‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 24 sur 43 · D£ LA PROSTITUTION PUBU^UE · texte numérisé non relu

D£ LA PROSTITUTION PUBU^UE

Cité, des Arcis, Saint-Jacques, et en général dans les rues voisines des places ou des lieux publics où la population ouvrière se rassemble. Plusieurs d'entre elles, indépendamment de la banalité de leur industfie, ont pour amant utile un ouvrier^ dont elles reçoivent la meilleure partie du salaire, et un amant heureux ou souteneur à qui ce salaire profite, et qui, le plus souvent, est un* ancien repris de justice. Les forçats et les réclusionnaires libérés recherchent les femmes de cette espèce^ comme maîtresses, etla protection qu'eues en^ attendent dégénère presque tou* jours en 4:yran{iie. Quand un ouvrier, attiré par les invitations d'une de ces prostituées, se laisse eptraî^ ner dans un cabaret, le souteneur s'attable avec eux, excite à la dépense et, dès qu'il s'agit de payer, il exige que le simple (c'est le nom que l'on donne à ces ouvriers) paie ppur tous. Cette exigence ou plutôt cette contrainte est appuyée, au besoin, de menaces et de coups.

L'attachement des prostituées pour leurs amans est passionné et va, chez plusieurs, jusqu'à l'exaltation. Dans la classe inférieure et grossière , les invectives, les mauvais traitémens^ les coups. et les blessures, qu'elles reçoivent. de leurs souteneurs, ne sont, pas capables d'altérer }£^ vivacité de cet a:ttachement; elles attribuent à ceux-ci leur grosse/sse,

170 ^ ,!.▲' mOiTITIfTIQlf PUJBLIQD£.

àrimitation des filles des degrés supérieurs, et les lettres qu'elles leur écrivent de la prison se font nmanqaer par des protestations d'amour et une tottTenance de langage qu'on est surpris de reneontrer dans le commerce intime d'êtres aussi dégradés. Cet amour, quelquefois trompé durant leur détention, occasionne entre elles et leurs rivales des ijueFelles suivies de coups, «t Ton a vu de ces malheureuses^ transportées de fureur^ se précipiter sur leurs amans, un couteau à la main, et les en frapper.

' Le rôle .utile que les souteneurs remplissent à Té* gard des prostituées, consiste à vmlier-sur elles quand il est de leur intérêt de contrevenir aux fféglemens de police en se montrant k des heures Indues sur la Toie publique , ou en pénétrant dans des localités qui leur sont* interdites; s'ils aperçoivent un inspecteur, ils en préviennent les filles et les font disparaître, mais leur avis n'est pas toujours opportun ; ces filles peuvent être prises en contravention; alors une dispute s'engage entre le souteneur et l'inspecteur, ejt si ce dernier veut donner suite à la contravention, il doit s'iattendre à une lutte violente dont il ne sort pas toujours avec avantage.

• Nous avons ihdiqué au chapitre II, le nombre des maisons de tolérance qui existaient dans Paris. Ces maisons sont de deux espèces: les unes contien*

im hA BEOSTIXUOqXOtf PJUBUQU£. I7I

Hent des filles publique à demeure i les autres, qui preiuient le nom de maisons de passey servent de refuge, tout àrla-foîs, et ^ des filles inscrit/ et à des filles ou femmes non enregistrées qui, jae Êuusant pas publiquement métier de se prostituer, sont par cela tnéme affranchies des prescriptions imposées aUX prostituées, et de la séquestration qui suit les atteio* tes portées à ces prescriptions* Les maisons de passe ne sont néanmoins tolérées qu'autant que les femmes qui les tiennent conservent en permanence ' deux filles publiques assujetties au même régime que les filles des autres maisons de tolérance, La prés^œe de ces deux filles est exigée pour rendra la imisem qu'elles habitent accessible à toute heure du jour et de la l^nuit aux inspecteurs, qui peuvent par ce moyen atténuer et régulariser pour ainsi dire les in* convéniens inhérens aux maisons de cette catégorie^ Les femmes qui tiennent des maisons de prostî^tutiou ont pris d'elles*-niémes , il y a quarante ans^ le titre de mditressesy de dames de maison, L'ad* ministration l'a adopté 9 non pour diminuer lV>p^ probre et le mépris justement attachés à la vile industrie de ces femmes, mais pour substituer aux anciennes dénominations plus ou moins mal sonnantes une appellation plus en rapport avec U» scrupules du langage de notre temps.

i^a DE "Ul PAosTiruTioir pubuque.

Pour avoir une juste idée de la bassesse d'âme qui fait agir les femmes $le cette espèce , il faut savoir qu'avant de solliciter ce qu'on appelle dans Tidiôme administratif une tolérance, elles appartenaient à la classe des femmes galantes, ou des filles publiques isolées, ayant à leur disposition un capit tal, fruit de leurs économies ou des avances à elles fiâtes par des hommes qui avaient entretenu avec elles d'anciennes relations. Les domestiques ou les femmes de confiance des maîtresses de maisons tntitent quelquefois avec celles-ci de leurs fonds, ou leur succèdent, en cas de décès ou de banqueroute. Ces établissemens sent du rang le plus infime , ainsi que ceux créés par des femmes mariées, qui, pour achalander un' cabaret ou un estaminet, y logent des prostituées; ces mêmes femmes tiennent quelquefois un garni rempli de prostituées; et, pour le conserver plus sûrement , elles en font une maison de tolérance. Ces sortes de maisons sont, en effet, plus aisées à surveiller que les gariiis ; et c'est par cette raiaon que l'autorité les préfère.

L'administration s'est imposé la loi de n'accorder de tolérance qua des femmes, alors même qu'elles seraient mariées. Dans ce dernier cas, pour ôter aux maris tout prétexte de s'immiscer dans la direction des maisons tolérées ^ elle stipule formellement que

DE L\ PAOSTITUTION POBLIQU^. I73

la v^sponsabilité des prostituées ne devra peser que sur leur femme. L'exclusion prononcée à cet égard contre les hommes est empreinte d'un caractère de moralité qu'il est plus facile «de sentir que.d'explt^ quer. C'est dans le même esprit qu'il est interdit à une maîtresse de maisoli publique de prQstitution de garder ses enfans chez.elle. C'est une condition* à l'accomplissement de laquelle l'administration tient la main avec la dernière rigueur.

Les maisons de tolérance se divisent en quatre classes : elles ne sont généralement occupées que par des- prostitqées, commensales de Ig ipaîtresse de la maison, et à demeure chez elle, ou logées dans une dépendance de .cette ipaison , et libres de leurs personnes aussi bien que de leurs actions. Chaque femme pourvue d'uuQ tolérance reçoit un livret divisé en deux parties : l'une est destinée à l'inscripr tion des filles placées sous sa surveillance et sa responsabilité immédiates; l'autre à l'inscription des filles libres; Celles-ci sont visitées, au dispensaire ainsi que nous l'avons déjà dit} les autres spnt>oi;imises, dans.la maison même qu'elles habiient^.aux investigations de l'un des médecins du dispensaire. Ces inv^sstigations ont lieu toutes les semaines; et chaque fois que les filles changent de. demeure , la mention en est consignée en marge du numéro

âinscription de ccfs mêmes fille* qu'on appelle commanément filks en numéro , par ' oppod'ition attx filles isbléfes, qui reçaivem la dénomination de JUhs en eufteâ. * .

lies MoyeM employés potrr le recrutement des pfostîttrées méritent de fixer rttfenfion, pâree qu'ils mettent à nu régoïsme, l'astuce et lal profonde dé^ prdtatîou des éfres qu'on est contenu d'appeler dames de maisons. Ces femme» od!eu!ies soutien*^ ment' dans le» hApitauic^ et en pariiculier dans celui des Vénérien», des prostituées malades, sortant quelquefois de ehe2r elle», lesquelles ^e lient àdroi^tement àtec les persotmes de leur sexe, qui, par leur jeune^oe, leur» agrémen» extérieur» ou là tonr<ntirv de leur esprit/ pourraient eonvenir à la classé d'hommes accoutumé» à fréquenter les établisse* mens de celle» qui les font agir. Sur le» aris que les msânresses de maisons reçoivent de leurs affidées , rfles se déterminent à traiter ou non aved les ^njets qui leur sont désignés. Si le traité se conclut, la cSMirtière donne à titre de cadeau^ à la fille engagée, tme robe- et un cMle, et, de plus , une gratification de quatre à cinq franco par semaine, pendant tout le temps qu'elle doit séjournei^à Itôpital. En même temps une prime lui est accordée à elle-même, comme récompense, suivant la qualité du choix. Cette prime

BS Uk FROSTITUTIOlf FUBLiQlIfi. I75

p6at s^éleTer jtisqu'à - cinquante f ra^nc». Les filles parmi lesquelles ce recrutemeût s'opère avec le plus de fiidlité sont des domestiquer «ans place , ou des ouvrièreij quî, perverties depuis long-^temps^ n'wit d'AOtre ressoitree que la prostitution pour édbap|)er à la faim^ et le procurer tm abri au sortir derhô^ j»taL *

Il têt dêê dames de maisofi» qui .ont des correi» pcm AHfttea dans iea pay» de *&briqaesy pour alimeol» ter leur établitsement; ^lee y ènVcriietit même des eomttM^vof^€fùfs* Quelques-unes se méns^ent <ks intelK|[0ncés »rec ces g^is qui font métier de pla^ cer de» domestiques ^ et dent les affiche* conrrent lea murs de Parii« Les filles les plus jolies lem* sonl adressées comme domestiques^ et en peu de jours^ oeis malhetirefises, séduites par l'appât de riches vè* tentent nst de toute» k» ^mmodktéê du lus^/ m Touent i la prostitutioii , irlctimes^. san« le savoir, d'une détestable embàciLe»

Enfin iyiesrtpde ci^s femme» qqi, mecnne cynique audaeèy percoorent [dusiecir&£(>i» p^r an Bouën , lé Havre, ceitAineif ville* de là Rîtedre^ et parlîcttlî<M ment BrtnteDes, pour expkriter ii leur profitia t^^ reté, la tanité^le Kbertin£^e on la misère des jeuMM filleaapparteitenl! aux classes ouvrières. Né pouvant,' d'après tes défenses qni leiir sont faites, diriger plw

176 BK 2.4 PROfiTfTirflON PUBLIQUE.

d'une tnai&oii k Paris, elles parvientieiit à. en fonder dans^Fune de ces villes, et font passer sans cesse leurs filles d'un point sur un autre, suivant les conirenances et les besoins.de chaque localité.

' La dernière classé des maîtresses de maisons, étant hors d'état de selivrer àcôs*manoQuvres, emploie d'atftres moyens de recrutement. Elle se sert d'émissaires qui pénètrent dans Ig prison où spnt détenues les prostituées , et qm engagent celles qui leur conviennent, à l'aide .de quelque cadeau ou de quelques secours en argent. Les mêmes émissaires se tiennent en observation aux abords de la pri^n, et. lorsqu'une fille est\ mise en liberté, elles lui offirent un refuge dans Ja maison qui. les envoie* Du resté, il est notoire que les filles refusées dans les établissemens du premier et du second degré réussissent à se placer dans les établissemens inférieurs. . Les filles, dites de maisons, ne retirent d'autre fruit de leur prostitution journalière, que la nourriture et le vêtement. Ce fait est général et. ne souffre aucune exception, pas même dans les maisons de tolérance du premier degré, où certaines fi^lles procurent aux maîtrj^ses de ces maisons des recettes qui ne sont pas moindres de plusieurs milliers de francs par mois. Les filles de ce rang sont entourées de toutes les racher<iies du luxe. Vêtues avec une

DS LA PROSTITUTION PtJBLTQOE. tj^

extrême .élégance, elles n'ont à* s'ocoWper que clti soin de leur personne. On les entretient dans une eisivftté' abrutissante et dans les ^oûlâ d^une sen«iil«i liteide table ^ propre à les étourdir Èor là dégrâda^ii tion de leur état et sur la misère qui les attend. CéÉ filles, celles surtout qui ne sont pas encore inilîéeii à la vie intime tles niaisons de tolérance, s'abanilMp^ nent dans les commencemens.à toutes les illusi^ntt de la faiblesse* et de la vanité de leur sexe. Les p^ rôles emmiellées de leur hôtesse hypocrite ne cDn«* tribuent pas peu à prolonger leur erreur ^.rnaiç eQea ne tardent pajs à s'aperi^^voir qUe ees paroles cacbent le calcul le plus vil et la plus froide indt££ér!eiioe. En effets attachées à ia gl«be de Tiufemis, privées de toute liberté dan^ Içurs "rapports avec les Êimlliers de la maison, il faut, pour i'^tHité- suprésM de celle-ci «qu'elles surmontent leur répugnance eC jusqu'à leur dégoût y qu'elles endurent xnéme en silence les mépris .et «quelquefois 4es mauvais traiter mens de ceufx qui les approchenl^ Malheur à la filk qui excite la vogue! pour elle, ppint .de répit }in« strument servile de la cupidité d'une femme déssiao* norée , et pourtant hautaine^, elle est condamnée à subir toutes les conséquences d'une faveur . passait gère, aux dépens de sa santé et quelquefois au péril

de sa vie. Eu cas de maladie, celle qui, la veille, I. 1%

1^8 vu, Jé^ PAOSTiqrpTION pobuqus*

jqpigwit de tous les avantages d'une richesse factice, à^utl^n prodiguait «égards, empressemens et obligfMWJb^ protestationsi est tQUt-à<:COup écobduite* de

sa iNiillAOte demeure, et reléguée dans un hôpital. dméi désappointement d'une infortunée , victime ^um 'MjBre trafic et d'une noire ingratitude ! -«('rliiMntiment d'indignation que cause aux prosti* tnéAsûoetle ingratitude est doutant plus poignant, qoBifB misérable qui pressurent leur jetinesse et leue^beautévdans leur unique intérêt^, mettent en es^vralifeCMis les' moyens pour river la. chaîne de leur eedfewge, tant qu'eiks peuvent tirer parti de leurs penonàes. On* sait que les filles -de maisons reçoivmtiMrdinaireliient de cew qui les £réquentent une Ugàro marque de. libéralité, ce qui est iiidépendant du salaire dont l'exploitante fait son profit. Cette faible rétribution est le denier de la prostituée, et pourraiir devenir un jour le pécule propre à assurer SQiii4dEGncnchissement. Mais le démon de la fourbe et' du hicre est là: il veille sur sa proie, de peur qu'elle ne liu échappe. Plus elle est soupçonnée d'éooBÔmiser, plus -on Fexcite à la dépense; et les tentations, lui 'sont offerte^ non-seulement par la principale intéressée, mais encore par les viles créatures qui -composent sa domesticité. D^autres manœuvres sont employées à l'égard des filles qui, &scinéespar

le prQstige 4e fe^r, positlop ,.Q'aQUp»3 ^R^p^MMftlgé à mettre eu réserve les dons^ pj^rticalio^^ AhMmW sont faits. Afin de. les lier. 4'juxi^*ji^QièrQ pl})lMïyw9 k la maisoQ qu'îles «n^chii^aly ^ûP;l% e^çQWRgi. à se livrer au plaisjir du. spept^cle, ,4^ b?!» fP&9i k toutes, leurs fantaisies;, et Voq ff^urnit'pgr 4ef j^^nces à cçs..per£ides divertis3ei»enâ créé« tqut f^jggsi pour perpétuer leur ^rv^e, car. de-psM^gJilJ^s ^jj^aig^ constituent €;n, général popir. les J&llesi pi^lt)U^U^jl^ dettes sacrées. ... v..^»

C'est ainsi que la conditipn des fillei^ dfi vïïMJWWiy est pire, sons les appareoices Jesplus sééfijjsantes, quQ celle de la, dernière de$ fijLlçs jibres^ U n^ ^^iJ^ pas^ 4u reste, se méprendre, sur 1q «eryag^ dçs ^IUa^ de maison. Ce servage tient à lei^r dénûment. pqi?f sonnel, qui les pviv« des. çioyens de recQ|i)3U^érîr leur liberté^ faute dç vétemeus.el: dci.tpiil^^^èf^ de ressources. ^ cela près, il Ç3t ^çi^^le 911X jQJIçf de cette classe ^ passer» seloflt kip^ propres (X}ji^ venances. à l'état de filles isolée^*

Les détails, que nçi^ .Tenons de donn^ ftf r )^ rapports e^istans entre lei^iilies du pr^ipier .^^SK^ et les femmes dont elles dépendept, ^'applj^iteDt^ tout poiut, sauf les différeuces dç po3itiaUy guj^ prostituées des Autres degrés et aux in^tr^sses de

sons qjii les gouvernent. v •

i|o m hk MDsmtmmr publique.

^iTMlfVtiicj de»daiM8 ie maisons ne se borne pas i hpfè i tftuer dés filtes «[javelles entretiennent , elle Mùsiste tusri à looélr pour an temps fort court des .jfambfes gàrpis^ de nÀoUâ plus au moins élégans à ée$ iMdividoa de l'ftn et de Fautre sexe.

Ceci nous râmèàe à la question des maisons de pMlsè cpie nous it'avons fait qu'indiquer en donnant mnë idéQ géDértUe des maisons de tolérance et qui Be.ràflàchtfnt , en raison de leur caractère indétermittéy aux tnaisons pnbliq[ues comme aux* maisons chotidestmes de prostititâon.

Il est triste dé penser, que ses maisons offrent un Mfoge non-seulensent aux filles publiques isolées^ mais encore k des femmes de tootes conditions, qui ne sont point inscrites sur les re^stres de là prostitution. Ces femmes'se composent principalement, de domestiques, d'ouvrières, de certaines femmes mariées qui ne craignent pas de franchir le seuil de fantre de la prostitution, de jeunes filles, entraînées par les promesses trompeuses de quelque séducreur, on ^i déjà pei^erties, y attirent elles-mêmes les hommes dont elles se font suivre ; enfin d'actrices du dernier rang ou de figurantes.

Les inspecteurs n'ayant point d'action sur les femmes qui ne se livrent pas habituellement à la prostitution ne peuvent que surveiller celles de ces fem*

DM LA PROSTITUTION PVBUQlàk «§«

mes dont ib (ont la reHContre^dai^i left yntiWÉfc j^ passe^afîn de prévenir ou dé réprimer legBçâlj^duht qui pourraient offenser. la morale publique, réte leur mission et elle n'en est pas moiiM j| puisqu'elle tend à éclairer eçs rédtiits éqm¥4 de la prostitution. t ^

Avant de pénétrer dans lés secrets de ta fifti tion cl9ndestine,. lions dirons^ «{uelques 1»ôlft .^i foule d'établissemens, tels que msàiOBè igÊLtwm^ftt tits cafés, estaminjets, débits d'eau^de-vie, et cabirela ouverts, soit à des prostituées inscâtesy maiapM'^BH pressées à se conformer au;L. régIei]Qi^a aa^ititip^, soit à des ouvrières ou à- de» pgétendiies s^rijUlft? qui ont été assez prudentes ou aasez heurèuiaftpowr se soustraire aux iqvesjtigatîons des iiispecteuK3^ .

Ces établissemens qui peuvent /étre.cioj^siclét^y comme les stations avancée^ d&Ia- prôstîtiitV^i tiur destine, sont cépandusr sur tous.ljeji point» 4ii ^CNÎ9f mais ils abondent principalement dans Iqp kka^kés où se rassemblent les ouvriers et fe baf ^çupl^ On peut mettre eh tête de ces localités les gracidts barrières, presque tous les bouletards extérieiirsy otox de l'Hôpital et du Temple, la rué f'roiàm^nteauet les lieux circonvobins , les mes qai toUjChcnt aj^ grands ponts du centre ou qui )^ aboutissent» f^

Les fiUes du plus bas étagç sont en possession de

A^ ifÈ ù^fttosrhîmoif' PUBLIQUE.

#ll!|^iJU!i lé^'iflnftôfis que taons venokis de citer, et I#itf6iticltl8 qu'elle» y' attirent eh font de véritables jlAMIfes. Les gens qui tiennent ces mâfuvais lieux ne mj^tM «en, d*aîHeurs, pour captiver Tes filles auxl^fRlhlJi ils'dditetit tout leur achalandage. Beaucoup

• d'entre eux les paient même pour vénît danser ou ^lÉkt'ht jouftaéa cbè^ eux; if en est qui affectent de flVlltrftcff cotùine lèilrs domestiques, afin de leur |M>fft«^tt iMirflltéde's&rtir librement et de les délaïUttfl bontrâ TàMion dèf là police:

^* K trc gs è tègae en penrfâOieiice dans* ces Ueux de dAuHf ie'^t Aè ' ctipvle. Les filous y font de nomb!MnSêii'vlctifrf6S,'et Iftbù lès soldats ont coutume IJKH^ilMmr, lesfiUes se' livrent bu± ébats les plus licetfdénz et les ^lUs dégoûtans ; elles dansent la pifieil lï bouche et dans les postures les plus indédMteS. Ces filles sont presque toutes infectées et ne sewutnettent que de force aux pï-escriptions sanitàîWfJÈ;; > '

• Là pf ôMithtiop Comme les autres ^ices a ses de- ^rtsl Lé dernier de tous est occupé par des femmes privées, pour ainsi dire, de tout sentiment moral et plongées dans une abjection 'qui fait horreur au grandiiombre îles prostituées. Ces femmes ne se mdntrètit que la nuit, elles errent dans des endroits êtà^èSf parmi les déiemnbres , sur les marches des

HE hÀ MOSTJTUTI(»r PUBLIQUE. f 83

€8Cdliers'ou sur* les chaussées basses qui mènent à.

la rivière ; elles font métier de se prostituer, au rô*bais le plus bas et d'aider de leuF^ntrei«i^eie$ pé^dérastes et les valeurs, Conmies vulgairement âoUs le aom de piêrremèê^ elles sont répudiées pw iés prostituées efi iBaise, pou^ qui tin pareil nom eSsïl^ plus saàglant outrage qù'ujOe femtiie- même de tetM' classé puisse recevoir* •

Les filles que nous- venons de dé^signer, aiilsi qtte celles qui fréquentent les barrières ou lein>à environs i donnent Keu souvent de la piart de la {5olîce , à des battues dont F-effet est de les contraindre à se soumettre aux réglemens sanitaires.

La prostitution ptiblique esesôé son influence siCt* la surface presque entière de Parife; elle est cependaM interdite dans certaines zoiie^, et les mesures prohibitives prises à <îet. égard par Itâdmfaiistratidh^ sdhtmarquées au coin de 1^ sag^e él dii diiscernetaeiit le plus réfléchi. M. Parent-Dûchâtelet , dans Itmr vrage duquel j*ài puisé une grande partie de mes documehs sur ta 'prostitution, itidique d'une tfiahière précisé et détaillée ces diverses zones. Ausuifplus , dans les endroits qui ne sont point frappés d'interdit., les filles de maisons sont astreintes à ne pôiht frânchii' le* seuil de leur porte', ou à se pro-^ mener dans ub e^^ce déterminé ^ an nombre d^une

i84 DB ui <»iio$xiTunov pinitiQOE*

ou deux par maisoiv Quant aux filles isolées , elles xtfi sont pas circonscrites dans leurs courses^ mais Iqs uneft.iiA^s autres doivent s'abstenir de provoqM^ leà^^àssans^ sous des peines ^sévères. Cette derjai^ mesure y. jointe à celle qHi oblige les prostituées à -se vêtir décemment i.a dopné àla prostitution publique dans Paras des allures^ qui frappent l'étranger d'étonnement^ et qui ne sont plus , comme luitrefoisy ui^ sujet de scandai^ pour les femmes honnêtes.

Afalgré Tavilissement attaché à la qualité de prostituée , il est juste de dire que les filles publiques ne sont pas dépravées dans le fond du cœur autant qu'elles le paraissent; un des traits particuliers qui 1^ caractérisent, c'est la bonté : cette précieuse qualité s'épanche autour d'elles. , noA-seulement sur Itô auteurs de leurs jours et sur leuf s enfans qu'elles aimant avec lyie vive tendresse, mais sur leurs compagnes malades ou détenues, et- en général sur les malheureux en faveur desquels on sollicite leur assistance, he cynisme qu'elles affichent par fois ne leur est pas naturel ^ quand il n'est pas provoqué par les sales plaisanteries de leuts familiers ou de leurs souteneurs ; elles n'y ont recours que par un calcul de leur métier, et ce calcul a sa source dans leur têtô et non dans leur âme. L'étart de celle-ci se

DS SiA EROSTITUl^ON (XAKDESTIKB. l85

montra sans déguiséknent durant leup séjour dans la pHsoa ou dans rh6pital. L'instinct religieux sur* monte alors chez elles la Toiupté des;|É^|(jij^^t leur inspire Âes paroles* graves et j)énétranteÀ/l^ témoignent combien elles se trouvent méprisables à leurs propres yeux et combien la pratique de la vertu ofjFre de consolation et de charme.

Les causes d^ radiatipn définitive des prostituées, sont le mariage y le travail , des moyens d'existence assurés , la cessation reconnue de la prostitution , la remise de la fille à ses paréns , la vieillesse et les infirmités, (r)

Page 1