INTRODUCTION
Chez tous les peuples , même chez les plus policés et les plus moraux y le vice se montre dans tous les rangs de la société. Il n'en saurait être autrement , puisque le vice est inhérent à l'imperfection de notre nature, et que, s'il est au pouvoir de l'homme de ne pas faillir en dirigeant ses passions vers un but moral et en les contenant dans une juste mesure, il est au-dessus de ses forces d'être impeccable. L'homme le meilleur est donc celui qui est
(i) Cette parties été refaite presque entièremeDt.
a IITTRODUCTION.
le moins vicieux ; la loi de rhumanité le veut ainsi. La religi(»Q dont l'objet est d^élever rhomioe k la contemplation des vérités éternelles , à l'amour de la justice et du beau moral, ne désespère jamais du salut de ceux qu'elle enseigne. En faisant des efforts continuels pour épurer leurs penchans , elle les soutient dans leur chute et les relève avec tendresse dès qu'ils ouvrent leur âme au repentir. La philosophie plus froide, mais non moins consolante, compatit aussi par la douceur de ses préceptes à la faiblesse de la nature humaine. Amortir l'action des sens , travailler au perfectionnement moral de rhomme , telle est la double tâche de la religion et de la philosophie.
Toutefois, la doctrine de l'une et de l'autre n'ayant point une sanction visible et palpable , puisque cette sanction est toute spirituelle, il s'ensuit que, là où les croyances sont affaiblies, là où la conscience n'exerce que peu d'empire, là où elle se déprave, l'homme demeure sans frein et abandonné à sa propre faiblesse; entraîné par la fougue des sens, étourdi par les plaisirs , il ne cède qu'à la fatigue et à la satiété; il ne s'arrête, il ne se repose que pour recommencer ; il vit désormais dans les sens et pour les sens; il n'a d'autre fin que le plaisir , et ce plaisir est porté presque toujours jusqu'à la bassesse et à la brutalité.
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L'homme vicieux , car c'est lui que nous venons* de peindre 9 3*avilit peu-à-peu dans qtielqiie co«*^ dition qu'il se trouve placé, et affligé bit ^otrolttptf par son exemple tous ceux qui Tentotirent.' Richey il ôte à la bienfaisance ce qu'il donne k la débauche et à d'antres excès ; il tarit par la contagion de ses désordres et de ses leçons la source des setitîmens honnêtes dans le cœur des personnes que leur for-* tune et leur rang mettent en rapport avec ui; pauvre, il impose à sa famille et à lui-même des privations pénibles pour se plonger dans l'ivresse ou pour se livrer à la funeste passion du jeu , et ses écarts sont encore plus dangereux que ceux du riche , car, dans la classe pauvre , le désir s'exaspère d'autant plus que celui qui l'éprouve a moins de nK>yens de le satisfaire.
Tant que les désordres du vicieux ne touraefit qu'à son préjudice, il ne saurait être inquiété que par sa conscience, car il n'est justiciable alors <|ue' des lois de la morale. Le cri du remords est le seul châtiment qui lui soit réservé, et encore ce châtiment ne se fait sentir au^edans de lui qu'autant que sa conscience n'est pas tout-à*feit dépourvue de moralité. L'homme est libre non-seulement d'abuser de ses facultés contre lui-même, mais aussi
d'engloutir dans sa propre ruine la fortune et les
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moyens d'existence de sa famille , sans encourir d'autre peine que la désapprobation de son sens intime. Ce dernier usage de sa liberté est tout ensemble monstrueux et tyrannique, et pourtant , il est fondé, il faut bien le dire, sur la puissance du père de famille, telle que nos mœurs Font faite.
La liberté de Thomme n'est contrainte de s'arrêter que devant l'intérêt de la société. Ici commence un nouvel ordre de choses ; nous sortons de l'ordre moral pour entrer dans l'ordre civil. L'établissement de toute société repose sur un pacte qui exige de la part de chaque membre du corps social, le respect du droit d'autrui ; qui dit société civile, dit subordination, discipline; et comme cette subordination , cette discipline, serait illusoire si elle n'était placée sous l'empire des lois, le dépositaire des forces sociales, c'est-à-dire le législateur, a dû punir les atteintes portées à ces lois par des peines plus ou moins sévères, suivant la gravité des infractions.
D'après la constitution actuelle des sociétés dans le monde civilisé, les lois pénales ont exclusivement pour but la répression des actes nuisibles à l'intérêt collectif de la société , ou à l'intérêt particulier des individus. Là où il n'y a ni offense ni dommage envers autrui , l'action pénale n'a point de prise : telle est la ligne de démarcation qui sépare le do*
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maine de la loi civile da domaine de la loi morale^ Cependant , bien que le législateur ne se soit préoccupé que des actes qualifiés dans les codes dés nations, contraventions, délits on crimes, il n'en est pas moins vrai, que ces actes sont le produit du relâchement ou de la dépravation des mœurs, et que celles-ci sont en réalité la cause génératrice du crime aussi bien que de la vertu. Ceci prouvé corn*» bien un homme d'état , prudent et habfle , a droit de s'inquiéter du perfectionnement moral du pays qu'il est appelé à gouverner. En effet, plus les mœurs d'un peuple sont sages et conformes aux saines notions du bon et de l'honnête , plus le gouvernement de ce peuple est facile; les mœurs, quand elles sont bien réglées, étant généralement plus sévères dans leurs habitudes que les lois dans leurs prescriptions, il s'ensuit que, par leur influence ^ elles contribuent plus que toute autre cause au bon ordre de la société, et cpi'elles en sont, tout à-la-fois, le^plus ferme soutien et le plus riche ornement.
Malgré la juste sollicitude des gens de bien pour l'intégrité des mœurs, l'art social est si compliqué et si difficile, qu'il y aurait de l'injustice et de la déraison à rendre les gouvernemens responsables de la direction des mœurs privées, quand la philosophie elle-même a posé en principe que la vie do-
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meatique détail être xnurée^ Les gouvernemens ne peuvent Goncottiîr i|operfectioiiii«&eDt des mœurs qae de deux façons:^ ou par anbon système d'édaaatioa, ou par Texereke d'une surveillanoe sévère sur tout ce qui peut avoir pour effet de porter atteinte à rhonné^té publique.Le soin direcl^et , si je puis ainsi parler, Félaborationdes moeurs privées appartient au pèrede famille et auministredela reli^on; mais princapalement aupremier, qui ^ sous ce rapport^ semble tenir dans ses mfÛBt ^ noa-^seulement la destinée des membi^es de sa famille, mais encore celle de la société tout entière qui, à vrai dire, n'est autre que l'image multiple de la famille.
Les lois pénales et l'autorité diargée de veiller à leur exécution ayanfr.pour but essentiel de réprimer les attaques dirigées contre la société , c'est-à-dire , contrei les choses et les personnes qui l'intéressent, il suit de là que l'administration doit porter ses regards bien moins sur les classes vicieuses que sur celles qui, joignant au vice la perversité et le dénùment sont justement suspectes de vivre aux dépens de la société. Le videux riche ou^iîsé, qui dissipe son superflu et même une partie de son capital en plaisirs condamnables, inspire la pitié et le dégoût, mais noh la crainte; il ne devient dangereux que lorsqu'il reste sans moyens d'existence et sans goût pour le
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travail. 'Mais oe dernier ca^ est rare : dails les classés qui jouissent de là fortuné bu de Fâisâhce,' le viciieux est prévoyant : il ne donne au plaisiîr et a là disripation qtte ce qu*îl ne peut pas rétràncniér aux né(:fessités de la vie. Cest ce qirî expliqué pôkrcjuoî lés classes moyennes et élevééis de là isôéiété fournissent en géûéral peu de décrues à làcriminatité. Les classes paiiVres et vîcîeusé's ont tôùjoùrâ été et séi'ont toujours la péj^inièré lar plds pfocluctiVé de toutes les sortes de mâlûiiteiirs : ce sôtit elles que nous désignerons plus pàrtîciitîèretnent sous le tîtire de eluèses dàngèréusèé^ car, lors tnéme qué^
,^a quHl s'allie à la pauvreté dans lé même individu, il est un juste sujet de crainte pour la société , il est dangereux. Le danger social s^accroît et devient de plus en plus pressant, au fur et à mesure que le pauvre détériore sa <;ottdifiôn par le vîcé et, ce qui est pis par FoisîVèté/Db'nidteyfiV'^tfe ïe^^^^ livré à de tnàiiVai^es passions,' classe ^ cle Iràvâillerj Use pbse comme éiinéthi dé la société J parce qu^it^èh méconnaît là Idl' Suprêriie, qui est le travail.
La classé oisive, errante et vicieuse, foisonne dans fés glràiidés villes et y aflflue du dehors attirée par fàpj5ât d'un gain illicite. Ce gain environné de hasardé et fertile en émotions fortes, est plus capa-
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ble d6 tenter de$ individus gouvernés par leurs passions^ que le salaire légitime d'un honnête travail; profondément dépravée , cette classe désole la so« ciété autant par ses attentats que par ses pernicieu* ses leçons; elle tient par des liens étroits et cachés aux maisons de débauche, donne la main à la partie corrompue des classes ouvrières et s'étudie à gagner pa^ l'attjrait de l'indépendance et de Tesprit d'aventure Iqs enfans ignorans et crédules de ces mêmes classes ; ennemie par la destinée qu'elle s'est faite à elle-même de la sûreté des personnes et des propriétés, elle travaille secrètement à ravir à celui qui ne possède rien l'estime de soi-même, a6n d'en faire un disciple de sa dépravation et plus tard un complice de ses crimes.
Ce que nous venons de dire des avances faites par le vice audacieux et malfaisant à la portion déjà gâtée des classes ouvrières, n'est que trop vrai. £n effet, ceux qui exercent une profession, mais qui dissipent le salaire de leur travail pour satisfaire des pencfaans vicieux, se rapprochent par la nature de leurs goûts de la classe réputée suspecte et dangereuse ; ils l'attirent à leur insu par ce trait de ressemblance et l'enhardissent à préconiser devant eux le vice qu'ils mettent tous également en pratique. Cette funeste sympathie d|u vice produit bientôt
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des fruits amers. €es malheureux, qui, par l'exercice de leur profession, se rattachaient encore en apparence à la masse des ouvriers honnêtes et laborieux^ dépouillent peu»à-peu^ sous la maligne influence de leurs compagnons de désordres , les habitudes de travail qni leur restaient et finissent par embrasser leur vie fainéante et criminelle.
Parmi les individus qui composent la classe suspecte et dangereuse, il en est qui n'ont encore subi aucune condamnation, et d'autres, au contraire, qui ont séjourné plus ou tnoina long-temps dans les prisons par suite des délits/ ou des crimes dont ils ont été convaincus; ceux-ci , désignés sous le nom de condamnés libérés, se montrent pour la plupart^ en rentrant dans la société, rétifs au joug des lois et des nécessités sociales et forment la classe h plus dépravée comme la plus redoutable de la population dangereuse.
La majeure partie de cette population est illélrée^ ou ne connaitguère que les premiers rudiment de li^ langue. A côté d'elle, viennent se grouper ces étre$ équivoques en apparence , mais avilis et pervers an fond, qui se complaisent dans les grandes cités 6tf surtout à Paris , vivant moitié du salaire qu'ik^ gagnent par l^iH* prsLw^y moitié de rapine^ ^e^çj^or, querie; Us- tiennent le nailieu entre les vofeiti^ de
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hu» étage et les escrocs de bel air ; ils ont un pied dans la société légale et un pied dans la geôle où ib sont destinés à mourir quand ils ne meurent pas à i l'hôpital des suites de leurs excès. Kés la plupart de parens honnêtes^ aisés , ayant reçu de l'instruction^ maia n'ayant pas su en profiter, paresseux et adonnés au vice de bonne heure , ils quittent , après de nombreux désordres^ la maison paternelle pour se réfugier dans les grands centres de population. Là ils se recherchent y se rassemblent, s'exci** tent à Tenyi ooatre Ja «odété qu'ils calomnient , et eémposent cette tourbe d'hommes dangereux qui se gnsesit ou se renouvelle tous les jours en recevant dana son sein le rebut :de toutes les professions qui tienaent de près ou de^loin aux arts libéraux.
C'esi en partie de là et en partie des classes élevées de la société que sortent ces escrocs remarquables par leurs manières souples et élégantes qui établissieM le théâtrt ée leurs exploits ; soit dans les maitonè 'dé jeu tenues! par des femmes galantes , dbfit ite smt les àffidés^ sôit ddUs lés* salons fré- ^eiûftés pur la société la plffs; re^h^rëhéÊTeV la plus
" ^\eé i^tà^ ifigUrisiit ^imi 'pàrnii le^' élément dé l^{^itiàMdl¥ViéteuS^'ëf%t»pe^ gMSÀiâ^ Villes. ^dlqtf^te#%'f éOierir^i^^ '^es n*en
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«ont pas moins uu ressort très puissant et très re^ doutable de cette population qui est toute pas^ sionnée« S'il est vrai qu'on ne pourrait sans partialité et sans injustice contester Finfluenœ douce ipacl«fique et moralisante des femiliersur la société, ùà ne saurait nier ndn plus que celles qui dédargtient d'exercer cette noble influence , et qui préfèrent à une vie pure et retirée la triste eéiébrîté du scandale et du vioe, ne contribtrent d'une mamèré très active à corrompre dans'le cœur des'ma^es, le seti^ timent moral qu'elles devraient épurer, et ne joueïrt un rôle important comme catise première ou caMtùe instrument dans tous les genres dVittentât» qut àf^ fligent la société. ' •
Cette partie des classes dangereuses se recrute dans tous les rangs de la hiérarchie sociale, dànis les plus élevés comme danà les plus bas; elté embrasse toutes les variétés de la dépravation ', la pi*ôstituée , la proxénète quittafique tfe la personne dé celle-ci, la femme gaknte, c6Mplit;e de l'eàctbiè et fei voleuse. ;♦ i^
Les enfans fournissent eujt^mémes des éléméhs à la classe corrompue qui désole la société ,' tant le vice est contagieux. Il en est qui j à peine àdbî^cëiiS,* ont complètement rohipu atecr leurs fàmiiléS iet'ne subsistent date leur état âHsiAémèni ct^ tfé^H/igt^'
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bondage qu'à l'aide de petits vols et de méfaits de toute espèce.
En écrivant sur les classes dangereuses , je me suis appliqué k donner à mes recherches toute Fét^due que réclamait la nature même du sujet ; la circonscriplion de mon plan n'a pas été la partie la moins difficile de la* tâche que j'avais à remplir. Dans certaines classes de la société, le vice porté à l'excès, confinant pour ainsi dire au crime, j'ai dû tracer le tableau des désordres des portions vicieuses de ces classes , avant d'entreprendre celui de leurs méfaits. C'est de cette manière que j'ai été conduit à: esquisfiep les-mœurs des classes ouvrières pour montrer claijrement la liaison qui existe entre le vice et la perversité. La progression de l'un à l'autre est * d'aatantplus rapide parmi ces dernières classes, que le vicieux a moins de moyens d'y satisfaire ses penchans et qu'il est moins éclairé. J'ai essayé de faire ressortir la même liaison , en ce qui touche la paressie et les excès familiers à un certain nombre d'individus appartenant aux rangs aisés de la société ; on. en jugera par les détails de mœurs que je fournirai, en m'occupant des catégories dans lesquelles ces individus se trouvent placés.
Les explications dans leiK[uelles je viens d entrer, ne peuvent manquer de faire comprendre au lec-
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teur, pourquoi j'ai confondu sous la dénomination unique de classes dangereuses, la portion suspecte de la population, en même temps qne la portion de celle-ci, déprayée par ses vices. Les rapports étroits qui existent entre elles ne me permettaient pas de les séparer, quoique au fond il y eût une extrême injustice à les frapper indistinctement de la même réprobation.
Convenait-il de placer sous la rubrique de clas-' ses dangereuses, comme un élément nécessaire du plan que je me suis tracé, les individus qui fomentent les séditions populaires et qui j prennent tme part active ? je ne l'ai point pensé. La sédition est heureusement un accident rare dans la vie civile, et les maux^ dont je m'occupe, sont permanens ; ils pèsent sur la société dans ses momens difficiles comme dans ses momens prospères. La dépravation des moeurs, le larcin et le vol sont de tou^ les temps et de tous les lieux , ce qu'on ne saurait dire de la sédition, qui sous les goavernemens sages et fondés sur le droit , n'est jamais qu'une crise passagère , occasionée par la fermentation mal contenue des partis, les écarts de l'opinion , et l'insuffisance des lois.
Après avoir défini ce que nous entendons par classes dangereuses, il nous reste à faire connaître
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Vécoaooûedu plan.de cet ouvrage, ainsi que ses principales divisions.
h^ classes dangereuses étendent partout leurs méfaitSi dans les villes aussi bien que dans les campagnes. Les individus dont elles se composent, appartiennent à la population rurale non moins qu'à la population urbaine, mais principalement à celleci, dans le sein de laquelle la corruption se propage plus aisément. Pour offrir au public un travail complet sur le sujet que je me| suis proposé de traiter, j'aurais dû embrasser dans mes investigations les nombreuses et diverses catégories de malfaiteurs , sans distinction de lieux et sans restriction. Néanmoins, comme le dessein de cet ouvrage ne tend pas seulement à décrire et à réformer les mœurs de la classe vicieuse proprement dite, et de la classe suspecte et dangereuse; comme il tend en outre à faire connaître, sinon d'une manière positive, au moins par approximation la force efifectivedes élémens qui entrent dwa la ccnuposition de ces deux clauses, j'ai cru devoir Umiter le cbamp de mes recherches, afin d'atteindre plus sûrement le but que je me suis prescrit.
J'ai donc fixé mon point de vue à Paris, dans la capitale de la France , convaincu que les lumières qui sortiraient de mes enquêtes et des do-
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cumens que j'aurais rMueiUis par d'autres voies, répandraient un«jour utile sur U populatioii daa*^ gereuse de» autres grandes viUes du royaume, et que, par induction, il serait même pos^ble de se faire une idée, à l'aide de mon trarail, des agglomérations vicieuses et malfaisantes qui s'agitent dans = les métropoles et dans les cités considérables des pays étrangers à la France. Les causes du crime sont en effet les mêmes en tous lieux. Les actes qualifiés de ce nom peuvent être la suite de manœuvres et de procédés dif férens, selon le genre d'activité ou d'industrie des localités où ils se consomment; leurs auteurd peuvent recevoir des appellations qui n'ont point de conformité entre elles; mais ces variantes dans la perpétration de l'acte frauduleux ou criminel, ainsi que dans la qualification du coupable ne changent rien au fond du méfait: c'est toujours une entreprise illicite contre la propriété d'autrui et parfois un attentat contre sa personne, soit pour effacer la trace de cette entreprise, soit pour en assurer le succès.
Ceci posé, l'objet de cet écrit consiste à déterminer quels sont les élémens dont se compose à Paris la partie de la population dangereuse par ses vices, ses habitudes de frau de et de rapine , sa misère , et à indiquer par quels moyens on pourrait réussir à rendre meilleure cette classe dépravée et malheureuse.
i6 iimoDucTiOBr.
Pour arriver à la aokitîon de ce problèroCi nous diviserons notre sujet en quatre parties.
La première contiendra une statistique raisonnée de la classe vicieuse proprement dite, ainsi que de la classe dangereuse; elle signalera les lacunes existantes^ qu'il serait possible de combler, dans les connaissances actuelles de la statistique , et les voies qu'il 7 aurait à suivre pour obtenir des chiffres positif ou des approximations, selon les difficultés de la matière.
Dans la seconde on décrira les moeurs, les habitudes et le genre de vie de l'une et de l'autre classe.
La troisième exposera les préservatif à employer pour prévenir l'invasion du vice.
Et lu quatrième traitera des remèdes.