc^ulemeat à un tiers le nombre des fevimes unies par le Jien du mariage aux hommes nyigjc qui elles vi^nt; celles-ci de même qjie les femmnés i^oliçobinaires godent & éléVent leurs enfans. . . Pour se £iire ime idée'vpaiê de la dépravation des ^Qj^ièf^iqui nous ôccypent^ il faut les observer |(ftM«|ii6 la deri^ièrô heure dû travail étant sontiée, (BJU^s sortent d^ la&brique ou de la filature : ce sont, -Bon pa^ des essaims, mais des hordes de femmes se jlTnmt sans' réserva à une gaîté turbulente et gros— êièrè; ;€e jfradas ne consiste pas seulement en cris |)|tuyans, mais en paroles obscènes et ordurières proférées contre les ^assans ; une femme décente qui "viendrait à se montrer en ce moment serait accablée d'outrages. .
. L'ivfognerie n'est pas rare parmi cesmêmes ouvrières^ elles: font moins usage de vin que de spiritueux; il suffit de parcourir les faubourgs le diman- And. et le lundi pour voir de jeunes cotonnières ou outf-es ouvrières de fiibrique sortant de chez le rogomiste dans, un itat complet d'ivresse ; j'en ai vu qui regagnaient le logis sous le bras.de leur mère, mar-
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chant toute&dewx d'un pas tremblant efmal aaswé: Plusieurs de ces infortunées n'ont pas de chemisés; elles ne portent qu'une légère robe de toile , et l'hiver elles cherchent dans l'abus habituel des boissons fortes , la chaleur ^qu^ Usw rt^fti^ un vêtement insuffisant.
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