‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 3 sur 43 · AVANT-PROPOS. VIJ · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VIJ

servations judicieuses de rAcadémie qui m'avait si- '. gnalé quelques imperfections.

L'œuvre que je publie est le produit des nouvelles recherches que j'ai faites, et de la refonte d'une partie de mon premier travail. J'aurais voulu indiquer ici les changemens et les additions que j'ai apportés au mémoire qui a obtenu le suffrage de l'Académie , afin de n'être pas taxé d'étendre son approbation à des idées et à des opinions qu'elle n'aurait pas été à même d'apprécier. Mais, toute réflexion faite , j'ai cru qu'il serait plus convenable d'appeler par des notes l'attention du lecteur sur les parties neuves de mon travail , au fur et à mesure qu'elles passeraient sous ses yeux.

Ce livre est, tout ensemble, un ouvrage d'administration et de morale. L'administrateur y trouvera des documens et des traits de mœurs peu connus jusqu'ici , sur les classes vicieuses et misérables qui foisonnent dans la ville de Paris, de même que dans les autres capitales du monde civilisé. Il pourra juger des précautions et des moyens répressifs employés par l'autorité publique pour garantir l'ordre intérieur de cette grande cité, ainsi que la sûreté de ses habitans et de leurs propriétés. Le moraliste, en lisant le même ouvrage, aura la faculté d'y étudier le vice dans ses principales variétés , d'en appro-

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^fondir les causes ^ et de suivre pas à pas le progrès de ses développemens.

La morale s'est constamment produite dans les écrits des philosophes sous des formes didactiques et purement spéculatives; ses préceptes, son utilité, son influence sur le bonheur de Thomme , y sont exposés avec une raison élevée, avec une onction touchante, avec une éloquence pleine d'énergie. J'ai cru devoir m'imposer un autre rôle. U m'a semblé que la morale basée sur les faits, et découlant du fond même de la narration , offrirait un nouvel aspect et un nouvel attrait. T/histoire n'est si intéressante que parce que la sentence de l'historien est placée à côté du fait , et qu'elle s'efface quelquefois pour laisser au fait tout seul le soin d'instruire, ou, pour mieux dire, d'enseigner le lecteur. Il en est de même des jeux de la scène; il en est de même de l'apologue.

Cette union des faits et de la morale m'a paru si naturelle^ et si féconde, que dans la partie philoso- ' phique de mon travail, j'ai jugé convenable de m'interdire toute espèce d'artifice oratoire. J'ai décrit les mœurs du vice, ses désordres et ses excès. Je Tai personnifié, caractérisé, dans les principales conditions de la société, et j'ai ensuite rappelé les lois éternelles du devoir, en essayant, autant que je le

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