AVANT-PROPOS
La question de morale qui a donné lieu à la recherche et à Tétude des faits d'après lesquels cet ouvrage a été conçu et rédigé primitivement , avait pour objet de déterminer les élémens dont se compose, dans les grandes villes, la partie de la population réputée dangereuse, par ses vices, son ignorance et sa misère, et d'indiquer les moyens à employer pour la rendre meilleure, (i)
Cette question, quoique fort importante, si l'on en juge par les termes mêmes de son énoncé , était cependant restreinte à l'observation d'une classe spéciale : la classe dangereuseet ignorante. Afin d'offrir un tableau complet de la lie des grandes villes,
(i) Voici les termes même de la question mise au concours par l'Académie des sciences morales et politiques : Rechercher d'après des observations positives , quels sont les élémens dont se compose à Paris , ou dans toute autre grande ville , cette partie de la population qui forme une classe dangereuse par ses vices f son ignorance et sa misère ; indiquer les moyens^ que tadmimstra" tion^ les hommes riches ou aisés ^ les ouvriers inteUigwis et laborieux pourraient employer pour améliorer cette liasse dangereuse et dépravée.
yj AVANT-PROPOS.
j'aurais dû ajouter au point de vue marqué dans le programme de l'Académie des sciences morales et politiques un autre point de vue beaucoup moins étendu, mais non moins curieux : celui de la classe dangereuse lettrée, à cause du rôle que Tintelligence joue dans la dépravation des individus auxquels ce point de vue se rapporte. Mais les limites assignées par l'Académie à la question mise au concours, m'imposaient le devoir de ne pas sortir du cadre, qu'elle avait tracé aux concurrens. Je dus , en conséquence, laisser dans l'ombre la partie de la population dangereuse , qui formait le complément naturel de mon mémoire.
Lorsque je fus informé de la distinction dont l'Académie avait bien voulu honorer ce travail, et de la récompense qu'elle m'avait décernée , j'éprouvai aussitôt le besoin d'agrandir le plan de mon ouvrage. Je dis mon ouvrage , car le manuscrit du mémoire envoyé par moi au concours, n'avait pas moins de 4oo pages in-folio. J'entrepris de nouvelles recherches, et je fus bientôt à portée de remplir le vide forcé de mon premier plan qui n'était et ne pouvait être que celui de l'Académie. En me déterminant à donner plus de développement u sujet de mon mémoire , je pris à tâche en même teiùps de me conformer scrupuleusement aux ob-