‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 28 sur 43 · CHAPITRE VÏI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VÏI

DesfilolUf Tolean, escrocs, Tolenses et receleurs, (z)

SECTION l".

Contid^tioBs sor lat causes da toI. — De la tùêète et des degrés par lesqaeb l'honnête honune malheureux est conduit su toA* — Du vol commis de propos délibéra et dans un esprit de fraude. — Des petits toIs ou de la filouterie. — ManœuTres des filons. — Vol simple ou qualifié. —* Différentes espaces de Tolenrs.—* Assassins. — Variété les pins saillantes d'eScroqnerie. — * Femmes qui f e livrent à la filonterie. — Volensest dirersité de leur industrie et de leurs procédés. — Gss cCeseroquene particuliers aux femmes» — Beoéleursw

L'histoire du dol est l'histoire des vices et des mauvaises passions de rhomme, mais elle est aussi l'histoire de son infortune ebde ses faiblesse s. Le besoin et le malheur, s'ils ne justifient pas le larcin commis au préjudice d'aûtrui , l'expliquent et l'atténuent; il arrive même quelquefois qu'ils l'excusent dans l'âme du juge. La question intentionnelle, dès qu'elle peut conduire à l'absolution de l'auteur d'un acte réputé coupable par la loi pénale, ne saurait être l'objet d'un trop mûr examen ; car il n'est pas

(i) Ce chapitre a reçu de» modifications importanten

sans danger de déclarer par arrêt qu'il est des cas où les attMitats dirigés contre la propriété peuvent rester impunis.

Cependant il est incontestable que les lois de Thumanité ne sont ps^rtonfeurs-d'aecord avec les lois de la morale, et que celles-ci fléchissent souvent, dans les cœurs les moins pervertis , sous l'empire des besoins nécessaires à la Tie. D'un* autre côté , il est plus d'une conjoncture où la lutte de ces deux grands -principes ne se termine pas, tant s'en faut, au profit de Tétre physique. La puissance du sentiqieat moral l'emporte chez quelques individus , à Jtel point qu'ils préfèrent renoncer à la vie plutôt ^ que d'abandonner le sentier du devoir^ La cause de c^te abnégation de soi-même, de ce dernier sacrifice, n'est que rarement divulguée, au moment suprême , par celui qui doit en être la victime volontaire. Le public ne sait pas les nobles efforts qu'il a faits, les combats intérieurs qu'il a soutenus pour se maintenir ferme contre les aveugles sqgge3tions du besoin. Il n'y a que lui qui ait été le témoin de ce drame sublime et caché , comme il en a été le principal acteur. Sa foi dans la réalité de l'honneur, le sentiment de sa propre dignité le consolent , et il meurt, affligé peut-être de quitter la vie, mais heureux de l'avoir traversée sans souillure.

CONSIDlBRÀTiOirS SUR LU OAlTiBS DU VOL. a&IJ

Voilà le secret de pkis d'un suicide. Montrons mainteBant ptv quel enchaînement de circonstances rhonnéte homme malheureux est amené à dérober la chose d'autruir

L'industrie est sujette à des chômages forcés et à des criises plus ou moins prolongées, qui compromettent non^seulement Texistence de l'ouvrier^ mais encore celle de sa famille. Les discordes civiles ^ heur reusement plus rares , produisent le même résultaft, en ce qu'elles altèrent la confiance publique, res* serrent les capitaux et affaiblissent par cela même les sources du travail, quand elles ne les tarissent pas. La cessation du travail, le trouble momentané apporté à son action, sont des calamités qui pèsent sur tous, mais principalement .sur l'ouvrier, parce que celui-ci n'ayant d'autre ressource que son salaire , ce n'est que dans une production ou un emploi continus qu'il peut espérer de trouver des moyens d'existence assurés. La* disette et la contagion, justement redoutés, sont pourtant moins dangereux pour l'ouvrier que les grandes crises induatrielles et politiques ; et la raison en est qu'en au^ mentant les difficultés de la vie, elles ne paralysent pas -Faction du travail.

. Durant ces intervalles de convulsion et d'épreuve, l'assistance publique , quelque empressée qu'elle

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2o8 cmcomTMfGBs qui xiHsnrr

soit) demeure toujours au^lessous de la masse des ]>e8oins. D'ailleurs, elle ne répand ses secours que jMirmi les nécessiteux reconnus aptes par l'administration à participer aux bienfiaits de la charité légale^ Or, cette classe, nécessaiiement limitée, ne laisse pas, quoique secourue, de subiF des privations correspondantes à la perte d'une grande partie de son salaire^ que le secours ne saurait suppléer tout entier. D'autre part , ceux qui ne réunissent pas les conditions nécessaires pour être inscrits sur le rôle des indigens , étant dénués de toutes ressources par suite de la cessation du travail , ou n'ayant à leur disposition que des* économies insufiisantes pour subvenir à leurs' premières nécessités, se hâtent de mettre leur linge , leur , montre , les joyaux de leur femme, au Mont-de>Piété, et emploient le prêt qui leur est fait à acheter du pain qu'ils distribuent avec épargne à leurs enfans s'imposant à eux-mêmes les privations les plus dures; ils se livrent à une foule de petites industries capables de leur rapporter quelque argent , telles que celles d'étalagistes ambulans et autres. Des industries licites ils passent à des industries illicites ; ils tiennent dans certains quartiers, des jeux prohibés sur la voie publique, font la fraude et y instruisent leurs enfans; enfin , harcelés de plus en plus par le besoin, ils se li-

L'HOimrÊTS HOMME AU VOL. 209

vrcnt au vàl. Ajoutons que les temps de crise ppUti*^ que sont j pour les ouvriers^ les circonstances les phîs difficiles à traverser, en raispn du caractère même qui leur est propre; les ouvriers comprennent, ei^ effet, les causes fâcheuses des chômages dq l'industrie, «^t ils s'arment de résignation pour en supposer: les conséquences autant qu'ils le peuvent; mais lorsque ces chômages sont déterminés par des raisons politiques , leur intelligence égarée par l'esprit de parti rejette aisément sur le compte du pouvoir les souffrances qu'ils éprouvent, et les plus passionqés se mêlent à la sédition dans l'espoir de calmer par un prompt dénoû ment , ces mêmes souffrances qu^ib aigrissent et prolongent au contraire, à leur insu, en donnant plus d'intensité et de force à la révolte et en reculant, par suite, le moment du retour dé la confiance et du travail.

Dans les classes lettrée^ il est aussi de3 icirconstances où l'homme le miem famé se trouve con* duit au vol par une' pente, pour ainsi dire, irrésistible. Paris est le centre de toutes les sortes de travail. Il attire, à ce titre, une foule de solliciteurs qui se renouvelle sans' cesse. Tous espèrent réussir, parce que les uns sont munis de lettres de recommandation et que les autres comptent sur des connaissances de leurs familles dont l'appui leur est 1. 14

«o cimcovsTAJrcBS qui lekmrr

promis* L'eq[>éraiice est si naturelle au cœur de Ffaomine^ que plusieurs se hasardeat à quitter leurs foyers pour se rendre à Pauîs sans autres chances de SQocès que celles qu'ils pcfuYent attendre de leur activité et de leur -souplesse» Au milieu d'une telle coneiirrenee , on sent que les emplois les plus médiocres doivent être avideaunent recherchés. Le com- Bierce, l'industrie, l'a^nimstration sont le point de mire de chaôun* Celui-ci se présente humblement chez son patron, à jour fixe, pour stimuler son zèle; eeltti-là cânsulie, tous les matins, les petites affiches avec une anxiété toujours croissante. Il cherche partout un vbage ami , est constamme&t en haleine pour atteindre son but et recommence sans cesse des démardies dont le résultat définitif apparaît à son imagination sous les couleurs les plus diverses. Cependant, le temps s'écoule, le petit capital qu'il a apporté avec lui pour^ubsis ter s'épuise; ne pouvant se procurer un emploi permanent, il se rabat sur un travail tempOTaire quelque peu rétribué qu'il soit; il obtient d'un entrepreneur d'écritures quelques copies à faire. Mais ce genre d'industrie est variable et très incertain pour les employés qui ne sont qu'auxiliaires. Il n'offre qu'une ressource fortuite, et le solliciteur aux abois a besoin désormais de moyens ' d'existence pour chaque jour. Il

h^BOmrÈTR HaMME^ AV tOL. 211

commence à sentir les privati(m9,.à endurer la fsàm. n est réduit aux expédieQs^ à engager sa tnotitre cm partie de ses effets au mont-de^iriété. Pendant qctû Tit sur le montant du pifét qui loi a été &it', il né cesse ^as d'être à l'affût de tous les moyens de tfâvail capables de l'occuper utilemetit, mais ceus: *qtd s'offrent à lui sont ou insnffisans^ oû épbétnérés; et il se trouve encore aux prises avec ïe bes^n. Un sentiment de fierté dont il* ne peut se défendre hâ fait repousser d'abord la pensée de demander âes secours, soit aux pfHnces, soit à quelques .personnes bienfaisantes. Pourtant les cruelles attemtes de la faim, les embarras dé tout genre dont il est assàilU, l'excitent à surmonter 5à première honte, et il se résout à chercher un appui contre Tinfortune d^ns l'assistance publique^ Cette assistance qui 2t ses limites ne tande pas k lui manquefr. II est hors d'^état de retourner dans son pays fente de ressourcesT, il a mis en œuvre tous les moyens honnêtes qui dé*pendaient de lui pour siorbsister. Il n'a en pérspetJtive que vicissitudes , qu'embarras, que tribulations. Son impuissance , son dénûment l'accablent. Ukïe pensée sinistre frappe son esprit. Cette pensée lui représente la société eh pleine possession^ dé laf vie, du bien-être, de la richesse, tandis qu'il manque ée toutes choses. Le point de tue que lui x offre- sa» faî-

ai a ciBCdcrsTAjrcss qui MÈirsirr

son irritée par la. misère , n'est que spécieux, sans doujte^que 4^s-je^ il est faux, car il est incomplet. Le ipajheur est un élément de Tordre social comme le bienvétre, et lé bien-être a lui-même une existencesi changeante et si faible que sa dernière liinile touche à la négation absolue des douceurs qui le constituent^ c'est-à-dire, au malheur.

Ji^gré la vérité de cette réflexion, il n'est pas possible dç nier ce qu'il y a d'irritant pour le miserable dans la comparaison que nous venons de rappe- J«ri comparaison qui l'humilie, qui le désespère, qui 1q tue. C'est sous l'empire de cette préoccupation amère et de cet égarement qu'il conçoit dé funestes dessins, j'allais dire des projets de vengeance contrç l'a société. L'abus de confiance , le faux, le vol, se présentent tour-à-tour à son esprit comme de funèbres lueurs. Stupéfait et anéanti par cet ordre étrange d'idées, il tremble, il recule devant la pensée de se déshonorer, mais, emporté par la force invincible du besoin, il cède enfin, et le crime est commis.

Il y a des espri.ts absolus et plus- romanesques encore qu'^bsolu^, qui déclament contre l'ordre social, parce que les lois qui le régissent n'ont pas pourvu aux besoipjs de l'homme placé dans la cruelle alternative de se donner la mort ou de voler. Leur censure qu'on a toujours vainement reproduite est

l'honnête HOMME AU VOL. fàtS

plus éloquente que judicieuse. Le mal qu'ils sigiiây lent est réel, il est déplorable; mais il n'est pas susceptible de remède, et si Ton essàyait^ç le guérir, le remède serait pire que le md^'tar comment 'éditer les abus, comment distinguer l'homme vraiment malheureux et digne de prtié, dé- celui qui feindrait la misère et le désespoir et qui ne serait que pares* seux?La vie sociale a des chan(5es et des périls contre lesquels chaque individu est tenu de se préinûnir, en écoutant les conseils de la raison et de la prudence. lïéanmoinâ, il faut dire bâutemetit, que les honnêtes gens entraînés au vol par le dénûment et la misère y cas , du reste, fort rare ; ont droit à touto l'indulgence de la justice, et que ceUe-ci,aîors même qu'elle est contrainte de phnir, ne doit jamais fermer l'oreille au cri' de l'humanité.

Le vol commis de propos délibéré et dans un esprit de fraude non équivoque, embrasse toutes lés sortes de solrstraction , depuis la filouterie jusqu^au vol qualifié. C'est pour mettre la société en défense contre ces diverses manœuvres frauduleuses que le législateur a décrété des peines^ plus ou moins graves, destinées à raulcter ceux qui s'en rendent coupables.

Hous allons essayer de faire connaître ies diverses

catégories de voleurs, ainsi que les manoeuvres pro-

tl4 XANCSDVBES DES FILOUS.

pr^ k chaque oa^égorie^ en commençant par les fi-

Ismf .

Ija filou yit de rapine comme le voleur , il £ait doiuc partie ^de la masse des voleurs, mais la nature légèfte.de ses vols le place dans une catégorie à part. Tout le isecret de son industrie consiste dans la soup)eff§.et la prestesse de sa main; il est inoffensif à Ti^gar^ des peiBonnes, il ne s'attaque qu'aux choses qu'elles poM^nl^ au^: efiEsts , aux l^ijoux , à l'argent. la bourse.et le mouchoir de poche étdnt les objets qui sont le plds à la portée de la main , sont aussi ceux, qu'il enlève le plus- souvent Qn le désigne communément sous le nom de voleur d la tire. On pourrait âipe que les filous forment les troupes légères de la déprédatÎDn* Us se Êiufilent et voltigent dans la foule avec ime -étonnante ajgilité. Les jours de fête et les dimanches sont pour eux des jours de travail. Ils se rendent aux barrières et dans tous les endroits de Paris pu le public se rassemble^ se mêlent aux groupes, provoquept des presses artificielles et opèrent alors en toute sécurité. Ils sont à raflut de la sortie des spectacles et profitent de l'affluence pour exploiter les poches des individus qui se trouvent sous leurs mains.

liBS' inspecteurs de, police sont attirés dans les groupes p^les ipotîjE» m^$ qui y conduisent les

UJLSaBXJ\KS& DES FIIJOUS. AI 5

filous. Ils ont , les uns comme les ^utres, les yeux fixés sur les poches des curieux , mais les premier» veillent à leur défense qucuid les seconds songent à les dépouiller^ De là, cette animosité mutuelle et pour ainsi dire instinctive qui exista entre eUXv Qud est celui d'entre nous. qui appréhende les entrepris ses des filous à la promenade ou ailleurs? combien peu qui savent gré à la police de sa sollicitude, qui se doutent même de cette sollicitude ? Il est pour» tant vrai que dans un grand nombre de circonstan» ces les agens de police et les filous luttent entre eux sur le terrain , d'observations de précautions et d'adresse, précisément à l'occasion du sujet qui nous occupe le moins^ Ce sont les seuts qui ne «oient pUs attentifs aux spectacles ou aux di^ertissemens qui fixent les regards de tous. Cette inattention doit être pour chacun d'eux une cause de défiance et de crainte, un signe d'hostilité, excepté quand l'inspee^ teur et le filou se connaissent, ce qui arriva ass^ souvent. Alors, les rôles deviennent ^us simple^^ l'événement de la lutte ne tient plus qu'à une question défait, au flagrant délit. Le public . n'aperçoit qu'un accident imprévu dans ce fait que la rumeur porte à sa connaissance , tandis qu'il y a eu un drame , un dénoùment, diss acteurs , le tout enveloppé d'un mystère profond.

i2l6 MAtrOBDVRES DSS FILOUS.

Les filous le^ plus Jiabiles et les plus dangereux jont ceux qui> grâce à Félégance de leur mise et de l^urs manières ^ trouvent un accès facile auprès des gens de bonne compagnie. Us fréquentent les spectacles y les concerts^ les musées, les églises^ les bals de souscriptions et tous les lieux où la société pdlie aime à se réunir. Ils observent avec beaucoup d'attention les personnes parées de quelque bijou précieux , et plus particulièrement celles qui paraissent étrangères à la France. Ils recherchent avidement les Anglais , ^t s'attachent à leurs pas comme à une proie riche et facile. Ceux-ci ayant l'habitude de mettre leur bourse , leurs banknotes et autres objets de prix dans la poche extérieure de leur habit, sont l'objet d'études , de calculs et de tentatives continuelles de la part des filous. Ces tentatives ne réussissent que trop souvent au spectacle. Il est de ces nialfaiteurs qui , pour ôter tout soupçon à celui qu'ils se proposent de voler, se placent près de lui , hasardent discrètement quelques paroles pour arriver à une conversation liée, épient ses allures, ses mouvemens et font leurs dispositions de manière à se saisir de sa tabatière d'or, de sa bourse, ou même de sa lorgnette avant de se séparer de lui.

Les filous renommés se raillent de ce qu'ils appellent les casseurs de portes, ou des voleurs proprement

MAirOËUVRES DES FILOUS, 2I7

dits , à cause des nombreux obstacles que ceux-ci ont à surmonter- pour arriver à leurs fins , et des peines graves auxquelles ils s'exposent, écueils qu'ils n ont pas à redouter eux-mêmes , puisqu'is procèdent toujours corps à corps, sans bruit, d une manière immédiate et sans avoir à encourir d'autre peine , en cas d'échec, qu'un emprisonnement d'un an à cinq ans au plus. Ces idées s'accréditent d'une manière sensible parmi la classe malfaisante, et y multiplient considérablement les filous, ce qui n'est pas sans doute un progrès dans l'ordre moral, mais en est un réel , par rapport à la sécurité intérieure des familles.

Le vol , dans les grandes villes , et principalement à Paris , emprunte des formes très diverses. Chacune de ces formes est caractéristique, et imprime aux

malfaiteurs qui l'ont adoptée un cachet particulier,

en même temps qu'elle leur attribue une dénomination spéciale.

Les voleurs de chambres (i) procèdent à la consommation du vol, soit à l'aide d'effractions, soit à l'aide de fausses clefs. Avant de s'introduire dans une chambre, ils prennent soin de s'informer des habitudes de celui qui l'occupe , des heures où il se

(i) On les appelle cambrioleurs^ en termes d*argot.

ai8 CATÈQtXÊixB DifBBfi» vm voleurs;]

troaf« absent, et des d:ijet^ sur lesquels le vol peut lêtre dirigé avec fruit A Timitation de presque tons les voleorsy ils opèrent par groupes; ces groupes , en ce qui les concerne, sont de trois à quatre perammes. Il j II quelquefois parmi celles^^ des fem* mes qui portent des puiiers oa des hoties de blan* chisseuses, dans lesquelleion dépoaeles objets volés* Les maisons sans portier sont les plus favorables à ces sortes de volSé Avunt de rien entreprendre , ks voleurs entrent successivement , ils observent en édaireurs, les isenes oa les fortes qui donnent sur l'escalier ; l'un d*Mix frappe plusieurs fois à la porte de la chambre qu'il est question de dévaliser, afin de s'assurer s'il y a quelqu'un.^ Si on ne répond pas, un des assoeiés se met k fiûre le guet, à l'étage supérieur, et l'autre, à l'étage inférieur, pendant que le premier essaie d'ouvrir la porte. Un locataire vient, il a à monter ou à descendre , on a une réponse toute prête à lui faire , s'il est tenté de s'enquérir de ce que font dans l'escalier des individus qu'il ne connaît pas, on lui dit que l'on va aux lieux d'aisances, ou que l'on cherche une personne , à qui l'on donne un nom en l'air. C'est dans la belle saison que les voleurs de chambre font leurs .expéditions les plus productives. Les jours de dimanche, lorsque la population laborieuse se rend aux barrières, ou

XKDBS MAirCSIJVBES. aiQ

à la campagne , ils se donnent pleine carrière^, Ces malfaiteurs sont de deux espèces, les uns se, hasardent à exercer leur industrie sans aucune pré* paration^ c'est-à-dire, sans avoir un but déterminé^ et frappant à toutes les portes , ils pénètrent indiflEéreinment dans toutes les chambres dont ils peuvent^ ouvrir les portes (i); les autres; au contraire, n'agis* sent que sur des renseignemens précis et sur de^ indications . exactes (2) ; ces derniers, pour ne. rien, donner au hasard, se ménagent des. intelligences, avec les domestiques, les frotteurs , les cardeurs et cardeuses de matelas, peintres, colleurs de papiers, tapissiers, etc. Les fausses clefs (3) dont ils se servent sont fabriquées, le plus souvent, sur des empreintes, qui leur sont fournies par les indicateurs , leurs complices.

Il est des malfaiteurs (4) qui, s'éUuit introduits dans une maison, enlèvent le premier objet qui leur tombe sous la main. Ce vol s'efîectue sans ef* fraction, sans fsiusses clefs, sans escalade. Celvii qui se livre à ce genre de vol est toujours vêtu proprement et chaussé avec légèreté. Il commence ses in*'-

(z) Ils sont désignés sous le nom de cambrioleurs à la flan* (a) Caroubleurs,

(3) Carouhlesl

(4) Bonjçutîirs oavoleuN m bonjour , ou ekenUin grimpantl

aaO GA.TEGOAm DIVBHSES DX8 toleubs;

carsions dès le^inatin, à Ilieure où les bonnes vont chercher leur crème , et pendant que les maîtres sont encore ati lit. Il est rare qu'il entre dans une maison ,-sans savoir le nom de deux locataires au moins. L'Almanach du commerce et le Dictionnaire des vingt-cinq mille adresses sont les sources où il puise en grande partie la connaissance de ces noms. Il demande au portier Fun de ces deu^ locataires, et 'c'est l'autre qu'il tâche de voler. Au surplus , dès qu'il a'mis le pied sur Pescalieri le voleur ne s'occupe plus que de regarder aux portes des appartemens. ÂperçoiMl une clef à l'une d'elles^ il frappe plusieurs fois; et si on ne lui répond pas, il entre jusqu'à ce qu'il arrive à \% salle à manger. Alors il va droit au buffet, et si la def de ce dernier n'est pas en évidence, il la cherche dans tous les endroits où Ton a coutume de là cacher. L'a-t-il trouvée , il ouvre aussitôt le buffet pour s'emparer de l'argenterie, qu'il emporte dans son chapeau, après avoir jeté dessus un foulard ou son mouchoir. Si quelqu'un survient, pendant qu'il explore la salle à manger, ou qu'il est prêt à se retirer avec son butin , il demande, avec un air poli et riant, si ce n'est pas à monsieur un tel ( l'autre locataire ) qu'il a l'honneur de parler. On lui répond qu'il demeure à un autre étage; et l'heureux larron s'éclipse aussitôt, après avoir payé seu-

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