CHAPITRE II
De IVnrganisfttioii de la peUce à Paris. — Sear attributions générales. — Dirision de la poUee en deax branches ipoUce admmUtradvc et pdice active, — • Concours des commbsaires de police à laL police active, — Poàce municipale, . prenûèffe subdivision de la poUee aetiTe destinée à eontr^er Vaetion des oom» missaires. — Officiers de paix, leurs attributions dans l'exercice de la police municipale. — FoBeê de gAreêé, autre subdiTÎsion de la poKce active. — Son objet, ses agens ostensibles et secrets* •— ^adicatcurs. — Attribuiiens distinctes des deux subdivisions. •— Action commune de leurs agens dans cer* t«v|ef4|ef«r9wiio^
Xid préfecture de police a été instituée à Paris par ua arrêté spécial du gouvernement consulaire; les attributions que cet arrêté et d'autres actes législatifjs subséquens lui ont conférées > embrassent les personnes , les choses et les intérêts^.
La police s'exerce sur les personnes, car elle tend à garantir, soit par des mesures préventives, soit par des moyens de répression, puisés dans les lois et (H*donnances, la tranquillité et la sûreté des habi* tans de la cité.
Elle agit sur les choses en ce sens qu'elle est api* pelée à préserver de toute atteinte les propriétés individuelles, à régler la commodité et la sûreté de
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la circulation aur k voie publique , à assurer l'exécution de3 réglemena concernant les poids et me* sure§ et b ^lubrité desi comestibles et liquides ex* poséa eu vente , enfin à pourvoir par les mesures convenables à tous les objets qui se rattachent à Thygiène publique.
Les intérêts sont aussi de son ressort, puisqu'elle a le droit d'autoriser et de surveiller les établissemens industriels qui peuvent influer sur la salubrité, les messageries et voitures publiques, les éta-» lages mobiles, les hôtels et maisons garnis, enfin les usines, appareils et établissemens, qui par leur destination spéciale comportent l'inspection de sea agens.
La police se divise en deux branches; savoir, la police administrative et la police active.
La première, qui n'est autre que radrainistratios propr^nent dite, arrête les mesures à prendre.
La seconde a pour mission d^aasurer l'exécution de ces mesures.
Les commissaires de police concourent à la police active, dans leur circonscription respective, c'est-à'^ire, dans les 48 quartiers de Paris. Ils ont près d'eux un secrétaire et un inspecteur. Les huit commissaires les plus occupés ont deux inspecteurs au lieu d'un.
i44 oaGAjnsATioir dc la pouce a paris.
La sphère d'action de chaque commissaire de police reste ouverte dans toute son étendue aux investigations d'autres agens placés sous la direction d'un * chef différent. Ce dernier est chargé de la police municipale sur tous les points de Paris. L'objet de ce service est le maintien de la tranquillité publique et du bou ordre; la surveillance qui s'y rattache est divisée eAtre les ofEders de paix et restreinte à chaque ari'ondissement municipal. Douze de ces officiers sont spécialement préposés à cette surveillance, en raison du nombre même d'arrondissemens.
Les officiers de paix veillent au maintien de la paix publique , arrêtent les déliquans et les conduisent immédiatement devant les commissaires de police. Leurs fonctions sont analogues à celles des constables anglais. Us ont sous leurs ordres des brigadierSy des sergens de ville, des inspecteurs et réunissent plusieurs fois le jour leurs agens dans un local, dont ils disposent sur l'arrondissement confié à leur vigilance. Ces agens sont formés en brigades.
Indépendamment des douze officiers de paix ayant territoire, il en est douze autres attachés au bureau central du chef de la police municipale et qui sont employés à différentes opérations : ce nombre de vingt-quatre officiers de paix est le même que celui qui fut établi par la loi de leur institution.
OBGâVliATIOH 1>£ LA P0UCB A FABIS. l45
^'autres agens sont encore attachés à la pdice miy^îcipale pcmr Pln^pectioii des hôfds et maisons gariris et pour le$ rondes de nint, deux Services très impmtans. ,
A la police municipale qfn^Bst une snbdi^?isiflii de la police, il fimt jjcflndre nhe antre sididinsioiii counne soiis le hoéi de aarrice de sopeté. B cuu fis bi de défimr dâireflteBf le mandat Ile cette derlii£te partie de la priieeyfKltHréMlcrtoatècoafaskm aféc la police municipafoi
Le service de sèreté a éfeé org airisé pour la idr- ▼eijlanee, là rechercbâ et k oapliire des individus prévenus de cHmes o«^ ^dffil», poinr k recherdw et la reprisé des csondamnés évadés et pour la sor* ▼eilkmce des libérés.
Ge senrioe4ie Cgaipalii df>nifc4iflider de pnjsyefaargé dé le dirigéret- mjMt atkii eti àtàn^ mi iasptetiMr prindpalt des brigaditeii^ >oi»-brîyuiicrs et des inspeeOm^ fomant ^^*o»iqqpdie les ^ens ostensibles Ida service de s&reté.
Ces agens qm ont dies appomtemens fixes sont distincts des agens secrets et des indicateurs qoi ne reçoivent cpie des indemnilés mensuelles, proportionnées aux services qu*ils ont rendus ou des récompenses pour leurs indications.
La miswm des agens secrète consiste dans les f. ' «<>
l2|[6 ORGAiriSATIOff DE LA POLICE A BABIS.
recherches et . lés iavestigations nécessaires pour éclairçr le]s démarches des malfaiteurs et pour iadlitQr leur arrest^cm, lorsqu'il^ ^out dans le cas d*être déférée à la justice.
Quant ^ux . indicateurs^ ce sont des homn^es qui, amnt de^TappQrts plus qu tupins. directs avec les ^llpjalfa^^âF^^ par la craiute des châti-
.fW^s,^ par J'appàt 4't^ .récoD^eoaftt à révéler li^^ ttcti4ya$«oi| leurs .projetii à. l'wtprjitéy et à lui signaler 'les lieux où ils déposenyï; le fruU d^ leurs sfipipes^.Ces sorle^, de révélateur^ sont, les auxiliair(9$ l^ss.plus puiss^ns duserrica de sûreté; mais .Jcudrole eçt de couctadurée^parco* qu'ils sont bien* 0t soupçonnés par .les ou^ileur^ ftt éloignéa par leurs menaces. . . v .
, li'â^ncûnistra^B obtient quelquefois des révélalions iqapor tantes, de la part def : mal£EÛt6urs euxfpêmçs. Cçs néYélatiom sont ou spontaaées ou pro- •ji^^ées ^ la pelioe^ qui, dans .ce-omi> met à profit tous les adoucissemens, dont elle peut disposw en ^]Ceui;des ^cisonniel^s pour capter ^4eur.ooiifian ce ejt |e& amener ^ 4es communications , propres à lui £)irç connaître ^inon leurs cpmplices: dans les. méfiait? dont ils sont jaccu^és» au-n^oins les individus qui auraient trempé* ou pu ti^emper .dans certains Qrimes entourés- jusque-là d'u J^, mystère impéné-
OBOAKISATrOlf • f>B LA. POMGB A^PAHIS. 9^7
trable. Lcfà indication^'ohtmiilDs^ la^sarte^ «n^ww le^ woiM prêeiises, mettent ^ovyént Ift poUee siii% trace des malfaiteurs, les plus ruïéset Ibs^pUte^lÉjlif gereux. Les feimnès ;-qtn oiet eu*defr Telaticsi». âl^ec let» «prisonifiérsi ; il<rot l'âdiliiniBCraitioii ^ fftif nA )iif atis utiles f^aiirIft%direction-^ iséf yeeheiuîbeiiLfiioiè femmes, dii^jé> enureent ^ ieûr «^prii i^^fftiPM^ daat extradrdiddre. L'autorité^ an oaUieà 4m **^^ gfavei» 'etabaH*iB»^^8'est proca»é' par teiiir »l»c«l|Se, les rensêigifeœeii3^ 1^ -plnr pcéciëUs . dims f^ife^Mt de la sécurité publique. * ► . . •.-*-*v "*-#,
Le service de sûreté a été placé, quant à l'action^ sous les ordres supérieurs du chef de la police municipale, afin de lui assurer la coopération des agens de cette partie de la police, lesquels sont également aidés, suivant les occurrences, dans Taccômplissement de leur tâche, par les agens de service de sûreté. Le contrôte admini^ratif des opérations, appartient au chef de la i'® division de la préfecture de police.
L'hôtel de la préfecture est, du reste, le siège de quatre brigades centrales, toujours prêtes à se por* ter là où le besoin exige. Une de ces brigades reste néanmoins en pel'manence à la préfecture.
11 résulte de ces diverses notions que le but de la police municipale proprement dite, est la constata-
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1^8 oRGAiriSAVioir d^ uk police a paris.
tiotf-et la réfreasiah dte infraolions de police, et que qdhii dit service île 'ràretë,* est la constatation et la réjSr^sfiiott des crithes et délits.
Ijbs^ commissaires âié> police sont tenus en éveil par résfèce de conUre^poHce, exercée par le chef de la policé munid{»le^et .ce fonctionnaire/ hti-méme, ifiit tapîté k pempHr ^ Aevoîrs par l|i Vigilance CQnllllii6'4ps'C(Mnnûssairea de police et de leurs agens.
fë hé parlerai point de la trcûaiènie mibdivision de It'ÎNDKee,' qtM.est'Ja-^/>ca poUiipge^ parce qu'elle e« étrangère à mo» sujet
MQBUBS '9ES JOVSmS. 149
GHAPiTR£ Ilï.
Des joaenrs: -^ PlMtioAi ^*IU;9%lppoi«Bt' fSi^c. t i ft iH ii^ ttfll^ I^ellrt^p|K»r^•oit^■l^ les g^urpli, soit 4iM|[lMai|boq* ^éiM^Ml^.éUmeos 1er plas déprayés àe la dftsse ^deas«.'«— llliilllilifém aOliiiét «É J«L — tRraiti r ar ac l lâsil^ttes deia'ibwpg de jeli toll lesyiiCipfc
La conditton^ea joueurs esrt'8U}ellfe à tatt* ile H^ cissitudes et à tant dTégaremeM qa'il.n*e6tpa5 ék»*^ nant que la société y* et que Fautorité' publique p^ posée à sa garde,' les considère comme des Et>0|iies dangereux. Le jeu est lîaë des pasùçus auxquetiJBS la. classe vicieuse se livre ayecle plus d'ardeur. Les iudi'vidus de, oette classe qui^font dominés pw ¥tt^ mour du jeu^ deviennent tôt cs^tprd l'effiroi de ly^us les gens de bien; car ceux-ci tnrvaîlleQt poqr éôoaomiser leur superflu, tandis que les premiers* ne Ira» vaillent que «pour assouvir leur passion^ et cdmm^ cette passion est la^plus tyranf&ique et lor plus.déw^ rante de toutes, il n*est pas d'excès dont ètté ne les rende capables.
Parmi les jàueurs de profession, il en eft qui Ht sont préoccupés que du besoin de jouer (je parle
des Joueurs de bas étage ou de ceux qui appartienfient 9^ la classe lettré^ nmisf nécltesitênse). On dirait que Factivité de ce besoin absorbe en eux tous les àutces besoins, mf me les plus impérieux; ils retranchent le plus qu'il elt jfKKuSbto y M]i^ leur nourriture, suF leurs vétemens/sur leur coucher, afin de four- ]iii;^:à^lçiu;j9rnUepa06iaa;^^ fréquemment les mau-^ ^CCI^iÙi^i^^ (9D9{^lëiit la plus -forte partie du produit deleufitrMail^àleDterlos iMnards du tapis ▼ert , et ils dépensent à regret une pièce de deux «MuifMvnr n^Tpmef leur. te|te.3iir 4^4a .paille pourrie QHitlir.dfà^chiffoiifi ft^uîUéc» defiing6..TeIle est pourtMfirit kq^iiastinée de c^aq^e. jour, destinée qui les r^ '..' n^riMh niveau des ▼agabonds et des voleurs , fa- « '''èvEiera^das mêmes r^>aire6«
. Cette communauté d'habitation , ces rapports weol^ rebut de la sqciété, secondent puissamment ke^eiteîcieoses'inflavttjees de la passion qui>les subjtigtrft, Ertv^s. souvent d& leur dernier écupar les «oupti du sort-, et tollicUéa par la passion, cause de lewriafdrtiine-y ils se jettent dans la carrière du tsmne^ ii'la.siiite de» voleurs qui iiabitent avec eux nfusle'ftaéiiie-toit, ou qui éprouvent conune eux les tourmens de l'amour du jeu. Cette extrémité est, if la ^longue ,' le pantage de k* plupart des joueurs. Avmi les préposés dé la pollce'*^8ont-ils tous enclins
MCKifRS DES 'fOTTEXfgS. I&l
à mai augtirer de cette classe à'homraes; dontr^ife' ne parient •qfh'àvee uile prbfoirfé Te«flinrtséï«iéitV 9k coHHnede gens dévoués au evime.
Le jeu est une dleits'paçsibns les phis tenaces^ àh.eà les malfaiteurs. Ce» hLôis&mes, qêf vhrènt dlef*si*'i<e4' lorsquHla' n% irem^eirt^âïf Vocoasion dei déjicruSftîllfS^ les hoanété^t gens, sont emportés par fe f ut<eiu*- dSê' dépense^, 1ôlrts(]ne qcfêlcjile rslpin^ Inatténdfi^ lés'^k mis en pDsséèsÎ0ti d*Une «ditohiè un peu êlfevétfw Poàf^ suivis sans cesse pai* la éraihte d'être découtêrtâii!; arrêtés paria police ,*tts se kàtent ûe jouît. lies éiaô^' tîons brûlantes du jeu scml lAte de leiirs |)11lw chériÉr délices; la débauche et la gloutonnerie viénnéMf ensuite. Voilà pourquoi la police, malgré to^^K^ . ,^
diligence et tous ses efforts, ne parvient que trfesi'^ rarement à saisir intact \e fruit de leurs méfaiÇs^' Cette cruelle passion du jeu les obsède ju^ue oaiis les prisons , et les entraine ||dii||^uefois à des excès qui tiennent de la démence. On cite des prisonniers qui, après avoir perdu en un instant le produit d'une semaine de travail , n'ont pas craint^' pour assouvir leur passion, de jouer par avance le pain qui devait les nourrir pendant un mois, deux mois, et même trois mois; et, ce qu'il y a de plus surprenant, il s'est rencontré des hommes assez féroces pour guêter, pendant la distribution des vivres,
fBsk UOÊim» MB JOIWJE8.
ÇQux dopt ils avaient ainsi gag}ié la nourriture, et ]^ Jliaa -quitter ^'apjrèa leur avoir arraché, le mor* ceau de pain dont iU ne pouvaient ae passer sans 8QU[flGrir (i). J^ajouterai un dernier trait qui mon* tvera'>Mqu'à quel'^int b délire dé ramour du jeu paài aveu^er un être raisonnable. Les Boédedns «le la nuiison centrale du mont SdnIrMicEieiJ ont obaérvé un condamné i|ui jouait, avec une telle ardettr, qp'à l'infirmeriev tput malade qu'U était ^ il livrait ^MJ^ chances dû jeu la ration de bouillon ou 4fB.viQ qui lui eût été .ai -nécessaire pour rétablir ses fiir4CS'é|N]i5ée8. Ce nMlhçureux est mort d'inani* îiaii* (a)
(i) rbir VAnAyM det.répontés des ^irecteon des maisons centrales, de force et de correction , k diverses qneçtidns posées par le ministre de Tintérieurii sut les effets du régime de ces prisons^ page 'So.
^)7rf., page 8f .
PROSXITCJTIOir ; S9& ^ivisiohs.